Comment prépare-t-on nos navigations et escales à l’avance ?

Navigation jusqu'à l'île de Tenerife.

Une navigation, ça s’anticipe. On ne se lance généralement pas sur un coup de tête en pleine mer, sans but. Sauf pour naviguer juste pour le plaisir (et encore), sortir son voilier du port ou du mouillage, tirer des bords et revenir le soir. Mais ce n’est pas notre sujet. Ici, on parle de navigation pour rallier un point A à un point B. Comment la préparer ?

Mais aussi, très important, comment connaître l’escale à venir, le mouillage d’arrivée ? Car le point B, notre point de chute, on le détermine sur la carte avant le départ. Seulement, on ne l’a encore jamais expérimenté en vrai.

Commençons par ce dernier sujet, car c’est en principe la première chose à laquelle on s’intéresse avant de penser à bouger.

 

Comment détermine-t-on son futur mouillage pour une escale donnée (île ou pays) ?

 

Les conditions générales de vent et houle dominantes, suivant la saison, favorisent une côte. Pour une île, c’est en général sous son vent. Nous y trouvons alors des abris plus abrités et moins venteux. En revanche, la côte au vent s’avère souvent moins fréquentée mais peut offrir des paysages bien différents. Si une baie bien encaissée ou une barrière de corail permet de se protéger, il peut être agréable d’y passer du temps, hors des sentiers battus.

L’orientation du mouillage, et son ouverture sur l’extérieur, donne un bon indice sur l’état de la mer une fois ancré. Sur Manwë, nous préférons toujours trouver un mouillage paisible pour pouvoir bien dormir. Il faut dire que nous avons le sommeil plutôt léger à bord…

Ensuite, on regarde sur la cartographie si un ou plusieurs emplacements semblent correspondre à nos critères : je préfère mouiller dans une profondeur inférieure à 15 m – il nous est arrivé de plonger l’ancre dans 20 m d’eau mais ça ne m’enchante guère –, et s’il y a suffisamment de place pour tourner autour de notre ancre sans problème (voiliers, rochers ou falaises trop proches).

Enfin, le climat rencontré une fois sur place nous confirme si le mouillage sélectionné était le bon ou s’il faut se replier sur un plan B. Si l’on a pas d’autres solutions, on se résigne alors à mal dormir!

Si tout cela ne vous suffit pas ou si vous souhaitez avoir plus d’informations sur les mouillages, les livres de navigation et guides nautiques sont en général vraiment bien faits.

Vous pouvez également tout simplement regarder sur des sites internet tels que sea-seek (pour des informations sur les mouillages) ou noonsite (très bien pour les démarches administratives notamment, pour les clearances).

Vous récolterez sans doute aussi une multitude de guides de navigation en PDF lors de vos rencontres dans les mouillages. Ce sont souvent des vieux voire très vieux bouquins ! Certains s’avèrent très utiles mais s’ils sont anciens. Vous pouvez également acheter les livres papiers. C’est un réel plaisir de naviguer en suivant un vrai livre ! C’est pratique à sortir dans le cockpit et ils sont souvent plus denses en informations et témoignages sur les destinations.

Voici un aperçu des guides qui ont une bonne réputation ou que nous avons nous-mêmes utilisés :

Méditerranée :

  • Îles Baléares – Pilote Côtier
  • Baléares (Minorque – Majorque – Ibiza – Formentera) – Guide Imray
  • Espagne – Portugal – De El Ferrol à Gibraltar – Guide Imray

Atlantique Est :

  • Îles de l’Atlantique (Açores – Madère – Canaries – Cap Vert) – Guide Imray
  • PDF Sea-seek Ebook Sailing guide – Canarias (téléchargé du site sea-seek (lien))

Antilles :

  • Cruising guide to Trinidad and Tobago de Chris Doyle et Jeff Fisher
  • Guide des Antilles – Croisière & Tourisme de Jacques Patuelli
  • Antilles – Martinique à Grenade – Pilote Côtier

Bahamas :

