FAQ Voyage en grande croisière

Notre voilier mouillé dans le lagon de Maupiti.

Toutes les questions que vous vous posez au sujet d’un voyage autour du monde en voilier ! Ces 60 questions/réponses sont pour tout ceux qui s’interrogent sur un tel mode de vie. Pour vous qui êtes juste curieux de ce type de périple, tout en sachant que vous n’avez pas envie personnellement de le faire. Ou au contraire, pour vous, qui en avez rêvé un jour mais qui n’osez pas partir. Ou encore, et justement pour vous, qui désirez absolument sauter le pas, tout en hésitant encore.

Comment se prépare un tel projet ? Comment se déroule la vie quotidienne sur un voilier de 11,50 m, en pleine mer et au mouillage ? Combien ça coûte ? On vous dit tout ici !

Note : Quand nous avons déjà répondu à ces questions à travers notre blog, nous mettons le lien vers l’article ou la rubrique correspondante.

 

AVANT LE DÉPART

 

1) Pourquoi avoir décidé de partir voyager, et en plus en bateau ?

On se présente et on vous explique notre envie de ce projet de tour du monde à la voile sur nos pages L’Équipage et Pourquoi partir ?.

 

2) Avec un voilier, peut-on aller où on veut, partout sur la planète ? A tout moment ?

Partons sur l’idée de réaliser un tour du monde à la voile au départ de l’Europe. Sur les trois différentes voies pour rejoindre l’océan Pacifique, la première est une réelle expédition, avec le redouté passage du Nord Ouest, entre le Groenland et le Canada. Une épopée sérieuse, engagée, où il faut attendre l’éventuel dégel des glaces, ce qui n’arrive pas chaque été. La seconde est mythique mais nécessite une préparation du bateau pour des climats tout aussi rigoureux : les canaux de Magellan au sud de l’Amérique et son cap Horn, véritable monument pour les grands navigateurs. Le souci essentiel dans ce trajet sont les conditions de vent et de mer qui peuvent s’avérer musclées. Enfin, la dernière voie possible se révèle être un chemin plutôt paisible en comparaison, sans encombres, en suivant les eaux chaudes des régions tropicales. Un trajet par le milieu, c’est-à-dire par le canal du Panama.

Après avoir potassé quelques livres, dont le fameux Voyages de Grande Croisière de Jimmy Cornell, nous avons rapidement compris comment se prévoient les voyages en voiliers. Ce ne sont pas tant les destinations en soi qui déterminent le trajet (quoique certaines sont à éviter pour diverses raisons, notamment les risques de piraterie – voir question 12) mais le climat, relatif à la saison dans laquelle on se trouve. Les trois grandes routes citées ci-dessus sont en effet soumises à des conditions météo spécifiques, hiver, été, tempêtes, cyclones, glaces, etc. Un voyage en voilier, c’est finalement un voyage dessiné en fonction des saisons !

Sous les tropiques notamment, ce sont les saisons cycloniques qui mènent la danse ! En effet, en été (suivant l’hémisphère où l’on se trouve), les eaux se réchauffent, l’évaporation augmente et peut engendrer tempêtes voire pire cyclones sous les tropiques. C’est la saison humide, dite cyclonique. Dans ce cas, mieux vaut éviter de rester dans les parages. Pour s’en protéger, on peut alors s’écarter un peu en latitude ou au contraire se rapprocher de l’équateur. Alors qu’en hiver, avec les eaux des océans légèrement plus froides, il y a moins d’évaporation et donc moins de précipitations sous les tropiques : c’est la saison sèche, dite sûre.

 

3) Comment avons-nous préparé notre voyage dans sa globalité ? L’itinéraire général ? Est-ce qu’on avait prévu toutes nos destinations à l’avance ou ont-elles évolué au fur et à mesure ?

Pour notre premier tour du monde, notre choix s’est vite fixé sur la dernière solution proposée dans la réponse précédente, à savoir, un tour par les tropiques. Nous rêvions d’eaux chaudes et transparentes, des belles plages remplis de cocotiers des Antilles aux lagons paradisiaques de Polynésie. Nous voulions un voyage facile pour une première expérience et pour profiter un maximum du bateau.

Évidemment, les dates n’étaient pas très précises au moment de réfléchir à notre trajet, hormis celle du départ, envisagée au mois de juillet 2017. Celle-là, nous l’avions en tête depuis un bon bout de temps déjà, et nous avions vraiment envie de nous y tenir, un véritable objectif destiné autant à nous motiver qu’à nous fixer une deadline dans nos travaux et préparatifs !

Nous avions d’abord envisagé une circumnavigation (un vrai tour du monde !) avec une première saison sûre aux Petites Antilles, de décembre 2017 à mai 2018. Comme dans l’hémisphère sud, en Polynésie française par exemple, la saison sûre se déroule elle de mai à novembre, ça tombe plutôt bien, car on peut les enchaîner ! Certains le font, mais c’était sans compter sur notre désir de prendre notre temps pour découvrir les îles et pays (tout comme la vitesse de croisière relativement faible de notre embarcation).

Puis, l’idée était de continuer vers l’ouest, avec par exemple un stop en Nouvelle Zélande pendant la saison cyclonique du Pacifique Sud, avant de nous diriger vers l’Indonésie. Traverser l’océan Indien vers la Réunion, Madagascar, le cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud. Retraverser l’océan Atlantique vers le Brésil, remonter une seconde fois vers les Caraïbes, un bout de la côte est des États-Unis, peut-être même jusqu’à New York. Enfin, traverser une dernière fois l’Atlantique Nord vers l’Europe, voire l’Islande.

Waouh en voilà du chemin et des destinations ! Mais savez-vous qu’à cela, on peut aussi rajouter des navigations circulaires, sur une année (ou plus), tel que la boucle du Pacifique Nord : Tahiti, Hawaï, Alaska, Canada, État-Unis, Mexique pour revenir sur Tahiti. Voire même pousser plus loin vers le Japon avant de remonter vers l’Alaska… Si le but est de revenir sur Tahiti, on peut aussi allez faire un tour vers la Nouvelle Zélande ou l’Australie avant de revenir par les Australes en Polynésie Française.

Nous aurions adoré aussi aller voir la Patagonie, alors pourquoi pas un tour de l’Amérique du Sud ! Bref, nous ne savions plus où donner de la tête au moment de partir, nous voulions tout découvrir, envisager toutes les routes. C’est au fur et à mesure de notre avancement que le trajet s’est affiné, changement de direction ou escales annulées, tout peut se modifier au fil du temps et des envies.

 

4) Quel bateau avons-nous ? Comment l’avons-nous trouvé ? Avons-nous fait beaucoup de recherches ? Faut-il l’acheter longtemps avant de partir ?

Notre voilier est un Océanis 390, chantier BENETEAU, construit en 1989. Nous en sommes le 4ème propriétaire, il avait principalement vécu au port dans le sud de France, avec les deux premiers, puis navigué en Méditerranée jusqu’en Turquie 4 mois de l’année avec le troisième, en passant le reste du temps au chantier à sec.

Pour toutes les informations sur comment trouver son voilier et sur notre propre expérience, rendez-vous dans notre article Comment on cherche son futur bateau pour un départ en grande croisière ?.

Pour ce qui est de l’acheter longtemps à l’avance ou non, cela dépendra de votre niveau de pratique de voile, si vous avez envie ou besoin de vous former avant de partir. En outre, cela dépend aussi de si vous avez besoin de temps pour préparer le bateau, en termes d’aménagement et de travaux à effectuer. Et puis, aussi du budget car garder un voilier en France sans l’utiliser et /ou sans vivre dessus, cela peut vite revenir cher : place de port à flot (encore faut-il pouvoir en obtenir une), place dans un chantier à sec (pratique pour les travaux mais impossibilité de partir naviguer à la journée), entretien, etc.

Dans notre cas à nous, nous l’avons acheté en novembre 2015 après avoir commencé des recherches actives à partir du mois de septembre 2015. Le trouver fut donc plutôt rapide, mais nous savions déjà que nous allions partir que mi-2017 ! Comme nous travaillions encore, il nous fallait du temps (principalement les week-ends) pour faire des travaux dessus et l’essayer pendant un mois en Sardaigne durant l’été 2016 (pour justement savoir quoi améliorer dessus). Comme le chantier à sec où nous l’avions acheté – Port Saint Louis du Rhône, près de Marseille – n’était pas très cher, entre 2 000 et 2 500 € pour l’année, cela ne nous a pas dérangé de le garder là-bas jusqu’à notre départ.

Ne manquez pas sur notre blog l’article Notre avis final sur notre Océanis 390 après 3 ans de voyage !.

 

5) Est-ce qu’on a une checklist des points à regarder et à vérifier lors d’une visite d’un voilier habitable, dans l’idée de l’acheter ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

EN NAVIGATION

 

6) Faut-il savoir naviguer avant de partir ? Est-ce qu’on avait de l’expérience et/ou des formations spécifiques liées à la voile avant de partir ? Comment peut-on apprendre à naviguer ?

