Est-ce qu’on se sent en sécurité… à Saint Vincent et les Grenadines ?

Manwë fièrement amarré à Wallilabou Bay sur l'île de Saint Vincent.

Cet article regroupe les ressentis et les rumeurs que nous avons entendus une fois sur place. Il n’est pas destiné à faire peur mais permet de prendre connaissance de l’ambiance des lieux et donc d’agir ensuite avec précaution et sérénité. Évidemment, tout est surtout une question de bon sens, comme n’importe où dans le monde, même en France.

Certains endroits sont à éviter tard le soir par exemple. Ou il est de bon ton de ne pas se promener dans certaines villes avec autour du cou bijoux, appareils photo dernier cri et autres objets ostentatoires.

Nous parlons ici seulement des endroits que nous avons nous-même visités ou des événements que nous avons nous-même vécus.

Note : Les Grenadines sont un archipel des Petites Antilles. D’un côté, au sud, il y a l’État indépendant de Grenade, qui comprend les îles de Grenade, Carriacou et Petite Martinique (et les îlots entre ces îles). De l’autre côté, au nord, c’est l’État de Saint Vincent, dit Saint Vincent et les Grenadines, qui comprend la grande île de Saint Vincent et toutes les autres de Bequia à Petit Saint Vincent.

On avait entendu pas mal de choses avant d’arriver dans l’archipel des Grenadines, soit sur des blogs et des forums, soit dans des guides et livres de voile qu’on a à bord. Par exemple, que les locaux viennent t’embêter dès que tu arrives au mouillage pour te vendre tout et n’importe quoi – on les appelle les boysboat. Que sur l’île de Saint Vincent, ça craint, etc.

 

Boysboat dans les mouillages

 

Aux abords des mouillages, des locaux peuvent en effet s’approcher du bateau pour diverses raisons, dans des canots à moteur, à rames ou même sur des paddles. Leurs barques sont toujours joliment décorées, avec un nom en anglais jouant sur les mots et toujours amusant.

Ces boysboat peuvent s’approcher pour souhaiter la bienvenue et proposer leur aide au mouillage ou pour vendre des produits locaux : fruits, poissons, tee-shirts, chapeau en feuilles de palmier, etc. En général, ils ne sont pas bien méchants, un peu insistants peut-être. Mais si on n’a pas envie ou besoin de leurs services, si on refuse plusieurs fois poliment mais fermement, ils ne resteront pas.

On s’y attendait donc, déjà plus ou moins prévenus. En fait, on a même trouvé qu’il y en avait moins que ce qu’on pensait. On ne se fait pas embêter tant que ça finalement. Sauf interdiction, on préfère toujours mouiller sur notre ancre que prendre une bouée. Les boysboat arrivent généralement à pleine vitesse dès qu’on entre dans une zone de mouillage, c’était notamment le cas à Union Island ou aux Tobago Cays, pour te proposer de t’aider à prendre une bouée. Comme on refusait, précisant dans un anglais plus ou moins bien compris qu’on allait se mettre sur ancre, ils n’insistaient pas bien longtemps.

Pour ceux qui vendent leurs fruits ou autres, c’est parfois plus compliqué de dire non. Sans en avoir besoin, on finit souvent par céder sur l’insistance de certains locaux, comme à Saint Vincent notamment. Le pauvre gars coulait à moitié sur son paddle bien abîmé, tu n’as pas le cœur à le laisser repartir sans lui acheter quelques fruits, sachant que de toute manière, tu vas en avoir besoin tôt ou tard.

Enfin, certains boysboat viennent nous voir à bord pour mentionner un événement, comme un barbecue sur la plage. On n’avait pas encore posé l’ancre qu’un boysboat nous a proposé ça aux Tobago Cays, en criant depuis sa barque et en tournant autour du bateau ! On s’est renseigné plus tard via l’équipage de Villekulla, qui était avec nous au mouillage. Le barbecue en soi avait coûté par personne la somme de 100$EC, soit 30€ environ. On n’y a pas été, pas trop de budget à ce moment là pour ça !

Évidemment, tous les services proposés par les boysboat ne sont pas gratuits. D’ailleurs, parfois tu te demandes jusqu’où ça va, s’ils te feront payer même si tu demandes juste un conseil, un renseignement à terre pour une direction à prendre, etc. Ils en profitent et ont compris qu’ils n’avaient rien à perdre à demander toujours quelque chose en échange.

