On quitte l’eau douce pour l’eau salée : du Guatemala au Bélize !

Vue aérienne des îlots de Tom Owens Cays au Bélize.

Départ de Nanajuana sur le Rio Dulce, au Guatemala, cette marina où nous avons laissé notre voilier pendant 5 mois. Ça y est, le bateau est prêt, tout beau, tout neuf, il est temps de partir du pays pour aller découvrir d’autres horizons !

Sous un beau soleil, on largue les amarres de la marina, sans trop se presser car nous comptons dormir sur le fleuve. Mouiller de nuit devant Livingston n’est en effet guère confortable dans l’embouchure du Rio. On navigue au moteur sans encombre dans les méandres du fleuve. Comme nous sommes dans le sens du courant, le trajet se passe même plutôt rapidement, 4 h au total sur le Rio. Une nuit sur le lac Golfete et le lendemain, départ tôt le matin pour Livingston.

Mouillage sur le Rio Dulce, au Guatemala.
Nuit paisible sur le fleuve, sans vagues et sans vent…

On aperçoit la mer, enfin, Manwë va pouvoir retrouver l’eau salée:) On jette l’ancre devant la ville pour descendre remplir nos formalités de sortie. Ce sera un peu long, nous procédons sans agent par nous-mêmes. Ce n’est pas compliqué mais on en a un peu marre des allers et retours entre les bureaux, sous la chaleur écrasante du soleil !

Embouchure du Rio Dulce, au Guatemala, devant la ville de Livingston.
Embouchure du fleuve, on peut sentir la mer !

Et on va où après ?

Grande question… On a longuement hésité sur la route à suivre après le Guatemala. Notre objectif final est toujours d’atteindre le Panama, pour traverser le canal puis l’océan Pacifique. Au début, nous pensions naïvement avoir le temps d’aller au Bélize, à Cuba, aux îles Caymans et en Jamaïque. Euh, un peu ambitieux non ? Le timing aurait été très serré car on voudrait aussi profiter des San Blas au Panama, tout en espérant passer le canal en février prochain (sachant que nous sommes début décembre).

Après de nombreuses réflexions, on s’est dit, bon Cuba, si on veut en profiter, il faut vraiment y passer pas mal de temps. Le pays se visite surtout par la terre, les distances sont grandes entre les points d’intérêts. La clearance d’entrée sur place n’est pas donnée, la monnaie touristique non plus, et surtout il aurait fallu payer une place en marina et des logements à terre en même temps ! On a fini par renoncer, en se disant qu’on ira sans doute plus tard, mais par avion 😉

La Jamaïque, ça nous tentait bien, mais après avoir vu sur internet (Noonsite et autres) que ce n’est pas forcément sûr pour les touristes en ce moment, ça nous a refroidi. Pas envie de se mettre en danger et de stresser à chaque sortie à terre.

Les îles Caymans, eh bien, c’était avant d’apprendre que pour mouiller dans leur lagon, il faut avoir une cuve à eaux noires fonctionnelle et scellée ! Les agents montent à bord vérifier… Dans le cas contraire, il faut alors aller en marina (sacré budget je pense). Comme notre cuve ne fonctionne plus (on travaille dessus…), impossible de nous rendre sur ce petit archipel.

Il nous reste donc le Bélize, qui a l’avantage de se trouver très proche du Guatemala. Le seul souci là-bas, c’est le montant de la clearance, vraiment très chère. Alors on a décidé, comme beaucoup d’autres voiliers, d’y passer une semaine incognito, sans remplir les formalités officielles. Nous verrons bien:)

Quid des îles de la Baie ?

Ces trois îles, Útila, Roatán & Guanaja, appartiennent au Honduras et sont situées au nord du pays. Beaucoup de plaisanciers nous ont vanté leurs charmes : magnifiques fonds marins, végétation verdoyante et clearance quasi gratuite ! Le hic, c’est le Honduras lui-même, sa réputation n’est guère glorieuse en ce moment… Autant sur terre que le long des côtes (maudits pirates!). Les rapports sur Noonsite et sur les blogs ne donnent pas envie. Ok, il faut relativiser, ça n’arrive pas tous les 15 jours, mais ça me stresse pas mal. Les îles, elles, sont soi-disant sûres, mais les vols y sont encore bien d’actualité sur les bateaux au mouillage. Pour preuve, des amis à nous sur un catamaran se sont vus dépouillés de leur canne à pêche et bouteilles de plongées. Ce n’est que du matériel mais je n’avais pas envie de tenter l’expérience pour autant. Il y a tant d’autres lieux plus tranquilles !

Ce sera le Bélize et rien d’autre !