Tout le monde peut apprendre à naviguer. Mais alors, peut-on acheter son bateau sans savoir naviguer ? Oui, car on peut vivre dessus sans bouger, l’utiliser uniquement comme une maison flottant. Peut-on ensuite partir avec sans savoir naviguer ? Non, dans ces cas-là, il faut au moins apprendre avec quelqu’un les règles de sécurité, les bons réflexes pour ne pas se mettre en danger, ni les autres ni son bateau.

Vous pouvez faire des stages de voile pour débuter, comme le très connu stage des Glénans, ou vous faire embarquer dans des équipages pour des petites croisières ou régates à la journée. Les bourses aux équipiers fonctionnent bien, dans les ports et yacht clubs, ainsi que via le bouche à oreille. On peut également s’inscrire au club justement pour commencer avec des régates, afin de se former. Enfin, si on souhaite partir avec son propre bateau directement, on peut tout à fait engager un skipper sur les premières semaines, qui restera à bord et apprendra le nécessaire au futur capitaine et à l’équipage. Nous avons rencontré durant notre voyage tous ces types d’expériences.

Dans notre cas à nous, je navigue depuis que je suis tout petit, c’est une passion dans la famille. Je suis aussi moniteur fédéral de voile. En revanche, Anaïs a débuté la voile avec Manwë (elle a juste fait une petite semaine en Corse avec moi, sur le bateau prêté par un ami – cette très courte expérience m’a d’ailleurs aidé à la convaincre de se lancer dans le grand voyage). Elle a appris au fur et à mesure à mes côtés.

 

7) Comment organisons-nous nos navigations d’un point de vue de la cartographie ? Comment savoir où aller dans une escale, déterminer les bons mouillages, connaître les paramètres de profondeur, etc. ?

Voir notre article Comment prépare-t-on nos navigations et escales à l’avance ?.

Nous avons également rédigé des articles au sujet de notre ordinateur de bord, son installation et notre logiciel de cartographie :

Notre ordinateur à bord pour la navigation : un Raspberry Pi 3

Création d’un écran 12 Volts pour notre ordinateur de bord

OpenPlotter, un formidable système d’exploitation pour la navigation !

 

8) Comment recevons-nous la météo en navigation ? Comment faire en cas de tempêtes, voire même de cyclones ?

Vous trouverez des réponses sur la prise de la météo en navigation dans nos articles suivants :

Gérer la météo en traversée océanique avec un téléphone satellite Iridium

Faire son routage à partir d’un fichier météo (grib)

Concernant les tempêtes, on peut les prévoir suffisamment à l’avance pour éviter de partir naviguer dans ces conditions. En récupérant la météo jusqu’à une quinzaine de jours, en fonction de la destination visée, on peut ainsi planifier sa date de départ sous le meilleur système possible grâce aux fichiers gribs standards. Pour les cyclones, il y a des calendriers à respecter pour partir en toute sécurité (et un peu de bon sens bien évidemment) car ces phénomènes dépendent énormément de la saison sous laquelle on navigue, comme expliqué dans la question 2). (Pour les tempêtes aussi finalement, entre saison d’hiver et saison d’été dans les hautes latitudes.) C’est pour cela que les saisons cycloniques sont officiellement déterminés, elles ont toujours une date de début et une date de fin – comme du 1er juin au 30 novembre dans l’océan Atlantique Nord (dates fixées par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM)). Pendant cette période, il faut donc prendre ses précautions. Alors certes, la météo ne se définit pas à la date près, il peut parfois y avoir des formations de perturbations avant ou après, il faut savoir rester vigilant.

On peut suivre les risques des cyclones sur internet, comme sur le site National Hurricane Center du National Oceanic and Atmospheric Administration (NHC of NOAA). Plus agréable et plus clair (mais seulement sur la zone Antilles) : le site Météo Tropicale.

Plutôt que de songer à partir en mer en saison cyclonique (surtout pour des trajets de plusieurs jours), mieux vaut plutôt se trouver un abri dans la destination où l’on se trouve et rester au chaud bien sagement. On vous explique les différents choix possibles d’escales hors route des cyclones dans les Caraïbes dans notre article : Dis, on va où après ?.

Pour ce qui est de la Polynésie française, vous trouverez plus de détails sur la saison cyclonique là-bas dans notre article Au cœur de la saison des pluies sur Huahine.

Si malheureusement, on n’a pas le choix et que ces perturbations météorologiques arrivent en grande navigation, il faut pouvoir anticiper au plus tôt afin de s’éloigner au maximum de la zone concernée…

 

9) Est-ce qu’on s’ennuie pendant les longues navigations et les grandes traversées ?

Rendez-vous dans nos deux articles sur nos traversées d’océan, Atlantique et Pacifique, pour tout savoir de nos occupations à bord en navigation :

Traversée de l’Atlantique : interview de deux marins

Traversée de l’océan Pacifique à la voile

 

10) Est-ce que nous continuons de naviguer pendant la nuit ? Comment gérer le sommeil à deux ? Comment fait-on pour avancer dans l’obscurité ?

Pour une navigation sur plusieurs jours, nous pouvons en effet naviguer de jour comme de nuit. Impossible de toute façon d’ancrer le bateau en pleine mer ou en plein océan, par plusieurs milliers de mètres de profondeur ! On ne se laisse pas dériver non plus…

De nuit, le bateau avance la majorité du temps sous pilote automatique, les voiles fonctionnent avec le vent aussi bien qu’en plein jour. Cependant, il faut bien se reposer aussi donc nous faisons des quarts, c’est-à-dire de la surveillance chacun notre tour. Car même si nous ne barrons pas le bateau, il reste à surveiller les alentours, les éventuels cargos ou bateaux de pêche croisés, ainsi que les conditions évolutives de la météo. Si une manœuvre est à prévoir, en général, nous réveillons l’autre pour l’effectuer à deux.

Nous avions commencé avec des quarts de deux heures chacun pendant nos courtes traversées entre Gibraltar – Canaries – Cap-Vert, voir plus de détails dans nos deux articles suivants :

Traversée entre Gibraltar et les îles Canaries (La Graciosa)

Traversée Canaries/Cap-Vert et arrivée à Palmeira

Mais ce n’était pas une configuration très reposante alors nous sommes passés à des quarts de trois heures et cela fonctionnait déjà beaucoup mieux (en gros, deux quarts par personne par nuit). Sachant que durant la journée, nous n’avons plus d’horaires, nous alternons entre siestes et occupations sans planning.

Pour plus d’informations, aller voir nos deux articles sur nos traversées d’océan :

Traversée de l’Atlantique : interview de deux marins

Traversée de l’océan Pacifique à la voile

 

11) Est-ce qu’on a le mal de mer ? Si oui, comment le gérer durant les navigations et sur un si long voyage ? Quelles sont les astuces pour lutter contre, hormis les médicaments ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

SÉCURITÉ

 

12) Est-ce qu’il y a toujours des pirates en mer ? Des risques de se faire voler au mouillage ou même à terre ?

Il y a des zones à risques qui évoluent avec le temps : à l’ouest de l’Afrique, au Vénézuéla, en Asie du SE (vers la mer de Chine), au Honduras et au Nicaragua côté Caraïbes, etc. Mieux vaut éviter ces routes, s’écarter et se faire des jours de navigation en plus que risquer de se faire suivre, menacer voire aborder par des pirates. Sinon, nous avons entendu dire que des plaisanciers tentent le coup, en passant au cœur des zones mais en se regroupant à plusieurs voiliers, une sorte de flotte qui avance ensemble.

Pourquoi la piraterie ? C’est souvent une question d’opportunité, des pêcheurs locaux par exemple, pauvres, dans le besoin, qui profitent de l’occasion de voir passer un voilier. Bien que nous ne soyons pas les plus riches, loin de là, eux ne le savent pas et déjà en comparaison avec leur niveau de vie, cela fait une sacré différence. Ils recherchent alors de l’argent, des objets de valeur, voire parfois le navire en lui-même… Dans le meilleur des cas, la tentative n’aboutira pas, ils rebrousseront chemin si le voilier s’enfuit et tient la distance (face à des bateaux à moteur, cela semble peu probable, sauf si le vent et les vagues permettent de chahuter l’ennemi). Dans le pire des cas, eh bien, il peut y avoir prise d’otages, blessés, voire tués.

Il peut aussi arriver des règlements de compte, notamment liés à des problèmes de drogue, mais il y a alors moins de chance qu’un voilier quelconque soit visé. Quand nous étions au Panama, un voilier dans une baie plus à l’est que la nôtre s’est fait attaqué par des Colombiens qui recherchaient de la drogue alors. Difficile de démêler le vrai du faux, l’équipage était-il dans le coup à l’origine ? La drogue avait-elle été cachée à leur insu ? Existait-elle vraiment ?

Lors de notre navigation entre le Bélize et le Panama, nous étions proches d’une zone à risque, au large du Honduras et du Nicaragua. Nous avons préféré nous éloigner des côtes justement pour plus de sûreté. Voir notre article 7 jours en mer entre le Bélize et le Panama.

