Notre avis final sur notre Océanis 390 après 3 ans de voyage !

Ah, notre cher petit voilier, nous l’avons tant apprécié durant ces longues années passées à bord ! Jamais nous n’avons regretté notre choix, même si comme tout bateau, il nous a donné un peu de fil à retordre parfois. Une liste des travaux de toute façon, ça ne se clôture jamais réellement, non ? On vous fait donc ici le bilan des plus et des moins de notre bateau, après 3 ans de navigation et de mouillages, pour vous conforter (ou non) de partir sur un voilier similaire en grande croisière.

 

Déjà, pourquoi sommes-nous partis sur un Oceanis 390 ?

 

On vous explique nos critères de recherches sur notre page Notre Bateau. Manwë, un BENETEAU Océanis 390 de 1989, version propriétaire avec 2 cabines, correspondait parfaitement à nos désirs. Donc sans hésiter, nous l’avons acheté et nous avons finalement largué les amarres avec lui (presque deux ans après mais il fallait bien continuer de travailler un peu niveau budget…).

 

En navigation

 

Sur ce point, l’Océanis 390 est un bon bateau. Il file à bonne allure, nous avons traversé les océans Atlantique et Pacifique a plus de 6 nœuds de moyenne. Sa carène ne roule pas trop et sa voilure s’avère bien adaptée, il se barre donc facilement et sans effort. Ainsi, notre pilote automatique n’a jamais fait défaut.

Manwë sous voiles sur le lagon de Tahiti, près de la presqu'île.

Au début du voyage, nous possédions encore un spi symétrique (acheté d’occasion et déchiré au cours du voyage), qui nous a fortement aidé à nous propulser durant plusieurs sorties en mer. Mais les voiles installées en ciseaux au portant, avec le génois tangonné, correspondent également à une configuration agréable, plus sécurisante même et très efficace. Nous avons la version avec grand-voile classique, ce qui nous a toujours convenu jusque là.

Le cockpit est grand, aéré (il peu accueillir pas mal de personnes pour les apéros!) mais reste protégé. Les vagues sont canalisées par les hiloires et ne débordent pas trop souvent sur les banquettes, hormis au près ou par grosses vagues de travers où nous avons alors quelques embruns qui viennent nous éclabousser. Mais au portant, nous restons au sec et c’est un vrai plaisir de pouvoir rester dehors pendant les traversées, sans se sentir humide même la nuit.

Notre moteur est un Perkins Prima 50, suffisamment puissant pour assurer en toutes circonstances, nous avançons en moyenne avec à 5 nœuds. Nous n’avons jamais eu de souci avec.

 

Au mouillage

 

L’espace dans cet Océanis 390 est spacieux pour deux personnes. Le nôtre est une version propriétaire, avec seulement 2 cabines, mais une grande salle de bain à l’arrière et un très grand coffre de rangement à l’extérieur. Ce dernier nous a d’ailleurs été fort utile pour ranger tout plein de bazar : voiles, bouts, paddle, matériel de kitesurf, etc.

Notre bateau au mouillage aux Grenadines, à Béquia.

Le grand carré à l’intérieur est confortable pour y passer du temps, une fois le soir venu ou quand il pleut à l’extérieur. Il est très lumineux également, grâce aux hublots zénithaux juste au-dessus. Qui ne s’avèrent pas d’une utilité folle non plus sous les tropiques en fin de compte… Ils sont même plutôt contre-productifs en journée, chauffant trop l’intérieur. Nous les masquons par des rideaux et ne les ouvrons à la lumière qu’en fin d’après-midi.

Le carré de notre voilier, un Océanis 390.

L’étendue de la cuisine en long sur bâbord laisse de la place pour travailler et s’avère vraiment très agréable pour la vie au mouillage. En navigation, cela dépend un peu du bord sur lequel nous avançons, mais nous pouvons toujours nous appuyer sur la banquette au milieu du bateau.

Enfin, la jupe arrière est ce qui nous attirait énormément à l’achat, top pour la mise à l’eau ! Tout comme l’accessibilité du bateau depuis une annexe et pour faire aussi des départs en kitesurf;)

 

Les équipement qui nous ont été particulièrement utiles

 

  • Le pilote automatique sur secteur de barre, bien dimensionné, qui a toujours su nous amener à bon port. C’est vraiment indispensable d’avoir une confiance absolue dans son pilote, même dans une mer formée.
  • Un récepteur AIS, vraiment sécurisant. Si l’on peut se permettre d’avoir un émetteur AIS, c’est encore mieux (mais nous n’avions pas le budget).
  • Une ancre Spade qui a toujours tenu parfaitement au mouillage. Voir notre post En quoi consiste notre mouillage à bord de notre Océanis 390 ?
  • Le dessalinisateur est vraiment un élément de confort que l’on ne regrette absolument pas d’avoir acheté. Plus de préoccupations à propos de l’eau à bord, pour boire et pour tout le reste. Nous avons rarement acheté des bouteilles d’eau (seulement pour une question de sécurité lors des traversées d’océan ou dans les mouillages où vraiment l’eau n’est pas propre). Nous n’avons en tout cas jamais eu à bouger de notre mouillage pour une raison de manque d’eau… Pour plus de détails sur notre dessalinisateur, rendez-vous dans notre post Installation de notre dessalinisateur Eco-Sistems SPLASH-25.

