Budget d’un voyage en voilier, escales en Atlantique

Notre bateau au mouillage aux Grenadines, à Béquia.

On vous décrit ici nos dépenses mensuelles depuis que nous sommes partis vivre et voyager sur notre voilier. On quitte bientôt le côté Atlantique, il est donc temps d’établir un petit bilan financier !

Nous sommes partis du sud de la France mi-juillet 2017, sur notre bateau Manwë. Aujourd’hui, nous sommes arrivés au Panama, en partance pour l’autre côté, pour le Pacifique et ses archipels polynésiens. Pour le moment, cela fait donc un an et demi que nous avons largué les amarres !

Pour plus d’informations sur la liste de nos escales en Méditerranée, en Atlantique et aux Caraïbes, aller voir notre page Notre Odyssée !

On vous parle donc argent ici, sujet parfois caché mais utile à connaître pour se lancer dans ce genre d’aventure !

Avant le départ à proprement dit

Il y a un début à tout, et le début d’un voyage en voilier, eh bien, c’est de l’acheter ce fameux voilier…

On voulait investir sans avoir à faire de crédit, pour éviter d’avoir un prêt à rembourser par la suite. En plus de cela, on voulait être autonome pendant au moins les deux premières années de notre périple, avant de devoir travailler pour remplir à nouveau la caisse de bord. Ça se prépare ses envies bien sûr, afin de mettre suffisamment d’économies de côté, nous avons travaillé chacun en tant qu’ingénieur pendant environ 4 ans.

Ce projet de partir en voilier pour l’autre bout du monde, on l’avait en tête à deux depuis quasiment le début de nos boulots. On savait donc que si on restait (très) raisonnable à terre, en terme de sorties, dépenses extra et même vie quotidienne – sans vivre une vie de moine non plus 🙂 – c’était pour la bonne cause. Pas évident à gérer tous les jours, tant que le projet ne devient pas concret, mais une fois partis, on était bien content d’avoir de nombreux jours devant nous en tant que vraies vacances !

Une fois en voyage, on essaye toujours de contrôler nos dépenses, pour trouver un bon compromis entre le fait de profiter des différentes escales et l’envie que notre périple dure aussi le plus longtemps possible (sans avoir à se stopper prématurément par manque de ressource financière). On se fait donc plaisir, de temps en temps un petit restaurant ou verre au bar, une sortie loisir comme des visites, une location de voiture pour aller plus loin dans les terres, etc. Mais on reste bien raisonnable et ça dépend aussi beaucoup de la destination dans laquelle nous sommes. Le niveau de vies des îles et pays que nous avons visité jusqu’ici ne se valent pas, plus facile d’aller boire une simple bière au Mexique qu’aux Bahamas !

De toute manière, en bateau, ce ne sont pas les dépenses perso qui prennent le plus d’importance, c’est pour le voilier lui-même ! C’est lui le grand chanceux;) Entre l’entretien usuel, les réparations inattendues, le remplissage du gasoil, les éventuelles places de port, l’assurance, les montants grimpent vite et c’est surtout ce budget qu’il faut pouvoir anticiper.

Tout d’abord, il faut savoir que nous avons acheté notre bateau fin 2015 : un Océanis 390 chantier BENETEAU, année 1989, pour 48000 €. Le prix d’un voilier, ça dépend de beaucoup de paramètres, marque, taille, âge, état, type d’appareils et d’installations à bord, etc. En voyage, nous avons croisé vraiment tout type de budget d’achat chez les plaisanciers, allant de 5000 € à plusieurs centaines de milliers !

Avant de partir, nous avons aussi dépensé environ 18000 €, pour des travaux et équipements type « préparation tour du monde ». C’est-à-dire le changement de certains matériels électroniques à bord, l’achat d’une nouvelle ancre, d’un téléphone satellite Iridium 9555, le changement du gréement (pas le choix pour l’assurance), l’installation d’un dessalinisateur, un génois neuf et une trinquette sur emmagasineur.