En ce qui concerne les vols à terre ou au mouillage, cela dépend de la destination. Aux Petites Antilles par exemple, les vols d’annexe et/ou moteur hors bord peuvent survenir un peu partout, malheur à celui qui ne les a pas cadenassé. Rendez-vous dans nos articles suivants pour plus d’informations :

Est-ce qu’on se sent en sécurité … au Cap-Vert ?

Est-ce qu’on se sent en sécurité… à Tobago ?

Est-ce qu’on se sent en sécurité… à Grenade ?

Est-ce qu’on se sent en sécurité… à Saint Vincent et les Grenadines ?

Est-ce qu’on se sent en sécurité … en Dominique ?

Nous n’avons jamais eu de problèmes en 3 ans de voyage, nous faisons attention, tout est surtout une question de bon sens (et de chance peut-être un peu), comme n’importe où dans le monde, même en France.

Vous trouverez également beaucoup de détails au sujet de la piraterie sur le site internet Noonsite.

 

13) Quels sont les équipements obligatoires de sécurité à avoir à bord pour un bateau sous pavillon français?

La liste du matériel d’armement et de sécurité obligatoire est donnée par la Division 240 (Annexe 240-A.01), des équipements individuels de flottabilité à la VHF fixe, en passant par le pavillon national, la survie ou encore les pinoches pour arrêter les éventuelles voies d’eau. Cette liste dépend de votre programme de navigation (basique, côtier, semi-hauturier et hauturier).

Nous parlons rapidement de la trousse de secours à avoir à bord dans notre article Notre pharmacie de bord sur Manwë. Et du matériel de mouillage dans notre article En quoi consiste notre mouillage à bord de notre Océanis 390 ?.

C’est quoi au fait la Division 240 ? Un texte faisant partie de la réglementation maritime qui établit les règles de sécurité applicable aux navires de plaisance à usage personnel et de formation, de longueur de coque inférieure ou égale à 24 m. La nouvelle Division 240 est entrée en vigueur le 1er mai 2015.

En plus du matériel obligatoire, il faut également avoir à bord les documents obligatoires : annuaire des marées (si on est dans une zone concernée), cartes de navigation, règlement international pour prévenir les abordages en mer, balisage, livre des feux, journal de bord. Ils sont généralement inclus dans le Bloc Marine et le Bloc Côtier. On peut également les posséder en livres séparés ou en format PDF.

 

14) Avons-nous un canot de sauvetage ? Comment faire si le bateau coule ?

Le canot de sauvetage, ou radeau de survie, fait partie des équipements obligatoires à avoir à bord pour les navires sous pavillon français, à partir de six milles des côtes. Il y en a de deux types : un côtier pour moins de 60 milles d’un abri et un hauturier sans limite de distance. C’est en gros une grosse boîte en plastique (bien lourde) qui se percute avec un bout en cas d’urgence et qui se gonfle aussitôt. La nôtre est posée sur des rebords plastiques sur le pont de Manwë, mais ce n’est pas le seul endroit possible de stockage. Il faut la faire réviser tous les trois ans.

Tout dépend en fait de la gravité et de l’urgence de la situation. Un bateau peut couler suite à une voie d’eau (choc avec un OFNI – un objet flottant non identifié –, comme un conteneur, une baleine, etc.). Mais même s’il a été percuté, il peut aussi juste rester en surface, avec de l’eau à l’intérieur et trouver une certaine position de flottabilité. Dans tous les cas, mieux vaut rester à bord de son bateau le plus longtemps possible et monter dans le radeau juste avant qu’il ne sombre définitivement.

Déjà, avant le départ, on peut prévenir le CROSS via un formulaire pour indiquer la sortie en mer. C’est surtout intéressant et important quand on part plusieurs jours d’affilée. On vous explique la procédure dans notre article La sécurité à bord : L’appel de détresse VHF et le formulaire du CROSS pour les traversées.

Il y a plusieurs éléments à préparer à bord : le radeau de survie, la balise de détresse, le(s) sac(s) de survie (voir notre article Le sac de survie, on y met quoi ?), un bidon d’eau rempli aux trois quart, avec un bout. Il faut surtout savoir exactement où tout cela est rangé, pour ne pas perdre de temps au moment voulu !

Surtout, avant de lancer le radeau à la mer, s’il n’y a vraiment plus le choix, il faut penser à l’accrocher avant au bateau et avant de monter dedans. Il faudra couper ce bout au tout dernier moment si le bateau sombre. Si on a le temps, on attrape le ou les sacs de survie, on lance des appels de détresse à la VHF (voir notre article La sécurité à bord : L’appel de détresse VHF et le formulaire du CROSS pour les traversées, tout en enclenchant la balise de détresse qu’on emportera avec soi dans le radeau. On enfile des vêtements chauds (voire une combinaison de survie si on en a une), on prend un maximum de nourriture et le bidon d’eau. Apparemment, mieux vaut prendre des aliments sucrés que salés ou protéinés, cela demande moins d’eau pour la digestion. On remplit également des sacs étanches de matériels qui peuvent servir et qui ne pouvaient pas être rangés au préalable dans le sac de survie, comme la VHF portable, ses papiers personnels (passeports), papiers du bateau, téléphone portable, etc.

Nous n’avons jamais eu peur que cela nous arrive mais mieux vaut être préparés dans le cas où justement, un problème se déclare amenant à évacuer le bateau. Nous n’avions pas pensé à tous ces préparatifs au début du voyage, peu sensibilisés à tout cela. Nous avons commencé à respecter la préparation de nos sacs de survie qu’à partir de notre traversée entre les Canaries et le Cap-Vert et à envoyer un formulaire au CROSS que pour notre traversée de l’océan Pacifique… Pas forcément le bon exemple à suivre.

 

TECHNIQUE

 

15) Comment gérons-nous notre énergie à bord ? Est-ce qu’on peut recharger nos appareils électroniques (téléphones, ordinateurs, objets du quotidien) ?

Nous vous détaillons notre bilan énergétique à bord dans notre article Gestion de notre énergie à bord de Manwë.

Pour savoir comment on a équipé notre bateau, allez voir notre article Liste d’équipements électroniques essentiels pour un grand voyage en voilier.

 

16) Savons-nous bricoler ou faisons-nous appel à un professionnel pour réparer et/ou installer des équipements ? Faut-il avoir des pièces de rechange pour tout ? Quels outils sont indispensables à bord ? Et quels produits d’entretien pour le bateau et produits techniques ?

Je suis assez débrouillard, mais sans formation particulière. J’ai quand même suivi avant de partir une formation de 2 jours sur le fonctionnement et dépannage d’un moteur diesel marin, pour me sentir à l’aise avec l’engin et faire l’entretien courant sans difficulté. Sinon, nous installons tout par nous-mêmes. On n’a fait appel à des professionnels que pour des réparations et installations qui sont hors de notre portée comme le changement du gréement dormant ou la révision des 5 ans du moteur inboard (avec changement de la courroie de distribution).

Il est indispensable de partir avec des pièces de rechange :

• Pour le moteur (un véritable élément de sécurité) : courroie, rouet de pompe à eau, filtres

• Pour le dessalinisateur : filtres

• Pour l’extérieur : accastillage (poulies, anneaux), bouts, patchs pour les voiles

• Pour l’électricité : câble électrique toute section, dominos, cosses, piles, câbles USB (ils s’abîment vite), etc.

Pour les outils à emmener, il faut bien entendu une boîte standard remplie de tournevis, clés en tout genre, pinces multifonctions, marteau, vis inox toutes catégories, un mètre pour mesurer, etc. En plus de cela, mieux vaut embarquer avec soi sous peine de devoir racheter en route (ou de compter sans cesse sur un voisin au mouillage) :

• un voltmètre

• une perceuse

• une ponceuse pour les carénages (pas indispensable mais bien pratique)

• une clé à filtre

• une scie à métaux

• du duct tape (énormément de duct tape, ça sert toujours)

• du fil à surlier et matériel de matelotage (pour les épissures par exemple)

• un tournevis et du scotch d’électricien

• un baudrier d’escalade pour monter au mât

• du papier à poncer

• sans oublier tout un coffret à douilles (clés à cliquet) pour le moteur notamment.

Certains outils ne seront nécessaires que très ponctuellement, nous avons alors préféré demander à droite à gauche de nous en prêter plutôt que d’investir, comme la scie sauteuse par exemple. Nous aurions vraiment aimé avoir une machine à coudre à bord, pour réparer et/ou confectionner par nous-mêmes la sellerie et autres : bimini, capote, taud d’annexe, housses, voiles de kitesurf, etc. J’ai dû m’en tenir à la couture à la main, c’est long et fastidieux !

