Guatemala : arrivée au Rio Dulce (Livingston) et remontée du fleuve en voilier

Navigation vers le fleuve Rio Dulce, avec notre bateau, au Guatemala.

Nous avions décidé après de longues réflexions, lorsque nous étions encore aux BVI, de venir passer la saison cyclonique 2018 au Guatemala, sur le Rio Dulce.

Mais pourquoi avoir choisi le Guatemala par rapport à d’autres « trous à cyclones » existants dans les Caraïbes ? Pour tout savoir à ce sujet, on vous invite à aller voir notre article « Dis, on va où après ? » !

 

Le Rio Dulce, c’est quoi ?

 

C’est un lieu bien connu des marins qui naviguent dans la région des Caraïbes et de l’Amérique centrale. Il s’agit d’un fleuve débouchant sur la mer des Caraïbes, à l’est du Guatemala, qui remonte dans les terres sur environ une quarantaine de km. Après une « barre » à passer à son embouchure, devant la ville de Livingston, indiquée à 1,80 m de profondeur, les voiliers et yachts peuvent remonter le long du Rio pour atteindre un large choix de marinas. De toute taille et de tout budget, elles se trouvent de part et d’autre du fleuve, entre deux lacs : à l’est le lac du Golfete et à l’ouest, le grand lac Izabal qui a donné son nom à la région toute entière.

C’est après une (très) éprouvante navigation depuis les Bahamas, notre précédente escale, que nous sommes arrivés un matin devant Livingston. Ne manquez pas notre article sur cette traversée de tous les dangers : « Notre navigation de l’enfer entre les Bahamas et le Guatemala« .

Les nombreuses marinas, à demi-cachées dans la jungle, sont situées ainsi dans un « trou à cyclone » car les orages, tempêtes et autres soucis météo sont bloqués par le relief guatémaltèque et n’atteigne jamais, du moins pas avec toute leur puissance, le fond du fleuve. Bien qu’officiellement inclus dans la zone cyclonique, le Guatemala, grâce à son fleuve et à ses tarifs peu élevés, possède donc un abri sûr et économique. Ça change comme destination, des îles où nous avons l’habitude de nous arrêter ! On va pouvoir explorer le pays à pied et en sac à dos, un autre type de voyage !

Sur le Rio Dulce, au niveau des marinas, se trouve également sur sa rive nord la ville au même nom que le fleuve, aussi nommée Fronteras. Elle présente l’intérêt de pouvoir se ravitailler facilement ! Les marchés de fruits et légumes jalonnent la route, très fréquentée d’ailleurs par les pick-up, tuc tuc et gros camions qui empruntent le pont traversant le fleuve. Attention à ne pas se faire écraser là-bas !

La ville de Rio Dulce, Fronteras, au Guatemala.

On trouve donc tout ce que l’on veut en ville en plus de la nourriture, banque, agence de bus ou autres, ainsi que dans les boutiques (« tienda ») ou shipchandlers aux alentours du fleuve. Ne pas hésiter à fouiller les recoins autour du pont pour trouver votre bonheur ! Tout est fait pour les « dinghy » ici, chaque marina, restaurant, hôtel, etc. dispose d’un ponton d’accès.

Note : Le meilleur moyen de se rendre à la ville de Fronteras/Rio Dulce est d’amarrer son annexe au ponton de la marina juste à côté : Bruno’s Marina.

On vous partage tous les détails de la marina que nous avons choisi : Nana Juana Marina, dans notre article : « 5 mois à Nana Juana, une jolie petite marina sur le Rio Dulce au Guatemala ». Ce qu’elle offre, pourquoi nous sommes allés là-bas, etc. et ce que nous avons appris sur les autres offres autour du fleuve.

 

Mouillage devant Livingston : stop inconfortable mais obligatoire

 

Aussitôt mouillés devant Livingston, il faut s’occuper de sa clearance d’entrée pour accéder au pays, ce qui n’a pas été pour nous une si mince affaire.