On quitte Livingston avec pour dernier obstacle la barre à passer, à 1,80 m de profondeur, qui se situe à l’embouchure du fleuve. On avait attendu la marée haute pour être sûr de nous, après tout, notre quille cale à 1,70 ! On serre les dents, le sondeur s’affole un peu mais en suivant le cap sur nos cartes, un voilier loin devant et la bouée indicatrice, on s’en sort sans toucher le fond. Nous voilà en route sur la mer !

Impossible de rejoindre le Bélize aujourd’hui, il est trop tard, mieux vaut arriver de jour avec les coraux environnants sur place. Ce sera donc une nuit au mouillage encore guatémaltèque, à l’abri de la pointe Punta de Manabique, pour se reposer après notre première navigation à la voile depuis un bon bout de temps.

Le Bélize, ça se présente comment ?

Ce petit pays d’Amérique centrale est bordé par la mer des Caraïbes et par une majestueuse barrière de corail qui s’étend du nord au sud de son rivage. On peut naviguer en voilier d’un côté comme de l’autre, mouiller à l’intérieur, sur des îlots (appelées « cays ») et dans des lagons. Nous n’avons pas prévu de nous rendre à terre, nous visons des îlots sur la barrière et des atolls à l’extérieur. A la fois pour être plus proche de notre route suivante, mais aussi pour ne pas se faire embêter car nous ne comptons pas faire de clearance d’entrée.

Pavillon bélizéen fait maison avant notre stop dans le pays.
Bon, au cas-où, on s’est quand même fabriquer un beau pavillon bélizéen, on a entendu dire qu’ils viendraient encore moins nous voir si on l’arborait dans les haubans ! Autant mettre toutes les chances de son côté !

Premier stop au Bélize : Tom Owens Cays

La journée se déroule au moteur, dans très peu de vent, ce qui reste agréable car les vagues sont très légères. On file vite, la couleur de l’eau se pare de bleu turquoise plus nous avançons vers les hauts fonds. Même par 12 m, on voit le fond et les patates de corail ! Bien sûr, on surveille attentivement la carte, il ne s’agirait pas de les abîmer, ni le bateau par ailleurs. Il paraît que le Bélize est très strict sur la protection des coraux (ce qui est super bien évidemment), malheur à celui qui en abîmerait avec son ancre…

Navigation au calme au Bélize.
Pas beaucoup de vent dans les parages…

Passage près de Seal Cay au Bélize.

Comment on arrive au mouillage ? Par l’ouest d’abord dans le lagon, en dépassant Seal Cay (photo ci-dessus) par le sud, cap au 75°. Au niveau de Tom Owens Cays, on prend au nord entre les deux îlots, plus exactement, entre West Cay et un haut-fond au milieu de la passe. 7,5 m sous la quille, c’est rassurant. On mouille d’ailleurs dans 8 m de fond. C’est vraiment magique d’arriver sur ces îles perdues au milieu de nulle part, dans un lagon aux eaux turquoises !

Île principale de Tom Owens Cays, au large du Bélize.

L’île principale est très jolie, avec ses cocotiers touffus. Les coraux sont tout aussi beaux sous l’eau, où on peut reconnaître nos poissons multicolores préférés !

Maison en forme de coquillage sur Tom Owens Cay au Bélize.
La particularité de Tom Owens, c’est la surprenante maison en forme de conque, construite en coquillages !

L’inconvénient de ces îles au ras de l’eau, c’est qu’elles ne sont guère protégées du vent. Quand il se met à souffler, on le sent tout de suite à bord. Les vagues se lèvent et les barrières de corail ne suffise pas à atténuer tout le clapot. C’est assez dérangeant au mouillage, on se met à rouler dans tous les sens !

Langoustes pêchées au Bélize, pour notre arrivée sur Tom Owens Cay.
Joli cadeau dès notre arrivée 🙂

Second stop : Ranguana Cay au nord

2h de moteur pour atteindre la petite île de Ranguana au nord de Tom Owens Cays (cap au 30°). Eh oui, pas trop de vent le matin ces jours-ci mais c’est mieux de naviguer sur ces faibles profondeurs en milieu de journée. On repasse entre les deux îlots pour sortir du mini-lagon De Tom Owens, mais pas besoin de sortir au-delà des barrières de corail non loin.

Comment on arrive au mouillage ? L’approche se fait par le sud sur Ranguana Cay, attention cependant, Navionics est décalé vers l’est d’une cinquantaine de mètres environ ici ! Ouf, pas de mal, mais je pense qu’on a failli frôler un corail. On aperçoit trois bouées non loin de l’île. Tiens, elles sont peut-être gratuites ? Voire même obligatoire pour ne pas endommager les fonds ? On tente le coup et on choisit de s’amarrer sur l’une d’elles. On verra bien !

Sans annexe gonflée, il faut débarquer en paddle sur la jolie plage de sable blanc. L’eau est transparente, les nuances de bleu sont magnifiques. On croise quelques touristes venus profiter de la paix des lieux et tenter d’attraper du poisson. C’est d’ailleurs l’activité principale par ici !