Enfin, en ce qui concerne les produits d’entretien, c’est bien d’avoir en stock du WD 40, de l’huile pour moteur inboard et de l’huile pour moteur hors-bord, du liquide de refroidissement, de l’acétone, du Sikaflex (ou autre), de l’époxy, de la graisse (pour les winchs par exemple), de la colle pour annexe (ou du Sikaflex justement, ça dépend de l’annexe). Le reste est à acheter au moment voulu car les pots se conservent quand même mal à bord.

Les listes ci-dessus sont non exhaustives, elles sont à adapter en fonction du type de bateau et de la place à bord pour le stockage. Évidement, plus on aura de place et de budget, plus on peut emporter avec soi…

 

17) Avons-nous eu beaucoup de travaux à faire sur le bateau avant le départ ?

Avant le départ, il y a eu des travaux obligatoires à effectuer, pour la sécurité même du voyage, comme le changement du gréement dormant. D’autres concernaient les domaines de l’électronique et de l’énergie (encore que nous aurions pu changer les batteries à ce moment-là, voir question 19) et d’autres pour le confort et l’esthétique à bord. Voici dans l’ordre les travaux que nous estimons avoir été les plus importants avant notre départ :

Préparation du voyage : changement du gréement dormant avant de partir

• Changement des injecteurs sur le moteur inboard (un Perkins Prima 50)

Installation d’une trinquette sur notre Océanis 390

Rénovation du circuit électrique et installation du sondeur-speedomètre

Notre ordinateur à bord pour la navigation : un Raspberry Pi 3

Création d’un écran 12 Volts pour notre ordinateur de bord

Installation de notre dessalinisateur Eco-Sistems SPLASH-25

• Remplacement des joints des hublots zénithaux

Travaux de transformation de l’éclairage intérieur et extérieur en LED sur un Océanis 390

Réfection du vaigrage dans un Océanis 390

• Vernis sur le bois de certains aménagements, au niveau de la descente et de la cuisine

et enfin, l’antifouling sur la coque avant de partir, indispensable, mais ça, c’est généralement pour tous les bateaux. (Nous l’avons d’ailleurs refait une fois en cours de route, au Guatemala, au bout d’un an et demi de voyage mais encore une fois, c’est normal).

 

18) Quel(s) équipement(s), même s’ils étaient de gros investissements, sommes-nous satisfaits d’avoir acheté ?

• Le dessalinisateur ! C’est vraiment un élément de confort. Plus de préoccupations à propos de l’eau à bord, pour boire et pour tout le reste. Nous avons rarement acheté des bouteilles d’eau (seulement pour une question de sécurité lors des traversées d’océan ou dans les mouillages où vraiment l’eau n’est pas propre). Nous n’avons en tout cas jamais eu à bouger de notre mouillage pour une raison de manque d’eau… Pour plus de détails, rendez-vous dans notre article Installation de notre dessalinisateur Eco-Sistems SPLASH-25.

• Une ancre Spade qui a toujours tenu parfaitement au mouillage. Voir notre article En quoi consiste notre mouillage à bord de notre Océanis 390 ?

• Un récepteur AIS, vraiment sécurisant. Si l’on peut se permettre d’avoir un émetteur AIS, c’est encore mieux (mais nous n’avions pas le budget).

• Un moteur hors-bord 15 cv une fois arrivés à Tahiti. Nous l’avons acheté d’occasion puis revendu avant notre départ mais cela faisait un bien fou de ne plus être limités sur l’annexe. Voir notre article Annexe & moteur hors bord, que choisir pour une grande croisière ?

En termes d’équipements moins onéreux à l’achat, nous sommes ravis aussi d’avoir acheté une Microsoft Surface, comme choix entre une tablette et un ordinateur. Voir notre article Emmener une Microsoft Surface à bord : le choix d’une tablette/ordi hybride.

Ainsi qu’un Raspberry Pi pour l’ordinateur de bord, vraiment facile d’utilisation et très peu cher à installer : Notre ordinateur à bord pour la navigation : un Raspberry Pi 3.

 

19) Pendant le voyage, est-ce qu’on a dû faire des travaux non prévus à l’origine et à gros budget ?

Une fois partis, nous avons eu de gros soucis en ce qui concerne l’énergie à bord. Problèmes de batteries, de panneaux solaires, modification du portique, etc. Cela n’a pas été une mince affaire surtout que les problèmes ont commencé au Cap-Vert, pas la destination la plus pratique pour trouver de quoi réparer et améliorer notre système… Voici dans l’ordre les articles correspondants à ces déboires ainsi que la solution finale :

Réfrigérateur, batteries et tarte salée

Problème de batteries à bord de Manwë

Les panneaux solaires ne produisent plus !

Modification du portique et installation des nouveaux panneaux solaires

Gestion de notre énergie à bord de Manwë

Pour tout avouer, le premier changement des batteries aurait pu être fait en France mais nous n’avions pas assez de connaissances sur ce point à l’époque pour nous en soucier. Voilà pourquoi elles ont rendu l’âme au début du voyage. En revanche, c’est le second changement, à Tahiti, qui n’était pas prévu. C’est expliqué dans le dernier article de la liste ci-dessus.

En dehors de cette liste, nous avons cassé notre guindeau dès les îles Baléares et nous avons dû plusieurs fois le réparer comme nous le pouvions, jusqu’à trouver une solution plus satisfaisante en Polynésie française. La réparation n’était pas un si gros budget que cela, c’est juste que nous avons décidé d’acheter de la chaîne neuve pour être aussi plus tranquille sur ce point. Voir notre article Réparation du guindeau sur notre voilier : un Goïot 312.

Nous avons également fait faire des travaux sur notre coque et sur notre quille au Guatemala, lorsque nous étions dans une marina pendant la saison cyclonique. Ce qui n’était pas prévu, c’était de payer des ouvriers pour le faire et de remettre la quille à nue. La main d’œuvre étant attractive sur ce chantier, nous n’avons pas longtemps hésité. A flot dans la marina, nous avons également dû changer un des hublots de coque qui était fendu dans un coin et qui fuyait. Voir notre article Travaux effectués sur Manwë au Guatemala (au sec et à flot).

Enfin, nous avons eu un problème avec notre trinquette et son point d’attache lors de notre navigation entre le Bélize et le Panama. Une réparation effectuée par la suite au Panama, finalement assez peu coûteuse mais nécessaire (il nous manquait un morceau du pont !) avant le passage du canal. Voir notre article Installation d’une trinquette sur notre Océanis 390.

 

20) Quels sont les bons plans côté travaux et équipements dans les pays que nous avons visité ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

VIE A BORD

 

21) Comment faisons-nous nos courses ? Comment cuisinons-nous ? Est-ce qu’on mange des plats lyophilisés ?

Nous pouvons nous avitailler un peu partout, depuis les mouillages où nous nous ancrons. Pas tous évidemment, mais nous pouvons facilement accéder à des villes et villages qui disposent de marchés, supérettes et/ou supermarchés. Nous avons à bord une gazinière, tout le problème réside dans le fait de faire recharger nos bouteilles de gaz pour l’alimenter. Pas toujours une mince affaire ! On vous fait un petit bilan des différents endroits où on a pu en trouver dans notre article Le gaz à bord autour du monde.

En traversée, nous nous débrouillons pour faire un gros avitaillement avant le départ. Pour l’océan Atlantique, ce fut au Cap-Vert (voir notre article Traversée de l’Atlantique : interview de deux marins) et pour l’océan Pacifique, ce fut au Panama (voir notre article Traversée de l’océan Pacifique à la voile).

 

22) Est-ce que nous avons un réfrigérateur ? Un congélateur ? Comment gérer les produits frais et les fruits et légumes ?

Nous avons à bord un réfrigérateur fonctionnant avec nos batteries. Il est suffisamment grand pour pouvoir embarquer une bonne quantité de produits frais. Pour les fruits et légumes, nous les conservons principalement des filets, cela évite les chocs en navigation et la majorité n’ont pas besoin d’aller dans le frigo, ils tiennent aussi longtemps.

En revanche, nous n’avons pas de congélateur, ce qui nous aura manqué à plusieurs reprises pour des plus longues conservations, pour faire des glaçons (pas mal pour l’apéro!) ou encore pour s’offrir quelques glaces, ce qui fait toujours du bien. Bien que nous ayons sans doute assez d’énergie pour le faire fonctionner en tout cas au mouillage, c’est surtout par manque de place dans le bateau que nous n’avons pas pu investir.

 

23) Est-ce qu’on pêche ?

On essaie. Nous ne sommes pas des grands passionnés, même si nous laissons souvent la traîne à l’eau durant nos navigations. Nous avons réussi à attraper de belles prises pendant nos traversées d’océan, en revanche, plus rarement entre les îles d’un même archipel. Il nous est difficile d’acheter du poisson pour le coup, même s’il a été pêché localement et est vendu sur l’étal d’un marché. On se dit qu’autant le pêcher par nous-mêmes, que nous pouvons bien le faire et si nous n’y arrivons pas, eh bien, tant pis !

Nous vous expliquons tout au sujet de notre matériel dans notre article La pêche à bord de Manwë. Vous y trouverez aussi la méthode pour réaliser des conserves, ce qui peut s’avérer très utile quand on a pêché un poisson trop gros pour le finir en moins de 3 jours !