Damien a aussi effectué un stage de formation pour moteur diesel avant notre départ, pour 300 €.

Moyenne par mois et par domaine de dépenses

Voici maintenant en détails ce que nous dépensons par mois en moyenne, pour deux personnes, depuis que nous avons commencé notre voyage.

• Bateau usuel : 225 €

Le nerf de la guerre… Ici, on prend en compte tout ce qui touche au bateau dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire l’entretien courant (accastillage, menues réparations, usures normales), les pleins de gasoil, essence et eau, le remplissage du gaz et le téléphone satellite. Pour ce dernier, on avait acheté un Iridium 9555 pour la transatlantique, que nous avons revendu aux Antilles. On a ensuite de investi dans un Iridium Go, pour la transpacifique, en espérant pouvoir le revendre en Polynésie.

On n’a pas inclus ici les gros travaux, les imprévus, deux qui arrivent alors qu’on ne s’y attendait (vraiment) pas. Mais on vous en parle plus en détails à la fin de cet article !

• Avitaillement : 245 €

Il faut bien se nourrir, difficile de passer à côté de l’activité courses ! Comme pour tous les budgets quasiment, ça dépend évidemment beaucoup de l’escale où on se trouve. On arpente donc de temps en temps les supermarchés, plus souvent les marchés pour les produits locaux. Le mieux est de pouvoir pêcher son propre poisson, en plus d’être fier de sa prise et d’avoir de la nourriture pour plusieurs repas, ce n’est pas cher;)

• Clearances (immigration, douanes, permis de navigation) : 60 €

Étape obligatoire du voyage en voilier, les clearances d’entrée et de sortie à effectuer à chaque escale. Non seulement ça prend un peu de temps, mais en plus, ça peut vite coûter cher ! Aux Antilles, c’est raisonnable, une petite vingtaine d’euros par île en moyenne. Pour les Grandes Antilles et l’Amérique centrale, ça monte rapidement, environ 250 € à chaque fois ! On réfléchit plus sur le nombre de destinations à visiter…

• Assurance : 190 €

On a changé d’assurance au milieu du voyage, au début, nous avions une assurance tout risque, chez Transmer Assurance, pour 2500€ environ par an. Ensuite, nous avons du changer de contrat et d’assurance, on a finalement trouvé une assurance au tiers, chez Panteanus, pour 500 € par an. Ajouté à cela notre assurance santé personnelle, 500 € par an pour deux personnes.

• Ports, bouées, réserves naturelles : 90 €

On évite au maximum les ports et les marinas, on préfère toujours rester au mouillage. Mais parfois, le mouillage lui-même est payant, si c’est un parc protégé, ou alors les bouées sont obligatoires dans la zone. Le montant indiqué par mois comprend aussi notre longue escale dans une marina du Rio Dulce, au Guatemala, pour la saison cyclonique. Nous y avons passé 5 mois avec notre bateau, pour un montant total d’environ 1110 €. Ceux qui continuent de naviguer pendant cette période économisent forcément cette partie ! Sans cette escale guatémaltèque, cela reviendrait à 28,11 € par mois.

• Restaurants, snacks et bars : 155 €

Ah les petits plaisirs… C’est un peu le plus frustrant, j’adore personnellement aller manger dehors ! Mais il faut bien se résigner, ça peut vite revenir très cher. Là encore, tout dépend du pays qu’on visite mais c’est un coût non négligeable, sachant qu’on peut tout à fait cuisiner ce que l’on veut à bord. On craque donc de temps en temps, avec modération. Au final, on se rend surtout dans les bars pour trouver du wifi, moyennant une petite bière:)

