Consommation d’eau douce et potable à bord

Sur un bateau, pourtant posé sur l’eau, une question clé (ou même deux) que se poserait n’importe quel nouveau venu après quelques heures à bord serait : mais l’eau du robinet, elle est potable ?… Et elle vient d’où ?

La consommation d’eau moyenne en France par habitant est environ de 148 litres par jour. Évidemment, sur un bateau, on ne peut pas stocker autant d’eau pour tous les jours. Dans un esprit d’économie des ressources du bord, il faut consommer l’eau douce de façon très raisonnée. Nous n’en avons tout simplement pas une quantité illimitée.

Alors voici tous les détails de notre consommation quotidienne en eau douce (et eau salée) et sur notre capacité à la stocker – l’eau douce, pas l’eau salée, hein, ça, on en a plutôt pas mal autour et sous nous;)

Boisson & cuisine

Nous devons consommer environ 3 L d’eau douce pour la boisson et la cuisine par personne, qui sont filtrés avec un filtre à charbon directement installé sous le robinet de la cuisine.

Nous avons aussi une pompe à eau de mer électrique reliée à un robinet installé à côté du robinet d’eau douce, dans la cuisine.

Evier de la cuisine de Manwë

Vaisselle

On lave la vaisselle d’abord à l’eau de mer (avec le robinet dédié) puis on la rince à l’eau douce. Soit environ 2 litres maximum (cela dépend évidemment de la quantité de vaisselle).

Douche

On se lave souvent en sortant de la dernière baignade de la journée. C’est-à-dire qu’on ne se rince pas après chaque trempette dans la mer !:)

A la fin de la journée donc (ou avant peu importe), on se savonne une première fois et on replonge dans l’eau salée pour se rincer. Ensuite, on se rince à l’eau douce furtivement, ce qui doit représenter entre 2 et 5 litres d’eau. Bon, une fois de temps en temps, on ne se refuse pas une douche chaude dans notre salle de bain intérieure mais toujours de façon économe en eau (le gant de toilette est devenu un vrai allié dans ce cas).

Anaïs : « J’ai mis un peu de temps psychologiquement à laver mes cheveux longs à l’eau de mer mais finalement, ça se fait plutôt bien. Disons que le résultat (lavage à l’eau de mer + rinçage à l’eau douce) est à peu près équivalent, ils bouclent même un peu plus. Bon rien ne vaut de temps en temps un vrai lavage à l’eau douce ! Quel bonheur alors de les retrouver tout doux ! On ne s’en rend vraiment pas compte quand on a un robinet normal chez soi… »

Salle de bain avant de Manwë

Salle de bain avant du bateau.

On peut tirer vers soi l’évier afin d’utiliser la salle de bain en mode « WC » ou en mode « douche ».

Douchette à l'arrière sur la jupe du bateau

Douchette à l’arrière sur la jupe du bateau.

 

Reste de la toilette quotidienne

La règle d’or est de ne jamais laisser couler l’eau inutilement lorsque par exemple on se lave les mains ou les dents (mais c’est un bon sens qu’on a normalement même à terre).

Anaïs : « J’utilise sans doute un peu plus d’eau que Damien, car j’ai un peu plus de produits de beauté que lui (surtout pour les cheveux) ! Et en tant que fille, une fois par mois, j’ai aussi besoin d’un peu plus d’eau pour ma toilette quotidienne… C’est une habitude à prendre, économiser l’eau de la sorte, pour une novice comme moi sur un bateau. Tout est une question de mesure, mais en se sentant aussi bien dans sa peau (rester salée toute la journée en attendant la dernière baignade peut parfois énerver un peu mais on s’y fait vite). »

Evier de la salle de bain arrière de Manwë

Évier de la salle de bain arrière du bateau.

 

Lessive

Nous lavons nos vêtement à l’eau salé, avec un mélange fait maison de savon de Marseille, vinaigre blanc et bicarbonate de soude. Puis, nous rinçons abondamment à l’eau de mer, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de savon et enfin nous finissons par un rinçage à l’eau douce pour enlever le sel. On étend ensuite les vêtements sur les filières pour les laisser sécher à l’air libre.

De temps en temps, nous profitons de l’eau de pluie récoltée dans l’annexe pour faire des lessives intégralement à l’eau douce. Un système de récupération d’eau de pluie serait à installer, mais nous n’avons jamais vraiment eu le courage de nous y mettre…

Pour le gros linge comme les serviettes et les draps, on préfère attendre de trouver une laverie, mais c’est beaucoup plus cher ! En moyenne entre 10 et 15€ les 5 kg. Et sans séchage. Surtout nous n’en croisons pas souvent non plus ! On trouve parfois des bonnes affaires, comme au Panama, mais dans les îles françaises par exemple, le service n’est pas très économique.