 

24) Comment réussir à manger le plus équilibré possible lorsqu’on est dans un endroit isolé comme un atoll ?

Ah ça, c’est une grande question. Mieux vaut avoir prévu un sacré avitaillement à l’avance. Soit au Panama si on vient de l’est, soit à Tahiti si on vient de l’ouest. On bénéficiera de plus de choix et de produits moins chers. Nous avions acheté énormément de produits secs au Panama avant de partir pour notre transpacifique. Puis, une fois dans les archipels, il faut se contenter de ce qu’il y a en produits frais. Aucun souci aux Marquises, les îles regorgent de fruits : pamplemousses, papayes, bananes, mangues, etc. Pas de problème non plus pour les pommes de terre et les oignons. En revanche, les légumes sont un peu plus rares (moins cultivés), on trouve des choux et des tomates mais pour le coup, cela devient cher. Quand aux autres produits, type pâtes, riz, beurre, conserves, certains bénéficient des tarifs PPN (prix de première nécessité), c’est-à-dire qu’ils ne sont pas retaxés depuis Tahiti donc à des tarifs encore raisonnables (toujours plus cher qu’en France mais ça va). Les autres, eh bien, les tarifs augmentent vite, voire varient entre chaque supérette. Dur de trouver des aliments « plaisir », comme le fromage et le chocolat, qui ne soient pas hors de prix.

Aux Tuamotu, les PPN existent aussi et le fromage reste toujours aussi cher. Par contre, ce sont les fruits et légumes qui deviennent des denrées très rares : on en trouve un peu en magasin mais souvent mis au frais en plus, donc ils ne se conservent pas longtemps derrière. Et ils sont très chers, nous avons acheté sans visualiser le prix avant un simple chou vert (pas l’aliment le plus merveilleux en plus) pour 12 € ! On cuisinait beaucoup avec des conserves, voire avec des produits surgelés (haricots, petit pois) au jour le jour. Cela reste moins cher que le frais mais pas très pratique car nous n’avons pas de congélateur.

Il faut savoir que nous ne sommes ni végétariens ni sujets à des allergies alimentaires. Mais concernant la viande, nous avons largement diminué notre consommation au fur et à mesure du voyage, principalement pour une raison de budget et parce que les morceaux proposés ne donnaient pas du tout envie, comme en Amérique centrale par exemple. Dans les archipels, on trouve principalement du congelé, il faut donc pouvoir conserver ou manger directement. Nous avons rencontré de nombreuses végétariennes en voilier et tout se passait bien pour elles à bord, enfin, on en avait l’impression.

Une fois à Tahiti, miracle, les prix redescendent et surtout, on trouve de tout ! Les supermarchés sont très bien fournis, on peut se remettre à manger tout ce que l’on veut.

Nous allons vous écrire prochainement un post au sujet des différentes spécialités alimentaires rencontrés dans chacune de nos escales.

 

25) Est-ce que nous avons des toilettes ? Où se vident les eaux noires ? Avons-nous une douche à bord ? Combien de litres d’eau utilisons-nous par personne et par jour ?

Nous avons même deux WC à bord de Manwë ! Une configuration loin d’être indispensable mais l’aménagement de l’Océanis 390 est comme ça. Les deux se vident dans la mer mais nous avons un système de réservoir à eau noir pour retenir ces déchet et les évacuer plus loin si c’est nécessaire.

Nous avons également une douche à l’intérieur qui peut fournir de l’eau chaude (si le moteur à tourné récemment). Mais nous nous lavons le plus généralement à l’arrière du bateau dans la mer et on termine par un rinçage à l’eau douce avec la douchette de pont. Pour plus d’informations sur la production et la consommation de l’eau douce à bord, allez voir nos articles suivants :

Consommation d’eau douce et potable à bord

Installation de notre dessalinisateur Eco-Sistems SPLASH-25

 

26) Comment fait-on pour les lessives ? Peut-on laver ses vêtements à l’eau de mer ?

Oui, nous faisons nos lessives à l’eau de mer, au savon de Marseille, avec rinçage à la fin à l’eau douce. Les vêtements ne semblent pas en souffrir du tout. Pour les serviettes et les draps, nous préférons attendre de trouver une laverie automatique, c’est quand même plus pratique (mais ça revient aussi beaucoup plus cher). Plus d’informations dans notre article Consommation d’eau douce et potable à bord.

 

27) Comment se rend-t-on à terre depuis notre voilier ?

Nous utilisons une annexe, une petite embarcation qui peut être rigide ou gonflable, à rame ou à moteur. Vous trouverez toutes les informations à ce sujet dans notre article Annexe & moteur hors bord, que choisir pour une grande croisière ?.

 

28) Qu’est-ce qu’on a comme matériel pour prendre des photos et des vidéos ?

En plus de nos deux téléphones portables, nous avons embarqué à bord quelques équipements destinés à photographier et/ou à filmer nos aventures, comme un appareil photo, une GoPro et un drone. On vous explique tout dans notre article Avec quoi on prend nos photos et vidéos ?.

 

29) Avons-nous embarqué un ordinateur ? Et si oui, quel type ?

Nous avons acheté une Surface avant le départ, on vous en parle en détails dans notre article Emmener une Microsoft Surface à bord : le choix d’une tablette/ordi hybride. Quand nous sommes rentrés deux mois en France en 2018, nous en avons profité pour ramener un nouvel ordinateur en plus, on le mentionne dans ce même article.

 

30) Qu’avons-nous comme équipements de loisir à bord ?

Ah, nous en avons emporté des jouets divers et variés ! Pour l’extérieur, pour les activités nautiques :

• matériel de snorkeling : palmes, masques, tubas et ceintures de plomb, sans oublier des combinaisons et lycras

• un paddle Itiwit de chez Décathlon (le plus grand pour pouvoir tenir à deux dessus)

• du matériel de kitesurf pour deux personnes : deux twintip, trois ailes – 7, 9 et 11 m² –, deux harnais, un casque et nous avons investi une fois à Tahiti dans un surfkite et un foil. Voir notre article Partir en kitesurf depuis son voilier pour savoir comment démarrer depuis la jupe de son bateau.

• une planche de surf en mousse pour débuter (pas une grande réussite, nous n’avons jamais trop eu le courage)

• un drone pour filmer du ciel et prendre de belles photos des alentours (voir notre article

Avec quoi on prend nos photos et vidéos ?)

A bord, pour les moments au calme ou durant les navigations :

• des jeux de société. Ce fut difficile de trouver des bons jeux qui se jouent à deux mais nous pouvons citer par exemple 7 Wonders Duel ou encore Schotten Totten.

• une game boy color avec quelques vieux jeux (dont Pokémon rouge!)

• une liseuse électronique chacun (voir notre article Élément indispensable à avoir à bord : la liseuse électronique !)

• une tablette pour regarder des films et un ordinateur pour jouer à des jeux vidéo (entre autres applications – voir notre article Emmener une Microsoft Surface à bord : le choix d’une tablette/ordi hybride)

 

31) Peut-on embarquer son chat ou son chien dans un tel voyage ?

Beaucoup d’équipages ont des animaux de compagnie, emmenés dès le départ ou adopter en chemin. Nous aurions bien aimé avoir un chat mais nous avons toujours hésité, devant les contraintes à respecter dans certains pays. Il faut en principe les déclarer lors de la clearance d’entrée, parfois ajouter un examen vétérinaire, des vaccins, une quarantaine, etc. Nous ne voulions pas nous limiter à cause d’un animal mais ceux qui en ont un semblent très bien le vivre.

 

32) Quels objets du quotidien sont indispensables à avoir à bord ? Qu’est-ce qu’il ne faut absolument pas oublier ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

33) Quelles sont les sources de pollution dans un tel voyage et dans la vie sur un bateau ? Comment les réduire ? Quels sont les produits les plus écologiques pour entretenir le bateau ?

Premièrement, notre bateau en lui-même est une source de pollution car il est construit en fibre de verre et époxy, qui ne sont pas des matières recyclables. Mieux vaut dans cet optique choisir un voilier fabriqué en aluminium ou en acier, qui sera mieux recyclé en fin de vie. Mais ce n’est pas le même budget à l’achat pour un bateau en alu et nous ne voulions pas d’un bateau en acier. Nous avons au moins acheté le nôtre d’occasion, nous en sommes le 4ème propriétaire et il y en aura même un 5ème derrière nous. Il est déjà dans le circuit donc, et on espère qu’il vivra encore de belles aventures !

En outre, nous peignons le dessous de la coque avec une peinture antifouling, de façon à éviter le plus longtemps possible l’apparition d’algues et coquillages. Or cette peinture, répulsive pour ces organismes, n’est pas très saine pour l’environnement. Cela représente 5 L tous les 1 ou 2 ans sur notre bateau. Peu d’autres solutions viables et efficaces existent à ce jour même si des essais sont régulièrement en cours. Et ne rien mettre sur la coque ? Dans ces cas-là, nous serions complètement ralentis par tout ce qui s’est accroché sur la coque et notre consommation de gasoil augmenterait largement suite à la traînée produite. Pas top non plus.