Après tout, le tourisme constitue leur principale source de revenus et les allers et retours des plaisanciers un de leur gagne-pain près de leurs côtes. Il faut se mettre à leur place, ils tentent d’arrondir leur fin de mois, j’imagine assez difficiles dans ces îles livrées à elles-mêmes. Et avec nos beaux bateaux blancs, difficile de ne pas considérés comme riches en comparaison avec leur mode de vie, près à utiliser notre portefeuille à tout bout de champ.

Ça ne nous dérange pas tant que ça de payer pour quelque chose, comme les fruits et légumes par exemple, ça paraît normal. Surtout si la personne s’est donné du mal pour atteindre notre voilier. Mais comme on ne sait plus si on va devoir mettre la main aux porte-monnaies dès qu’on s’adresse à un local, ça a tendance à créer un climat étrange, peu propice aux discussions juste normales et aux échanges.

 

Et pour les vols ou les éventuelles agressions ?

 

On n’a personnellement eu aucun souci dans tout l’archipel des Grenadines, après y avoir passé presque 3 semaines en tout. On a entendu parler d’un vol d’annexe sur l’île de Mayreau, quand nous, nous étions sur Union Island au sud. Depuis que nous sommes dans les Antilles, pour ne tenter personne, on la remonte le soir sur le portique ou au minimum, on la cadenasse au bateau. A part ça, nous n’avons rien ni vu ni entendu pendant notre séjour ici.

 

Le cas particulier de Saint Vincent

 

Ah, Saint Vincent ! L’île principale des Grenadines, la plus grande et la plus verdoyante, a plutôt mauvaise réputation. Il y a déjà eu des accidents graves là-bas, ça, nous le savions en regardant sur internet. Beaucoup de plaisanciers croisés en chemin au sud des Grenadines nous déconseillaient d’y aller.

On hésitait donc à y faire une halte mais on a finalement opté pour un stop à Wallillabou Bay sur la côte ouest de Saint Vincent. Les boysboats sont évidemment présents et plutôt insistants par ici, peu habitués à voir du monde passer (lien vers article Saint Vincent). Nous ne serons pas seuls non plus au mouillage finalement, rejoints par d’autres plaisanciers et même par des charters. On aura également aperçu quelques mâts dans les baies voisines, rien en comparaison avec les autres îles par contre.

Un catamaran ancré ici depuis son arrivée de la transatlantique en décembre dernier, nous a dit qu’il n’avait eu aucun problème. Les locaux ont de toute façon tout intérêt à éviter d’embêter les voiliers, s’ils veulent qu’ils reviennent ici un jour, pour participer au tourisme et à l’économie locale. L’île paraît si inaccessible avec sa végétation quasi intacte.

Au final, notre ressenti sur Wallillabou Bay reste quand même plutôt positif. Déjà nous n’y avons passé qu’une journée et une nuit, c’est très peu représentatif. Damien et mon frère ont même adoré, moi je suis plus restée sur mes gardes. La faute à internet, je voyais un peu le mal partout. Les locaux semblent pourtant bien gentils, ils tiennent à leur île et on sent qu’ils ont envie d’en parler.

Quand à l’île en elle-même, elle est très belle ! Depuis la côte (apparemment, d’après nos amis de Saturnin, le mouillage de Chateaubelair plus au nord serait époustouflant) mais sans doute aussi à terre, tellement la nature est restée reine ici. Saint Vincent mérite d’être considérée comme une escale à part entière dans l’arc antillais, pour l’admirer et pour aider sa population à sortir d’une certaine misère. Mais en même temps, n’est-ce pas mieux qu’elle reste en dehors des sentiers battus, pour justement que sa végétation et ses trésors restent vierges, sauvages et préservés ?

2 commentaires

  1. Bravo ! J’ai passé la soirée à lire votre blog. Je prépare un voyage de deux semaines dans les Caraïbes en février 2020 et j’y ai trouvé plein d’informations.
    Merci
    Gérard

    1. Merci de nous lire ! Profitez bien de votre croisière dans les Caraïbes, c’est top !
      Damien et Anaïs

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