Entre le temps gris et maussade, les vagues du fleuve créées par le vent et le balai incessant des pêcheurs, rien d’autre ne nous incitait à rester plus longtemps dans les parages…

La ville reste tout de même une des destinations touristiques promues par les guides du Guatemala. La population qui y vit, appelée Garifuna, présente des origines diverses, venant des esclaves africains évadés et d’indiens Caraïbes ou Arawaks. Ils peuplent les côtes caraïbes des pays d’Amérique centrale. La ville de Livingston a un certain charme bien authentique, il faut l’avouer. Par contre, il faut savoir que si on veut venir la visiter (ou ses environs), il n’y aucune route pour y accéder. Tous les transports se font par le fleuve.

Une fois nos papiers terminés, nous pouvons enfin profiter le midi d’un restaurant bien mérité ! Et enfin nous retrouvons de la viande !:) Je ne choisis pas le restaurant le moins touristique de la ville, certes, mais on a bien le droit de se faire plaisir de temps en temps. Après tout, ça ne nous aura coûté à deux que Q230 (soit environ 26€) ! Eh oui, ça fait plaisir, ce n’est pas très cher le Guatemala, et encore nous trouverons bien moins cher par la suite.

Restaurant de midi à Livingston, au Guatemala.

Note : La monnaie du Guatemala est le Quetzal. Le taux de change à notre passage durant l’été 2018 était de 1 € = 8,78 GTQ. Ce nom vient d’un oiseau magnifique d’Amérique centrale : le quetzal resplendissant. D’ailleurs, pour la petite anecdote, chez les anciens Mayas, les plumes de la queue de cet oiseau étaient déjà utilisées comme monnaie. Un véritable symbole désormais pour le pays et ses habitants !

Impossible de naviguer sur le fleuve aujourd’hui, il est déjà trop tard car la remontée du Rio prend 3 ou 4 heures. Ce qui signifie qu’on va devoir passer une nuit devant Livingston. Or le mouillage ici est tout sauf confortable !

Nous étions ancrés à l’ouest, juste en face du restaurant Bugamama, mais le vent du large levait trop de vagues dans l’embouchure du fleuve. On préfère donc tenter un endroit un peu plus protégé vers l’intérieur des terres, derrière la première petite pointe recouverte de palmiers, en face de la « gasolinera ».

Mouillage de Livingston, au début du Rio Dulce, au Guatemala.

Difficile de connaître la tenue du fond tant le fleuve est opaque, avec sa couleur marron café voire chocolat. Pas d’autre solution, on jette l’ancre en espérant ne pas la coincer dans un morceau de métal ou de tôle qui pourrait reposer par là. Tout en gardant une bonne distance de sécurité par rapport à la côte, on se sent déjà plus à l’abri des vagues. Mais on ne sera pas épargné par l’orage qui nous frappera une fois la nuit tombée !

35 nœuds qui nous souffle dessus, la pluie, les éclairs, bref, rien de plus rassurant que lorsque nous étions en pleine mer quelques jours plus tôt. Il n’y a rien à faire d’autre que d’attendre, la nuit va être longue… Heureusement qu’on a confiance dans notre ancre pour ne pas déraper !

 

Remontée du fleuve sous les rayons réconfortants du soleil

 

Quelle bonne surprise au petit matin de voir le ciel bleu et le beau soleil ! Quelle chance, pour notre première expérience sur de l’eau douce:)  Nous aurons un temps merveilleux, comme nous n’en avons pas eu depuis de longs jours. Trop contents et super motivés par ces quelques heures au coeur de la jungle, on lève l’ancre aussitôt. Bimini relevé, GoPro installée sur le mât, appareil photo autour du cou, c’est parti !

 

 

C’est tout simplement magnifique… On en prend plein les yeux, on en profite à fond. Quel changement de décor par rapport à nos dernières escales ! On dirige Manwë au moteur dans les méandres du fleuve, tout en surveillant la carte (peu précise mais fiable) afin de rester dans les grandes profondeurs. Aux détours du fleuve, elles peuvent varier de 3 à 25 m environ selon les endroits où nous passons.

Embouchure du fleuve Rio Dulce au Guatemala.

Embouchure du fleuve. On la voit à peine parmi la végétation !

La végétation luxuriante sur les rives du Rio Dulce, au Guatemala.

C’est dense, non ?

C’est un vrai bonheur de naviguer dans ce paysage si surprenant et impressionnant, par une météo clémente juste entrecoupée de quelques nuages. Imaginez : la végétation qui tombe des falaises jusqu’au fleuve, la couleur de l’eau qui se nuance de différents bruns en fonction des affluents rencontrés, les cris des oiseaux et autres animaux de la jungle… On croise quelques voiliers dans l’autre sens (mais où vont-ils donc depuis le Guatemala pendant la saison des cyclones ?), des barques de pêcheurs et quelques navettes à moteurs transportant des touristes.