Ensuite, nous consommons du gasoil pour le bateau et de l’essence pour l’annexe. En comparaison avec la consommation moyenne avec une voiture, c’est assez insignifiant. De plus, le but étant de faire un voyage à la voile, nous utilisons le moteur que lorsque nous n’avons pas le choix. Des nouvelles solutions sont disponibles avec des moteurs électriques, pour le bateau lui-même ou pour l’annexe, ce qui peut être intéressant même si ça reste encore très cher. Mais dans ce cas, on déplace la pollution vers la création de batteries au lithium voire d’un générateur à côté qui lui consomme du gasoil… Notre moteur nécessite enfin une vidange régulière d’huile que nous jetons dans des endroits appropriés.

Pour ce qui est des déchets courants, nous rejetons à la mer les produits organiques qui vont se dégrader naturellement. Pour le reste, le tri est parfois difficile en fonction des mouillages et destinations, alors nous faisons de notre mieux. En achetant intelligemment déjà. Mais parfois, même l’accès à une simple poubelle s’avère mission impossible ! Évidemment, là, nous conservons à bord nos déchets avant de les rejeter au bon endroit.

Et pour l’utilisation des produits ménagers et cosmétiques ? Nous fabriquons notre produit vaisselle et lessive avec du vinaigre blanc et savon de Marseille ce qui reste assez écologique. Nous lavons d’ailleurs quasiment tout à l’intérieur avec du vinaigre blanc… Pour la douche, nous essayons d’utiliser des produits bio et sains pour l’environnement, pas toujours faciles à trouver encore une fois en fonction de l’escale. Mieux vaut prévoir un bon stock au départ de France. J’utilise également des cotons lavables et gants de toilette pour le quotidien (pour les règles, voir question 37).

Pour plus d’informations sur notre consommation en eau douce et comment l’économiser, rendez-vous dans notre article Consommation d’eau douce et potable à bord.

Et finalement la question des toilettes ! Eh oui, nos propres déchets biodégradables partent dans l’eau de mer. Nous avons à bord une cuve à eau noire, pour respecter un peu plus le mouillage et la vider ainsi en pleine mer. Nous jetons en revanche notre papier toilette à la poubelle, et dans le cas où c’est difficile d’en stocker des kilos à bord, pendant les grandes traversées par exemple, nous essayons de choisir celui avec le moins de couches possibles pour la meilleure dégradation dans l’eau. surtout de choisir le papier avec le moins de couche possible pour la meilleure dégradation à l’eau.

Enfin, nous produisons notre propre énergie grâce à nos panneaux solaires et notre propre eau grâce à notre dessalinisateur, nous bénéficions quand même d’une sacré autonomie à bord ! Nous n’avons pas une consommation très importante non plus en termes de matériels, vêtements et autres objets, notre espace de stockage restreint à bord suffit à nous en dissuader et m’a notamment appris à ne plus être soumise à notre société de consommation. Nous nous contentons de peu et nous n’en vivons que mieux !

 

SANTÉ

 

34) Comment gérer les petits bobos du quotidien ou les maladies ? Quels médicaments emporter ?

Nous avons à bord une pharmacie conséquente, avec divers médicaments qui peuvent traiter des symptômes de maladies courantes et bénignes. Voir notre article Notre pharmacie de bord sur Manwë. Nous avons également la mallette de premiers secours obligatoire à avoir à bord (d’après la Division 240).

 

35) Comment fait-on si on a une crise d’appendicite en plein milieu de l’océan ? Ou un grave problème médical ? Une urgence ? Est-ce qu’on peut venir nous chercher ?

Nous ne sommes pas des spécialistes, si nous avons besoin d’un traitement sérieux, il va falloir demander l’avis d’un médecin. Si un problème grave doit survenir en mer à une distance trop éloignée des côtes pour espérer rentrer à temps avant des complications, on lance un appel de détresse sur la VHF au CROSS (c’est le CROSS gris-nez qui est en charge des eaux internationales), qui va être relayé jusqu’à pouvoir parler à quelqu’un. Voir notre article La sécurité à bord : L’appel de détresse VHF et le formulaire du CROSS pour les traversées. Il faut alors demander une téléconférence à trois avec le CCMM (Centre de Consultation Médical Maritime), situé à Toulouse.

Si on a un téléphone satellite, on peut appeler aussi directement le CCMM où un médecin urgentiste spécialisé va répondre (disponible 7j sur 7, 24h sur 24). S’il y a sauvetage à effectuer, la coordination se fait en même temps avec le CROSS , qui peut lui mobiliser des bateaux extérieurs croisant la route du voilier pour porter secours.

Vous trouverez des informations sur la pharmacie de bord et l’urgence médicale dans le Bloc Marine et le Bloc Côtier mais également dans la thèse très intéressante du Docteur Tristan Dheilly, datant d’octobre 2017 et intitulée Préparation et connaissances médicales des plaisanciers réalisant des navigations hauturières à destination ou ayant pour escale les Antilles françaises entre décembre 2015 et juin 2017.

L’appendicite, c’est soit-disant la plus grande peur des marins, une sorte de mythe collectif comme quoi des rumeurs disent même que si on a jamais eu de crise, mieux vaudrait se la faire retirer même avant une traversée ! Mais il n’y a pas à avoir peur, le temps de trajet total où on s’est trouvé vraiment éloigné des secours doit être une trentaine de jours sur notre voyage… Autant dire que ce serait rarissime d’avoir une complication et même une complication telle qu’elle ne peut attendre.

 

36) Quels vaccins prévoir ?

Vous trouverez toutes les informations sur les vaccins que nous avons fait dans notre article Vaccins recommandés pour un tour du monde en bateau.

 

37) En tant que femme, quid des règles à gérer ? Quoi choisir comme contraception durant un voyage en bateau ?

Vous trouverez des informations sur ma contraception choisie dans notre article Notre pharmacie de bord sur Manwë. Pour ce qui est des protections hygiéniques, on vous prépare un prochain post au sujet des indispensables à avoir à bord d’un voilier.

 

ADMINISTRATIF

 

38) Quelles sont les assurances à prendre avant de partir ?

On vous parle assurance, un sujet bien compliqué en voilier, dans notre Question d’assurance pour un tour du monde à la voile.

 

39) Faut-il déclarer son voyage à un organisme particulier ? Est-ce qu’il y a des formalités administratives à remplir avant de partir de France ?

Non, il n’y a rien de spécial à déclarer en partant de France, rien d’obligatoire en tout cas.

 

40) Comment savoir s’il y a un visa à payer ou à prendre à l’avance quand on arrive dans un nouveau pays ?

Nous parlons des visa (les fameuses « clearances » en voilier) à effectuer à l’entrée et à la sortie d’une escale dans notre article Récapitulatif des tarifs de clearance (entrée, sortie) en voilier, des ports, des bouées et des parcs naturels.

Voir aussi notre rubrique Clearance et internet pour tous nos articles sur chaque clearance effectuée dans chaque destination visitée. Pour des informations sur d’autres pays à atteindre en bateau, tout est indiqué et mis à jour sur le site internet Noonsite (par destination).

 

41) Comment fait-on pour retirer et utiliser notre carte bancaire à l’étranger ? Est-ce qu’il faut partir avec de l’argent en espèces au cas-où ?

Prendre des euros et dollars américains en espèces semble judicieux pour dépanner, disons cinq cent de chaque. Mais pas besoin d’emporter d’autres devises. Pour les questions de carte bancaire à l’international, retrait et paiement, on vous explique ce que nous avons utilisé dans notre article Vivre à l’étranger et éviter les frais bancaires : les solutions banques en ligne et Revolut.

 

42) Avons-nous une connexion à internet en permanence ? Comment fait-on pour poster sur notre blog ?

Trouver internet, c’est une véritable occupation à terre durant ce genre de voyage. Car nous n’avons gardé que des forfaits français, les plus économiques (juste pour conserver notre numéro) qui évidemment ne permettent pas de se connecter à internet à l’étranger. Il existe apparemment des cartes SIM internationales ou encore des abonnements via Google mais ça peut revenir très cher. Ne parlons même pas d’un téléphone satellite (nous en avions un uniquement lors de nos traversées d’océan, pour la météo), hors de prix même à court terme.

Donc nous nous débrouillons pour trouver du wifi à terre. Heureusement, de nombreux bars, restaurants, yacht services, etc. en proposent, souvent en échange d’une consommation. Bon, cela reste laborieux de dénicher une connexion qui fonctionne bien et permet de se connecter avec un ordinateur pour travailler sur notre blog… Nous n’avons jamais eu de problèmes pour trouver du wifi le long du voyage, que ce soit dans les Caraïbes ou en Amérique centrale. Excepté à partir de la Polynésie française. Car oui, sur cet immense archipel, le wifi reste très rare et les abonnements locaux très chers (même si nous avons dû craqué pour bénéficier quand même de data internet sur la durée).