Manwë au mouillage non loin de Ranguana Cay, au Bélize.
On est pas bien, là, seuls au mouillage ?
Damien faisant le tour de l'îlot de Ranguana Cay au Bélize.
Damien fait le tour du minuscule îlot (c’est vite fait^^).
Île de Ranguana Cay au Bélize.
Le charme opère, ça donne envie de juste se poser avec un cocktail sur un transat…

Le petit îlot perdu de Ranguana Cay au Bélize.

Oups, mauvaise surprise, les locaux qui tiennent le petit bar de l’île nous disent que rester sur bouée, c’est payant. Et c’est 20$US la nuit ! Euh, on ne savait pas, hein ? Ils sont sympas, ne nous font pas payer la première nuit tant qu’on mouille à côté, en dehors des coraux bien sûr. Sous réserve de venir prendre un cocktail, pas très gênant:)

Nos rapports avec les Bélizéens (peu nombreux certes) ont tous été très agréables par ailleurs, sur les quelques stops que nous aurons fait dans le pays. On s’est senti bien accueilli, tous les locaux étaient très gentils, on sentait qu’ils avaient envie de discuter. En même temps, quand tu dois travailler plusieurs semaines d’affilée sur quelques dizaines de m², ça se comprend…^^

Troisième et dernier stop : Glover’s Reef et Southwest Cay Island

Départ pour Glover’s Reef au nord-est, un grand lagon entouré d’une barrière de corail. Pas de wifi sur Ranguana Cay, on doit se fier à nos vieux gribs. Il faut partir le plus tôt possible pour espérer arriver encore de jour sur Glover’s et voir encore le fond de l’eau. Pas évident car on est au près, on doit tirer des bords et les vagues nous ralentissent. Ça devient un peu une course contre la montre…

On s’aide de temps à autre du moteur pour avancer mais Manwë ne nous lâche pas, on arrive dans l’après-midi en vue des premiers récifs. Pas de souci pour entrer dans le lagon, Navionics est très précise sur ce lieu. On choisit de s’arrêter au sud ouest de Southwest Cay, le mouillage ne tient pas très bien (beaucoup d’herbe au fond) mais on est protégé du vent.

Les deux îles proches de nous ont moins de charme que les minuscules îlots que nous avons déjà pu voir. L’avantage, c’est qu’on trouve du wifi dans le bar du resort ! L’une des îles abrite en effet des bungalows, un bar et un restaurant. Le complexe n’est pas bien grand mais bien entretenu, abritant Américains et Canadiens venus voir le soleil avant les longs mois d’hiver. Ici, comme sur Ranguana, les tarifs sont principalement en dollars US, même si le Bélize a ses propres dollars. Plus pratique sans doute pour les touristes, mais les prix sont chers (eh oui, on est sur des îlots perdus après tout!).

Bar au Bélize, sur Glover's Reef.

Le mouillage est payant d’ailleurs à Glover’s Reef, une barque nous accostera le lendemain. C’est 5$US par personne et par nuit. Bon, ça ira car ils ne viendront nous voir qu’une fois en 4 jours;)

Une semaine au Bélize, ça n’est sans doute pas suffisant pour profiter de tous les attraits des lieux (c’est normalement un paradis pour les plongées en bouteille par exemple) mais nous avons hâte d’arriver au Panama. Surtout de pouvoir y préparer la suite car ce sera notre dernière étape de ce côté de l’Amérique ! On télécharge au dernier moment les gribs météo et on hisse les voiles à l’aurore pour une navigation (de tous les dangers) vers l’est et vers le sud.

Ne manquez pas notre article « 7 jours en mer entre le Bélize et le Panama » où on vous raconte notre périple sur l’eau, qui ne fera pas partie de nos meilleurs souvenirs…

4 commentaires

  1. Nous sommes le couple du VAR que vous avez rencontré à Staniel Cay dans les Bahamas lorsque nous étions sur un Yacht d’amis et nous voudrions vous écrire de Thaïlande avec des photos mais cela ne fonctionne pas sur votre site. Pouvez vous nous donner ou nous redonner une adresse électronique ???? A bientôt Jacques et Evelyne Legrand
    arabans@sfr.fr ou jelb83@sfr.fr

  2. Bonjour à tous les deux.
    Un grand bravo à double titre,
    Avant tout pour l’extraordinaire aventure que vous avez le courage de vivre,
    et ensuite, pour nous faire partager aussi généreusement votre périple et nous apprendre plein de choses.
    Pour nous qui souhaitons mettre les voiles d’ici quelques années, c’est trés enrichissant
    Encore bravo et bon vent
    Thierry

    1. Bonjour ! Merci beaucoup, ce genre de message nous fait toujours très plaisir, merci de nous suivre 🙂 On espère vous partager encore plein de choses en 2019, et peut-être vous motiver à partir 😉

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