  • The Exuma Guide – A Cruising Guide to the Exuma Cays de Stephen J. Pavlidis
  • Les cartes Bahamas – MAPTECH ChartKit

Amérique Centrale :

  • The cruising guide to the Northwest Caribean de Nigel Calder
  • Cruising Guide to Belize and Mexico’s Caribbean Coast including Guatemala’s Rio Dulce de Freya Rauscher
  • The Panama Cruising Guide de Eric Bauhaus

Pacifique :

  • Landfalls of Paradise – Cruising guide to the Pacific Islands de Earl R.Hinz
  • The Pacific Crossing Guide de Michael Pocock
  • Charlie’s Chart Of Polynesia de Charles et Margo Wood
  • PDF The Tuamotu Compendium
  • PDF The Marquesas Compendium
  • PDF The Societies Compendium

 

Préparation de la navigation pour s’y rendre, dans ce fameux mouillage

 

La cartographie

 

Notre première et principale source d’informations, ce sont les cartes sur OpenCPN. Celles que tout le monde considère comme gratuites, c’est-à-dire les CM93 datant de 2012, très facilement trouvables sur internet en libre téléchargement. Certes, elles ne sont plus mises à jour. Il peut donc y avoir quelques surprises mais cela reste rare et concerne surtout le balisage, par exemple les chenaux. Les fonds marins et donc les profondeurs changent très peu !

Ces cartes sont en général bien détaillées et suffisantes pour naviguer. On peut néanmoins trouver certaines zones avec peu d’informations sur la profondeur. Dans ce cas, mieux vaut utiliser un autre support, comme d’autres logiciels de navigation. Navionics est le plus souvent rencontré. Les cartes vectorielles, plus ou moins bien détaillées suivant les zones, sont par contre payantes.

Il reste également la cartographie satellite. Je me suis beaucoup mis à l’utiliser une fois en Polynésie française. L’eau y est si transparente qu’on arrive à bien distinguer sur les photographies satellites s’il y a ou non des patates de corail affleurantes. Des logiciels permettent de télécharger les images satellites de Google, à l’échelle souhaitée, pour ensuite les appliquer sur OpenCPN. Dans les zones où elles sont utilisées, vous pourrez facilement les trouver juste en échangeant avec les autres plaisanciers !

 

La météorologie

 

Avant de partir, on se renseigne sur la météo. Elle conditionne la sécurité de la navigation, le choix de la route à suivre et valide le départ ou non !

On peut télécharger des gribs, regarder sur internet ou encore écouter des bulletins météo sur la VHF ou la radio.

 

Le routage

 

Une fois la cartographie et la météo analysée, on peut prévoir notre route. Alors, qu’on le fasse juste à la va-vite ou qu’on lance un calcul sur l’ordinateur, ça ne change pas le fait que c’est du routage. Pour plus d’informations sur le routage assisté par le logiciel OpenCPN sur ordinateur ou l’application Sailgrib sur smartphone, rendez vous sur notre article dédié !

 

Finalement, qu’est-ce qui motive nos trajets ? Comment choisit-on nos destinations ?

 

On se laisse souvent guider par nos envies et nos rêves. En 2018, nous avions décidé de pousser notre route jusqu’aux Bahamas en allant vers le Guatemala, car c’était un des rêves d’Anaïs d’aller chercher des trésors de pirates dans ces eaux cristallines !

Sinon, c’est au fil des lectures de blogs ou de guides nautiques qu’on décide de partir par ici ou par là. Notre voyage dépend également des zones potentiellement dangereuses sur la planète (problèmes de piraterie par exemple), des saisons cycloniques ou tout simplement des océans et mers réputés ardus à traverser.

Voici quelques livres et liens utiles sur internet, pour déterminer son trajet, se renseigner sur les saisons propices à la navigation ou encore trouver des informations récentes sur les clearance (formalités d’entrée et visa dans les pays) :

  • Voyages de Grande Croisière de Jimmy Cornell
  • Routes de Grande Croisière de Jimmy Cornell
  • Atlas des océans de Jimmy Cornell

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