Pour les détails par destination : rendez-vous dans notre rubrique Clearance et internet.

 

43) Saviez-vous parler anglais avant le départ ? Est-ce que c’est indispensable pour un tel voyage ?

Oui, nous savions parler anglais avant de partir. Nous l’avons bien appris durant nos études, pratiqué à l’oral lors de précédents voyages et beaucoup à l’écrit durant nos jobs. Il nous restait l’audace pour se lancer, l’aisance pour trouver ses mots rapidement, l’accent à perfectionner. Pas évident à chaque fois mais on progresse très vite en voyageant. C’est vraiment le meilleur moyen pour s’améliorer rapidement et voir s’envoler la timidité qui empêche souvent de prendre la parole. Nous avons vraiment apprécié passer du temps avec des plaisanciers anglophones.

Mais ce n’est pas non plus indispensable pour partir, loin de là ! Aucune raison de se freiner à cause de ça. Un bon ami à nous, seul sur son voilier, réussit très bien à voyager sans parler anglais. Il a même passer plus de 6 mois sur la côte est des USA, sans problèmes et sans même essayer de l’apprendre !

Nous avons aussi des notions en espagnol, cela s’est révélé utile en Amérique centrale, surtout dans la marina où nous étions au Guatemala pour négocier lors des travaux que nous voulions faire réaliser par des ouvriers locaux. Encore une fois, ce n’est pas indispensable et on peut vite apprendre sur le tas les notions de base.

 

BUDGET

 

44) Comment avons-nous financé le voyage ? Avons-nous quitté nos jobs avant le départ ou pris une année sabbatique ? Est-ce que nous avons travaillé ensuite durant le voyage pour remplir la caisse du bord ?

Nous vous expliquons tout à ce sujet dans notre article Budget d’un demi-tour du monde en voilier.

 

45) Quel budget faut-il pour acheter un voilier ?

La définition du budget d’achat d’un bateau est disponible dans notre article Comment on cherche son futur bateau pour un départ en grande croisière ?.

 

46) Combien ça coûte un tour du monde en bateau ? Quelles sont nos dépenses mensuelles une fois sur l’eau ?

Toutes les informations sur le budget de notre tour du monde à la voile sont dans l’article Budget d’un demi-tour du monde en voilier.

 

47) Est-ce qu’il faut aller au port tout le temps ? Est-ce qu’on paye quand on est sur ancre ?

Une fois en voyage, plus besoin d’aller au port. Si l’on trouve une zone d’ancrage autorisée et propice à un mouillage confortable, on en profite. C’est gratuit, à part dans des parcs naturels ou réserves protégées où là, soit on n’a pas du tout le droit d’y aller, soit on doit se mettre sur bouée et payer. C’est souvent un tarif raisonnable pour une nuit, mais qui peut vite s’accumuler et devenir conséquent, comme aux British Virgin Islands par exemple (10 € par nuit).

On vous explique dans notre article En quoi consiste notre mouillage à bord de notre Océanis 390 ? les raisons qui nous font éviter les ports et les bouées.

Dans certaines destinations, les zones de mouillages possibles peuvent s’avérer (très) peu confortables voire quasiment inexistantes. Dans ces cas-là, plus trop le choix. Comme dans l’archipel des Canaries, où nous avons dû dormir en marina sur presque toutes les îles. Le budget en prend vite un coup. Durant notre voyage de 3 ans, nous avons passé 162 nuits au port (dont une grosse partie au Guatemala durant la saison cyclonique, à flot et au sec, mais le prix était très attractif là-bas) et 31 nuits sur bouée (toutes n’étaient pas payantes).

Pour plus de détails sur notre budget port et bouée, allez voir notre article Récapitulatif des tarifs de clearance (entrée, sortie) en voilier, des ports, des bouées et des parcs naturels.

 

BILAN DU VOYAGE

 

48) Quel est notre trajet réel en comparaison avec les routes envisagées dans la question 3) ?

Allez voir la carte mise à jour de notre périple sur notre page Notre Odyssée.

 

49) Comment et où avons-nous vécu nos deux saisons cycloniques ?

Ce fut une grande question pour notre première saison cyclonique des Caraïbes, en 2018, car nous avions plusieurs possibilités. On vous expose les différents choix qui s’offraient à nous dans notre article Dis, on va où après ?. Nous avons finalement opté pour le Guatemala et on ne le regrette pas ! Voir notre article 5 mois à Nana Juana, une jolie petite marina sur le Rio Dulce au Guatemala.

En ce qui concerne la saison cyclonique du Pacifique Sud, nous avons décidé de rester dans les îles de la Société, en Polynésie française. On vous donne un peu plus de détails dans notre article Au cœur de la saison des pluies sur Huahine .

Tout s’est très bien passé durant les deux, la première de toute façon, nous étions hors de la zone à risque donc pas de souci. La seconde, nous étions plus ou moins dedans, mais sur une histoire de statistiques et d’un long moment sans troubles, nous n’avions pas peur de rester dans les parages autour de Tahiti. Nous n’avons eu aucun problème.

 

50) Avons-nous été impacté dans notre vie quotidienne et dans nos projets par le coronavirus ?

Rendez-vous dans notre article Comment ça s’est passé le confinement sur notre voilier ?

51) Est-ce que ce type de voyage nous plaît ?

Le voyage nous a beaucoup plus et Manwë fut un très bon compagnon de route ! Nous garderons des souvenirs incroyables de cette aventure, que nous finissons pour diverses raisons mais sur une note très positive en ce qui concerne la grande croisière.

Nous allons vous écrire prochainement un post sur le bilan de notre voyage. Voir aussi notre article Notre avis final sur notre Océanis 390 après 3 ans de voyage !

 

52) Quelles sont nos plus beaux souvenirs, nos plus belles escales ?

Pour Damien, c’est notre mois passé aux Bahamas en juin 2018 et notre séjour dans les îles des Tuamotu mi-2019. Ces deux séjours étaient un peu hors du temps, nous étions seuls sur l’eau (en juin, aux Bahamas, c’est le début de la saison cyclonique et les voiliers Américains désertent les archipels pour retourner aux USA) et nous vivions une vie des plus paisibles, en profitant juste du temps qui passe. Voir notre article Bahamas : mouillages paradisiaques le long des Exumas, de Georgetown à Big Major’s Spot (1/2).

Aux Tuamotu, nous n’étions pas que tous les deux en permanence, ayant fait de belles rencontres avec d’autres plaisanciers, mais nous étions quand même perdus au milieu de nulle part dans ces magnifiques atolls. Ancrés face à un motu de l’autre côté du lagon, avec juste l’eau, le sable, quelques cocotiers, le soleil et l’océan au-delà de la barrière pour paysage. Voir par exemple notre article Raroia, la magie de notre premier atoll polynésien.

Pour moi, j’avoue que les Bahamas resteront également dans mes plus beaux souvenirs. Nos vrais premiers mouillages paradisiaques à deux, avec personne à des kilomètres à la ronde. Mais c’est tellement difficile de choisir ! J’ai adoré tant d’escales et de moments passés à bord comme à terre. La Guadeloupe, Tobago au sud des Petites Antilles, le Guatemala et ses pyramides mayas… Tant de dépaysement à chaque fois. Ah ! et quand mes parents sont (enfin) venus nous voir en Polynésie française, cela restera dans ma mémoire ! Des moments magiques, le bonheur tout simplement de pouvoir leur montrer notre mode de vie dans un cadre en plus idyllique. Je suis à la fois soulagée (j’avais peur de ne pas pouvoir le faire avant d’arrêter!) et fière d’avoir pu leur partager ainsi notre aventure en vrai.

 

53) Quels sont les équipements qui nous ont manqué, ceux que nous aurions bien aimé avoir à bord ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

54) Et par rapport à la vie de terrien, en France, qu’est-ce qui nous a le plus manqué ?

La facilité ! Car en bateau, le quotidien peut vite devenir compliqué… On n’a pas accès à internet en permanence, loin de là. On doit s’occuper de sa propre production puis consommation en eau et en énergie. Pour les lessives, on doit les faire à la main ou trouver quelque part une laverie automatique. Pour la nourriture, on doit aller faire des courses comme tout le monde, sauf que nous n’avons pas de voiture, donc il faut s’y rendre à pied avec nos sacs à dos, ou en bus parfois. Nous n’avons évidemment pas de lave-vaisselle non plus à bord, etc. Alors certes, on a le temps pour tout cela ! On ne regarde pas notre montre, mais parfois, on aimerait que ces corvées soient un peu plus faciles. Tout comme les travaux, ça n’arrête jamais sur un voilier ! La liste ne semble jamais diminuer, il y a toujours quelque chose à faire, à plus ou moins gros budget.

Enfin pour dormir, ce n’est pas toujours tranquille. Le bateau a tendance à rouler, même si cela dépend des mouillages. Les vagues peuvent venir frapper la coque, le vent peut siffler dans les haubans… Donc ce qui manque sur le long terme, c’est un certain confort que l’on peut avoir en vivant à terre.