Lors de notre arrivée au Marquises, après la transpacifique, nous n’avions pas le courage de tout laver par nous même. Alors nous avons trouvé une mamie locale qui nous proposait de faire une machine. Elle nous a demandé près de 100€ pour les 15kg de linge lavés et séchés ! Il a fallu négocier sévèrement pour revenir à un tarif (beaucoup) plus raisonnable… attention ça peut donc revenir très cher une lessive:)

Et pour les WC ?

Les toilettes de notre bateau fonctionnent à l’eau de mer. On pompe manuellement pour injecter de l’eau de mer dans la cuvette pour rincer et on pompe ensuite pour évacuer.

Le WC de notre salle de bain avant a une évacuation directement hors du bateau, donc retour direct à la mer.

Quand au WC de la salle de bain arrière, il est relié à une cuve à eaux noires (pour les gros besoins par exemple). C’est un réservoir placé dans notre coffre arrière. Il est obligatoire d’avoir ce type de cuve à bord dans certains pays, où il est interdit de le vider dans les mouillages ou au port (mais loin des côtes du coup).

 

Eau chaude à bord

L’eau dans le bateau peut chauffer de deux manières différentes. Soit au port quand on est branché au 220 Volts du quai, ce qui est plutôt confortable. En plus de chauffer l’eau, cela nous permet de recharger plus rapidement les batteries et d’utiliser des appareils qui ne fonctionnent que sur ce voltage. Bon, au final, on est très très peu de temps au port, donc nous utilisons rarement ce procédé.

Sinon, l’eau peut également chauffer grâce à l’échangeur du moteur, qui chauffe l’eau pour se refroidir lorsqu’il est en marche. C’est plutôt efficace, avec rien qu’une demi-heure de moteur, on a de l’eau chaude au robinet, qui reste chaude jusqu’à deux jours avec notre consommation quotidienne !

Combien de litres d’eau peut-on stocker ?

Sur Manwë, nous avons 3 réservoirs pour l’eau douce qui ont chacun une capacité d’environ 200 litres, ce qui nous donne un total confortable de 600 litres. Nous pouvons les remplir directement au port avec l’eau du réseau local mais cela peut représenter différents problèmes… En effet, la qualité de l’eau dans certains pays peut rapidement être douteuse, elle n’est potentiellement pas potable partout. Mais cela implique aussi souvent de prendre une nuit au port (ce qui peut revenir très cher, en fonction de la période et du pays!). Dans certains endroits cependant, on peux juste payer pour l’eau et repartir.

Note : Quand nous remplissons l’eau des réservoirs pour une longue durée, nous la stabilisons grâce à un produit spécial. Ce produit désinfecte et permet une conservation de l’eau pour une durée de 6 mois environ.

Mais pour nous qui recherchons l’autonomie et la liberté d’aller au port seulement lorsque l’on le souhaite (et non contraint par un besoin), gérer le niveau d’eau de ces réservoirs peut rapidement devenir un inconvénient. Nous avons donc opté pour l’installation d’un dessalinisateur, essentiellement pour notre eau de consommation et pour essayer justement de maintenir le niveau d’eau des réservoirs.

 

Révision janvier 2020

 

Après plus de 2 ans et de demi de voyage, voici notre retour sur l’utilisation du dessalinisateur.

Nous faisons tourner le dessalinisateur de 25 L/heure, environ 2h tous les 3 jours, au milieu de la journée. Sachant qu’il ne consomme que 13 A, il fonctionne parfaitement grâce au panneaux solaires.

Nous ne consommons que cette eau : boisson, cuisine, douche et lessive. C’est vraiment un grand confort de ne pas avoir à acheter des packs d’eau ou de devoir aller remplir les réservoirs du bateau en marina !

Il arrive que nous ne pouvons pas utiliser le dessalinisateur dans certaines baies vraiment peu propres, comme au Panama du côté du canal, où l’on voit quelques nappes de pétrole flotter en surface. Dans les fleuves, l’eau n’est pas très engageante non plus.

Pour pallier à ce souci et stocker plus, nous avons acheté 4 bidons de 25 L au Panama. Nous avons ainsi une réserve d’eau en plus, utile aussi en cas de problème avec le dessalinisateur. Ils nous permettent de bidonner facilement 100L d’un coup à un ponton, directement dans l’annexe.

2 commentaires

  1. bonjour
    on prépare notre voilier pour un voyage identique au votre, votre site est super, on apprend plein de choses
    petite question : etes vous content de votre déssalanisateur? je dois en monter un et le votre a l’air pas trop encombrant et pas trop cher , auriez vous un contact pour pouvoir en acheter un directement et me former a l’entretient
    d’avance merci
    Natalie et Philippe
    catamaran « FILAOS »

    1. Bonjour, on va vous répondre sur votre mail pour les infos. On en est très content, c’est vraiment un vrai plus !

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