Préparation du voyage : changement du gréement dormant avant de partir

Notre Oceanis 390 Manwë sans son mât

Pour partir autour du monde ou même pour un tour de l’Atlantique, il nous fallait changer d’assurance. En effet, celle prise lors de l’achat du bateau nous couvrait seulement sur la zone Europe (jusqu’aux Açores et Canaries). Notre recherche a débouché sur la même réponse à chaque fois : « il faut changer votre gréement dormant (les câbles qui tiennent le mât : haubans, pataras et étai), car celui-ci a plus de 10 ans. » En effet, le nôtre avait 16 ans, mais bon c’est quelque chose que l’on redoutait vis à vis du prix de l’opération ! On espérait trouver une assurance qui accepterait notre situation, car pour moi je trouvais les risques assez minimes.

Il a donc fallu se rendre à l’évidence et Eric Varin de la Voilerie Granvillaise, un ami de mes parents, a réussi à nous convaincre que changer le gréement dormant était la voie de la sécurité, pour une croisière-tour du monde. C’est donc au chantier Russo Yatching basé à La Seyne-sur-Mer que nous avons effectué cette opération avec une équipe très professionnelle et très sympathique. Nous recommandons vivement ce chantier !

Ces travaux ont retardé notre départ pour les Baléares d’une semaine et nous a contraint la rade de Toulon. Mais c’était pour la bonne cause et ça nous aura permis de voir les parents d’Anaïs avant de partir, descendus de Normandie pour l’occasion.

 

Démâtage

 

La première étape est le démâtage du bateau. Il faut préalablement détacher tout ce qui relie le mât au pont, à savoir sortir les drisses des taquets, démonter la bôme et la grand voile (nous avons laissé celle-ci sur la bôme pour minimiser le temps de travail). Déconnecter les câbles électriques qui passent à travers le pont et montent dans le mât. Et enfin détacher les haubans, pataras et étai une fois que le mât est maintenu par la grue. Vient enfin le moment de soulever ce poteau d’une vingtaine de mètres, c’est toujours impressionnant et le bateau a une drôle de tête sans le mât qui en fait un voilier.

 

On range le génois pour démonter l'étai

Démontage de la bôme et de la grand voile

Préparation du bateau : rangement du génois et retrait de la bôme

Nous avons fait le plus de boulot par nous-même sur cette étape pour réduire la facture de main d’œuvre.

Le mât est préparé à être grutté

Le mât est tout bien rangé !

Fixation du palan de la grue en haut du mât

 

Changement des câbles

 

Ensuite, on laisse faire les pros pour changer tous les câbles qui servent à maintenir le mât en place sur le bateau. On opte pour un gréement dormant en monotoron (le câble de type standard mais tout à fait acceptable) et un étai en Dyform (qui est une gamme légèrement supérieure mais surtout qui résistera mieux à la torsion que peut engendrer l’enrouleur de génois).

Lors de cette étape, le mât est dans le hangar du chantier, ce qui nous laisse la possibilité de travailler dessus si besoin. En effet, c’est plus simple de cette façon pour bricoler ou changer des ampoules que de monter en haut du mât. Néanmoins, on aurait pu penser à optimiser la fixation des câbles électriques qui courent dans le mât, pour qu’ils ne battent plus lorsque le bateau roule. Par exemple, bien les rassembler à l’intérieur de la gaine. Hélas, il reste un câble à l’extérieur de cette fameuse gaine, qui cogne et empêche Anaïs de dormir dans certains mouillages, ce bruit étant particulièrement énervant.

 

Remâtage et réglage du gréement

 

Une fois les nouveaux câbles installés, on peut remâter avec la grue, réinstaller les haubans, étai et pataras, et puis tout ce qui avait été détaché. Les professionnels règlent la tension dans les haubans à l’aide d’un tensiomètre et ils nous laisseront finir de tout ranger et installer dans un souci d’économie de main d’œuvre.

Le mât de Manwë se retrouve par terre Soulèvement du mât au chantier de la Seyne-sur-Mer

Nous voila donc près à naviguer à travers toutes les mers du globe avec le gréement dormant tout neuf !

Nous avions réservé cette opération quinze jours avant auprès du chantier et elle nous aura pris une petite semaine avec un week-end au milieu. Il leur a fallu commander une pièce qu’ils n’avaient plus. Nous avons pu rester pendant ce temps sur notre bateau au ponton du chantier qui avait l’eau mais pas l’électricité. Le centre-ville de La Seyne-sur-Mer est à une quinzaine de minutes à pied et le chantier est à proximité immédiate d’un shipchandler.

Le changement du gréement dormant sur Manwë nous aura coûté 2970€ avec en plus 1570€ de main d’œuvre, grutage et place au quai pour 8 jours.

1 commentaire

  1. C’est une jolie somme, mais je voyais ça beaucoup beaucoup plus cher en fait. Surtout si en plus ça permet de travailler sur et dans le mat, c’est une bonne opération.

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