• Activités extérieures: 240 €

C’est aussi un budget où on peut facilement se permettre d’économiser. Disons qu’il faut trouver le bon compromis entre profiter au maximum de l’escale visitée (sinon ça ne sert pas à grand-chose non plus) et rester en ermite sur son bateau sans débarquer un pied à terre.
Certains lieux se visitent plus à terre : randonnées, musées, ruines incontournables, comme les îles Canaries par exemple, ou le Mexique et le Guatemala. Sans oublier les distilleries et les achats de rhum aux Antilles:)

Mais il reste tout de même de nombreux endroits, surtout sur les petites îles, où tout peut se faire depuis le bateau. Heureusement d’ailleurs, on peut alors facilement s’adonner à des divertissements purement gratuits, snorkeling, trajet en annexe pour rejoindre des jolies plages, kitesurf, surf, etc. A condition là-aussi d’avoir le matériel par contre ! Ce budget rassemble donc aussi tous les équipements « sportifs », liés à des activités extérieures (merci Décathlon pour ne citer qu’eux!:)) que nous avons ramené à bord. Un investissement plutôt important, quant on songe au kitesurf, au surf, au paddle, etc. mais qui en vaut la peine une fois sur les spots propices. Ça revient ensuite beaucoup moins cher que de (re)prendre des cours locaux ou de louer !

Il y a seulement pour la plongée où nous n’avons pas (encore) investi dans le matériel. Pas vraiment de place à bord de Manwë pour ça. Alors on s’est offert 5 plongées bouteilles aux Antilles, guère plus car c’est un sacré budget. En attendant aussi la Polynésie pour profiter !

• Transports : 80 €

Ce montant comprend les locations de voitures et autres moyens de locomotions (scooters, vélos), les bus et les taxis. Soit pour des visites, soit pour pouvoir aller chercher des pièces pour le bateau ou pour un avitaillement plus rapide. D’autre part, nous sommes rentrés en France pendant deux mois pendant la saison cyclonique, pour 1680 € de billets d’avion aller/retour pour deux personnes. Ce n’est pas inclus dans le budget mensuel pour plus de clarté, comme ce n’est pas forcément une dépense habituelle du voyage.

• Internet et téléphone : 15 €

Nous avons gardé des forfaits français sur nos téléphones, au cas où, mais les moins chers possibles. Je suis chez Free avec un forfait à 2€ par mois et Damien est chez SFR avec un forfait à 4,99€ par mois. En dehors de ça, nous avons acheté dans certaines destinations des cartes SIM locales et consommé un peu de hors forfait pour des appels importants (ça peut aller très vite !).

• Hôtels et logements : 15 €

On a parfois (mais quand même rarement) dormi à terre, en louant un Airbnb, une chambre chez l’habitant ou une chambre d’hôtel. Principalement lors de nos séjours à travers le Guatemala et le Mexique, quand notre voilier était resté en marina sur le Rio Dulce au Guatemala.

• Médecin & pharmacie : 22 €

On ne peut parfois pas y couper malheureusement. Généralistes ou spécialistes, on a du en consulter quelques-uns aux Antilles françaises, pour deux trois problèmes sans gravité. Mais les dépenses peuvent vite monter en pharmacie quand on n’a plus de mutuelle !

• Vêtements, souvenirs, produits de beauté : 35 €

Là aussi, ce sont des extra, on a toujours envie de ramener un petit quelque chose en souvenir. Question produits de beauté, j’ai refait des gros stocks dans les Antilles françaises, et c’est surtout la crème solaire qui en prend une grosse part…

• Lessive : 12 €

Même si on se motive à laver le plus souvent possible les vêtements légers sur le bateau, avec un mix eau salée, eau douce et savon de Marseille, c’est beaucoup plus difficile pour les draps et les serviettes de toilette. Un passage en laverie est parfois indispensable…

Du coup, en moyenne, nous dépensons environ 1380 € par mois pour deux personnes. Sans considérer du tout qu’on se prive, on profite vraiment de nos escales:)

Et en dehors de ces moyennes…

On a déjà mentionné, sans l’inclure dans nos montants mensuels, nos billets d’avion aller/retour pour la France. C’est une certaine somme d’argent à avoir de côté, c’est sûr ! Revenir en France pour quelques semaines n’est pas forcément au programme dans ce type de voyage. Ce n’était pas le cas pour nous par exemple, mais l’envie de revoir nos familles et nos amis étaient bien fortes:)

En plus de cela, nous avons payé notre passage pour le canal de Panama récemment, pour un montant de 1624,54 € (on vous explique tout bientôt dans un futur article). Il ne fait pas partie non plus des moyennes précédentes pour l’instant pour plus de visibilité.