Pour plus d’informations sur les équipements présents à bord et sur l’énergie que nous consommons en mer comme au mouillage, nous avons publié les articles suivants :

Enfin, rendez-vous dans la rubrique Travaux si vous voulez un aperçu des différents travaux que nous avons dû effectuer à bord, avant le départ ou une fois en cours de route.

 

Les manques à bord et les modifications que l’on aurait apporté si nous avions continué notre voyage avec ce bateau

 

En ce qui concerne l’aménagement intérieur, la salle de bain avant ne sert pas souvent. C’est de la place perdue, enfin, nous l’avons quand même utilisée pour y prendre des douches mais une seule aurait suffit à l’arrière. Ah, cette volonté des chantiers de fournir deux salles de bain à bord de voiliers de moins de 12 m ! Quelle idée, comme si les studios à terre proposaient deux salles de bain…

A la place, la cabine avant aurait pu être reculée vers le centre du bateau, pour agrandir à la fois le lit et la baille à mouillage. Bon, on aurait pu installer une machine à laver dans cette petite salle de bain, à la place du placard par exemple. Et nous aurions pu également pu changer la literie des cabines, plus de toute première fraîcheur, tout comme les coussins du carré, assez enfoncés et usés. C’était un peu une question de flemme.

En termes d’équipements, nous aurions aimé avoir un congélateur, ce qui peut s’avérer vraiment pratique en fonction des escales, mais il n’y avait pas de place adaptée à bord.

Le bateau manque également un peu de rangement (essentiellement dans le carré), à cause de la présence des trois réservoirs à eau de 200 litres (un dans chaque cabine et un dans le carré). On aurait pu enlever celui de la cabine avant car on ne s’en sert pas et en faire un espace de stockage à la place. En effet le dessalinisateur remplissant le tank du milieu, cet apport en eau en complément avec le remplissage en bidon du tank arrière au cas-où nous fut largement suffisant pour couvrir nos besoins. En revanche, les placards çà et là dans la cuisine et les coiffeuses dans les cabines sont agréables et pratiques.

Enfin, un bimini rigide aurait été un plus car c’est parfaitement étanche. Le nôtre ne l’était plus à la fin, trop ancien, et nous n’avons eu ni le courage de le changer ni de l’imperméabiliser. En outre, un bimini rigide nous aurait permis d’y installer des panneaux solaires, donc de soulager le portique en le transformer juste pour soulever l’annexe ou sinon d’agrandir tout simplement la surface de panneaux totale.

 

Possibilités de revente

 

C’est un bateau de 1989 donc son âge fait qu’il n’est pas très cher pour un 38 pieds. Il ne décote plus vraiment donc le prix de revente reste stable. De plus, c’est un bateau qui a une bonne réputation autour du monde, que ce soit pour la vie à bord ou la croisière, donc il se revend bien.

En fin de compte, l’Océanis 390 aura été un bateau idéal pour notre projet : voyager en couple sans enfant sous les tropiques avec un budget raisonnable, pour une première expérience. Nous avons adoré les moments passés avec lui, il a nous toujours rassuré et transporté où nous le voulions. Nous le quittons pour d’autres projets mais c’est avec tristesse que nous nous séparons de lui…

Si nous repartons un jour, le choix de notre bateau sera néanmoins différent car nous avons acquis une certaine expérience et nos envies ne seront pas les mêmes. Peut-être repartirons-nous même en famille, qui sait ? Auquel cas, le choix d’un plus grand voilier, voire d’un catamaran, sera peut-être judicieux. Mais si on doit repenser à ce voyage, nous sommes très satisfaits et reconnaissants de l’avoir partagé avec Manwë !

1 commentaire

  1. Merci Anaïs et Damien pour les compte-rendus de ce merveilleux voyage. Et puis Anaïs est au top pour employer des termes relatifs au bateau et à la navigation alors je soupçonne Damien de lui en avoir soufflé quelques-uns !
    Pour votre retour sur terre et éventuellement par ici c’est avec grand plaisir que je vous accueillerais chez moi à Gex juste avant d’aller à Crans sur Sierre !
    Vous avez dû aussi lire nos aventures sur le Costa Deliziosa mais rien de comparable avec ce que vous avez fait vous !
    Amicalement et bises à ma petite petite cousine – Philippe

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