Évidemment, tous ces petits ennuis s’annulent vite face au voyage en lui-même et à tous ses avantages – découvertes, rencontres, paysages de rêve, activités plaisantes en tout genre… –, sinon, à quoi bon partir ?

 

55) Avons-nous eu peur avant le départ ou durant le voyage ? Avons-nous rencontré des gros problèmes, potentiellement stressants ?

Avant le départ, pas vraiment. L’inconnu en soi n’était pas une de nos peurs, au contraire, cela nous motivait et nous donnait envie de tout découvrir. Ne sachant pas faire de bateau à l’origine, je n’avais pas de raison de m’inquiéter de quoi que ce soit puisque je n’y connaissais rien !

Une fois partis, le voyage en voilier n’est plus toujours simple ni rassurant. Il nous arrive parfois des coups de stress, par exemple dans des mouillages lorsque les conditions météo se dégradent, en mer lorsqu’il y a des orages, des cargos en route de collision de nuit ou encore des risques de piraterie (ceux là restent assez localisés pour le coup). D’autre fois, l’inquiétude se pointe même avant l’arrivée : va t-on trouver un mouillage correct, de bonne tenue pour l’ancre ? Est-ce qu’on est autorisé à rester là ?…

Par chance, nous n’avons jamais rencontré de gros problèmes. Mais personne n’est à l’abri : une voile déchirée, un démâtage en plein océan, un problème moteur dans la passe d’un atoll ou près de roches affleurants, etc. Il faut pouvoir envisager ces différentes situations, afin de savoir comment les affronter le plus sereinement possible si elles arrivent. Mais on ne va pas se livrer à des exercices en temps réel face à toutes sortes d’expériences.

On apprend donc au fur et à mesure, on glane des conseils à droite à gauche en échangeant avec d’autres plaisanciers et surtout, on essaie au maximum de prévenir plutôt que de guérir. C’est une question de bon sens, mieux vaut retarder son départ de quelques jours que prendre la mer quand une tempête menace par exemple. Malheureusement, il arrive de ne pas avoir la main sur le planning et là, cela peut devenir dangereux. Voilà pourquoi un voyage en grande croisière se dessine avec toujours beaucoup de marge, sans date précise, pour pallier à ces conditions météorologiques qu’on ne peut maîtriser.

On vous prépare un post aux sujets des événements potentiellement stressants à bord.

 

56) Est-ce qu’on en a eu marre ? Une envie de tout arrêter et de rentrer en France ?

Il y a en forcément en trois ans de voyage des hauts et des bas. Des moments, qui restent heureusement rares, où l’on préférerait tout quitter pour retrouver le confort et la simplicité d’une vie de terrien. Dès le début, aux îles Baléares, ce n’était pas de tout repos. Au sens littéral du terme, nous avions (enfin surtout moi) beaucoup de mal à nous habituer à la vie sur l’eau, et à dormir sur un bateau toujours en mouvement, à s’adapter au moindre bruit. Il a fallu apprivoiser cette ambiance et s’y faire au fur et à mesure du voyage. On apprend vite et petit à petit, chaque barrière et inquiétude finit par lâcher.

Lorsque nous étions au chantier à sec au Guatemala, fin 2018, ce n’était pas évident non plus. J’étais démotivée par les travaux, j’en avais marre de vivre sur le chantier et nous revenions de deux mois en France à profiter de notre famille et de nos amis. Ce n’était pas facile de retrouver une motivation pour se lancer dans la suite et sur l’océan Pacifique. Surtout que notre navigation Guatemala – Panama n’a pas été des plus clémentes. Nous avions même songé tout lâcher, revenir vers l’est, vers les Petites Antilles peut-être.

Mais finalement, cet état finit par passer. Quand nous sommes arrivés au Panama, on n’y pensait plus à ces mauvais jours. Si proches de traverser le canal, nous avons retrouvé de l’envie et du rêve face aux destinations qui nous attendaient dans le Pacifique Sud. Ces moments de doute ne déteignent heureusement pas sur le sentiment positif général du périple en lui-même. On finit même par en rire !

 

ET APRÈS ?

 

57) Pourquoi arrêter maintenant en Polynésie française ? Quels sont nos projets pour la suite ?

Nous avons décidé d’arrêter ici après trois ans de voyage car nous avons d’autres projets en tête. Nous voulons changer de vie, mais en aucun cas, parce que le voyage ne nous convient plus. Juste le désir de voir autre chose pour un temps, en gardant en tête l’idée de repartir un jour. Plus de détails dans notre article Navigation entre Huahine et Moorea – la dernière traversée de nuit avec Manwë ?.

En ce qui concerne nos projets pour la suite, nous vous racontons nos idées écourtées dans un futur post sur le confinement (lié au coronavirus).

 

58) Comment s’est organisé la vente du bateau ? Pourquoi choisir la Polynésie française pour le vendre ?

Nous allons vous écrire prochainement un post à ce sujet.

 

59) Est-ce qu’on aimerait repartir un jour pour un autre voyage en bateau ?

Oui, nous aimerions bien repartir un jour, c’est sûr ! Dans quelques années, le temps de retravailler et de pouvoir remettre des sous de côté. Nous n’avons pas de date précise, mais nous savons que nous aimons bien bouger, bouleverser le quotidien tous les trois ou quatre ans. Pourquoi pas repartir en famille ? Un peu plus tard alors peut-être, avec des enfants sur un voilier, avec un catamaran pour plus de confort et d’habitabilité au mouillage. Et puis, il nous reste tant d’endroits à visiter, la boucle était loin d’être terminée. Nous aimerions repartir des Petites Antilles (le trajet était chouette mais nous n’en ressentons pas le besoin de le refaire) voire même du Panama par exemple. Pour continuer vers l’ouest après Tahiti, découvrir les merveilleux archipels qui s’enchaînent après, puis la Nouvelle-Zélande, l’Asie du SE, etc. Encore un beau projet qui sonne comme un doux rêve. Mais nous venons de réaliser le premier, alors pourquoi pas un second ?

 

60) Quels conseils donnerait-on à ceux qui veulent tenter l’expérience ?

Foncez ! Il ne faut pas passer son temps à se demander si ça serait bien, si ça nous conviendrait, si on serait heureux et si on y arriverait, il faut se lancer. Passer le cap. Acheter un voilier, prendre des cours de voile si besoin, des formations, faire des ronds dans l’eau avant le grand départ. Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour partir.

Nous avons rencontré énormément de profils différents parmi les plaisanciers croisés sur l’eau. Jeunes ayant à peine terminés leurs études, qui achètent un petit bateau dans leurs moyens et qui comptent travailler çà et là en cours de route. Jeunes comme nous qui ont travaillé quelques années, mis de côté, posé une année sabbatique ou plus et qui partent sans date limite (en général 3 ou 4 ans). Familles avec des enfants en bas âge (ou des collégiens voire plus grands mais c’est rare – les enfants ont en général entre 4 et 10 ans) qui partent sur une année sabbatique encore une fois ou plus, en faisant l’école à la maison. Retraités qui ont économisé toute leur vie pour s’acheter leur bateau de leur rêve (souvent plus grand et plus récent que celui des jeunes) et qui n’ont pas de planning serré pour profiter des escales. Etc.

Même s’il faut parfois stopper le voyage pour diverses raisons, trop tôt par rapport à ce qu’on avait prévu, il y a très peu de chances de regretter d’être parti !

Pour plus d’informations sur comment acheter son voilier, aller voir notre article Comment on cherche son futur bateau pour un départ en grande croisière ?.

Et surtout, n’écoutez pas les autres. Beaucoup tenteront de vous dissuader de vous lancer dans une telle aventure : « trop cher, trop risqué, plus de ton âge ou au contraire, t’auras le temps à la retraite… » « Et le travail, tu vas faire comment pour en retrouver un après cette pause ? Ce n’est pas gâcher tes études ? Tu vas vivre comment, sur tes économies ? « Et les enfants, pour l’école et tout ? » « Mais vous êtes fous, traverser un océan mais quoi encore ? » L’inconnu fait peur, alors si on veut des conseils, mieux vaut regarder sur internet sur des blogs – comme le nôtre;) – ou rencontrer des personnes ayant déjà voyagé de la sorte, en bateau ou autre, sur les pontons ou ailleurs. Il faut se faire confiance !

Il y en des magnifiques citations liées au voyage mais celle-ci est toute appropriée : « Dans 20 ans, vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez. » (Mark Twain)

3 commentaires

  1. Merci pour votre article très complet!
    Nous sommes partis pour un tour de l’Atlantique en juillet dernier, nous sommes en Espagne (@vogamorgos).
    Et nous sommes ravis de tomber sur votre blog qui est une mine d’or pour nous!
    Bon courage pour le retour,
    Pauline & Kévin

    1. Merci beaucoup ! Bonnes navigations et bonne découverte de vos escales, on vous souhaite le meilleur pour votre périple !

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