Un pêcheur dans sa petite barque sur le fleuve Rio Dulce, au Guatemala.

Ils ont un sacré coup de main pour lancer leur filet !

Les habitations, mini-villages, hôtels, écoles, etc. se succèdent sur les berges. Les structures sont toutes en bois, recouvertes de feuilles de palmiers, tout est simple mais joli, s’intégrant parfaitement dans le paysage.

Après les premiers tournants du fleuve, nous traversons le premier lac : le Golfete. Cap précis à suivre, bien indiqué sur les cartes ou même à la capitainerie de Livingston. Rien de bien compliqué ici, hormis comme ailleurs sur le Rio les rondins de bois et autres branchages à éviter, emmenés par le courant.

Après le lac, encore quelques larges virages et nous finissons par arriver au niveau des marinas et de Fronteras. L’eau est plus claire par ici, le fleuve bien plus élargi. On ressent aussitôt l’activité du lieu, entre les allers et retours de barques et d’annexes, les nombreux voiliers bien rangés aux quatre coins du fleuve, les restaurants et hôtels avec accès sur l’eau…

Plus loin, au-delà du pont reliant les deux rives, le fleuve continue jusqu’au plus grand pont du pays, le lac Izabal. Il a donné son nom à la région environnante. Mais c’est avant le pont que nous nous arrêtons, pour une pause bien méritée (surtout pour notre cher Manwë) de 5 mois au Guatemala !

Ne vous inquiétez pas, on va rester tout de même bien occupé. Mille envies et mille choses à faire par ici : visiter le pays ainsi que le Mexique au nord, ranger, nettoyer et améliorer notre voilier, rentrer en France deux mois pour nous ressourcer et bien sûr, vous poster tout plein de contenu !

On continue donc vous partager nos aventures, qui vont un peu moins parler de mer, d’îles et de bateau mais tout autant de voyages, de découvertes et d’aspect techniques utiles. Nous irons retrouver l’eau salée en novembre prochain, après la saison des cyclones, en attendant, allons découvrir notre nouvelle maison : la marina Nana Juana. 🙂

 

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5 commentaires

  1. bonjour,
    je me permet de vous écrire car je cherche un voilier pour partir du Guatemala ou du Mexique afin d’aller vers les îles Caraïbes française pour arriver vers le 20 décembre ou avant (Guadeloupe, Martinique, saint martin…peu importe 😉 ).
    savez vous s’il existe un site où on peut déposer une annonce pour un embarquement, s’il est facile de faire du stopboat a livington au Guatemala ou si vous cherchez un coéquipier??

    je vous remercie d’avance

    vincent

    1. Bonjour ! Nous ne cherchons pas de coéquipier et nous n’allons de toute façon pas dans la direction des Petites Antilles ^^ Je ne connais pas de site en particulier pour poster des annonces sur ça, essayez le groupe Facebook « Rio Dulce Cruisers » 🙂 Sinon à Livingston, les voiliers ne s’arrêtent en général pas très longtemps, pas évident de trouver un bateau au bon moment. En ce moment les gens ont en effet tendance à quitter les marinas du fleuve, mais je ne pense pas que les stops soient très longs devant Livingston, il n’y a que le mouillage possible. Pas très pratique… Bon courage dans vos recherches !

  2. c’ est toujours aussi agréable de lire vos récits. As tu essayé le stugeron 25mg ou 75mg contre la mal de mer. Très efficace en principe . On le trouve en Angleterre, Belgique, et Espagne.
    Remède proposé depuis de nombreuses années par jean Yves chauve ( médecin officiel ,Vendée globe , route du rhum…..)
    Bonne ballade au Guatemala,

    1. J’avais essayé de le chercher aux Canaries mais ils ne semblaient pas connaître dans les pharmacies là-bas. Ou alors je m’exprimais mal 🙂 Mais oui ce serait sans doute une bonne solution. Après un Mercalm ou deux me suffisent aussi généralement, et je sais que ça ne va durer qu’une journée. C’est juste embêtant de se dire qu’on l’aura probablement à chaque sortie…

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