Enfin, nous avons eu aussi des (grosses) dépenses liées aux gros travaux non prévus, souvent hors de prix et qui arrivent au moment où on ne s’y attend pas du tout. Coup de malchance, conditions extérieures trop rudes, équipements jamais vérifiés… Pas des problèmes d’entretien régulier donc. Personne n’y échappe, c’est rare voire impossible de croiser un plaisancier qui n’a pas rencontré ce genre de souci lors de son périple. Mieux vaut donc avoir toujours un peu d’argent de secours, en prévention d’éventuels problèmes à bord, plus ou moins graves pour le voilier. Afin d’éviter de rester bloqué dans une destination…

Mais ça correspond à quoi alors ces gros travaux, ces réparations importantes ? Pour nous, ce fut par exemple des panneaux solaires à ajouter en cours de route car nous manquions d’énergie et des batteries à changer subitement au Cap-Vert. On aurait pu s’occuper de ça avant de partir, pour plus de facilité encore en France. Mais on n’a pas su tout appréhender. Ou encore, une fois au Panama, nous avons du acheter une nouvelle annexe (d’occasion) pour remplacer la première (une neuve pourtant) qui n’avait pas tenu le coup…

Voyager en bateau sur du long terme ne revient donc pas si cher que ça. Comme on transporte notre maison, on a donc pas à payer de logement. Même si cette maison qui bouge, on doit souvent la réparer, si on a une âme de bricoleur et de la motivation, on arrive toujours à se débrouiller pour que ce soit le moins cher possible. Restent les pièces et équipements bien sûr à remplacer. Pour le reste, les « extra », tout dépend du niveau de vie de chacun. Certains aiment aller manger au restaurant tous les jours, c’est un choix, en fonction de ses propres moyens financiers. Mais en moyenne, ce mode de vie reste économique, on peut se lancer avec quelques économies de côté comme nous avec de beaux jours devant soi !

7 commentaires

  1. Bonjour,
    J’adore votre blog, je le dévore….
    Merci pour toutes ces infos indispensables qui me permettent de mieux organiser notre projet.
    Profitez-en au maximum.
    Amicalement

  2. Trés interressant cet article pour nous qui ne sommes encore qu’aux premices de notre projet
    Merci beaucoup de prendre le temps de partager votre experience
    Amicalement

    1. De rien, ça nous fait plaisir à nous aussi, si ça peut aiguiller un peu sur comment ça se passe une fois sur le bateau 🙂

  3. Bonjour Manwë,

    Merci pour ces détails fort intéressants !
    Tu fais mention d’un Dessal acheté avant de partir: Pourrais-tu detailler un jour le sujet de l’Eau à bord avec tous les renseignements sur votre façon de fonctionner avec votre Dessal: ce qu’il vous a coûté, ses capacités, votre fonctionnement avec, votre façon de vous en servir, son rendement et donc les résultats obtenus par rapport à vos attentes et à l’investissement de départ…
    Mille Mercis et surtout Bravo pour votre périple !

    1. Bonjour,
      Oui nous avons en effet ajouté un petit dessalinisateur sur notre bateau avant notre départ. Un (gros) investissement mais qu’on ne regrette absolument pas ! On a plus parlé de ce sujet dans notre article : http://www.manweodyssey.com/dessalinisateur/. N’hésite pas si tu as d’autres questions !
      Bon vent à toi !
      Damien et Anaïs

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