Passage du canal de Panama en voilier

Les écluses du canal de Panama, côté Pacifique.

On vous raconte tous les détails du passage du canal de Panama avec un voilier ! Les formalités pour s’inscrire, les équipements à avoir à bord et bien sûr, le passage en lui-même, qui se fait sur deux jours, avec une nuit sur le lac Gatún au milieu. On l’a même fait deux fois ce canal, une fois avec Manwë et une fois pour aider un ami, sur son voilier Charlotte !

On a décidé de se débrouiller sans agent pour l’inscription, pour une question de budget et pour vivre l’expérience jusqu’au bout ! Et c’était beaucoup plus simple que ce qu’on pensez. On va vous expliquer à la fin quelles sont les différences entre engager ou non un agent.

Note : Les numéros de téléphone à appeler dans la procédure sont valides pour un passage depuis le côté Atlantique. Si on vient du côté Pacifique, ils ne sont pas les mêmes.

Inspection et mesure du bateau

Première étape, remplir le formulaire PDF 4405-I (NTOT-A) « Procedures to arrange handline inspection ». Il s’agit du papier pour demander l’inspection et la mesure des dimensions du voilier (pour savoir dans quelle tranche de prix on se situe). Des amis nous l’ont donné mais je pense qu’on peut le trouver sur le site du canal : http://www.pancanal.com/. Il faut l’envoyer rempli par mail à l’adresse optc-ara@pancanal.com.

Il faut ensuite appeler le numéro de téléphone +507 443 2298pour prendre un rendez-vous avec les inspecteurs du canal et fixer une date. Ne pas oublier d’indiquer le lieu où on se trouvera !

Comment ça se présente l’embouchure du canal côté Atlantique ?

On ne peut pas manquer l’endroit étant donné le nombre d’énormes cargos mouillés juste devant ! Une grande digue protège la baie. A l’intérieur, à l’est, on trouve la ville de Colón, sans intérêt particulier hormis le fait de devoir s’y rendre pour finir ses formalités d’inscription. A l’ouest, toute proche de la digue, il y a la petite marina de Shelter Bay, point stratégique pour les voiliers.

Aucun souci au niveau des profondeurs et de la carte pour passer la digue, nous l’avons fait de nuit. Par contre, il faut bien attendre son tour entre les allées et venues des énormes cargos ! Et se préparer à se faire secouer dans les vagues de l’entrée…

Pour économiser une place en marina, on opte pour le large mouillage juste devant : The Flats. Attention, ce n’est plus le The Flats inscrit sur les cartes des années passées, initialement situé côté Colón ! On se trouve bien côté Shelter Bay. C’est très inconfortable en tout cas ici, les alizés soufflent forts et la digue est trop loin pour protéger du gros clapot qui fait danser Manwë dans tous les sens.

Surtout, ne pas oublier de rappeler le numéro le jour même du rendez-vous d’inspection et mesure, à 7h30, pour confirmer sa présence sur site (à The Flats ou à la marina) ! Sinon, les agents n’auront pas les papiers nécessaires liés au bateau avec eux et ce sera alors bon pour le lendemain…

Le jour de notre inspection, une vedette vient déposer un agent du canal à bord dans la matinée. Très sympathique, il mesure avec nous la longueur et la largeur max du bateau, puis remplit plusieurs papiers à conserver précieusement. On obtient notre carton officiel avec le numéro de passage de Manwë : 6017144, à annoncer quand on appelle les autorités au téléphone.

Quelques questions pour vérifier l’état du voilier, surtout sur le moteur et ses capacités. Il faut en effet que le bateau puisse avancer sans problème à minimum 5 nœuds. Autres demandes par exemple :

  • si nous avons une cuve à eaux noires à bord – tout le monde dit oui même si ce n’est pas le cas, il ne vérifie pas.
  • si nous avons une corne de brume à pression – on devra en acheter une avant du coup mais elle ne servira pas pendant notre passage…
  • si nous avons un compas magnétique en état de marche, etc.

Il précise aussi qu’il faut « bien » nourrir le Transit Advisor qui sera à bord durant le passage (pas un simple sandwich) et lui donner de l’eau en bouteille. Nos Transit Advisorsdemandaient bien une bouteille d’eau neuve et scellée à chaque fois.

On réfléchit enfin à notre placement à l’intérieur des écluses. Il y a 4 positions possibles pour un voilier :

  1. Seul au centre de la chambre (écluse) et donc amarré aux quais par les quatre coins du bateau ;
  2. En « nest » au centre de la chambre, c’est-à-dire 2 ou 3 voiliers à couple ensemble. Seules deux amarres travaillent sur les voiliers extérieurs, tandis que celui du centre fait avancer le nest avec son moteur.
  3. Sur le côté du mur, c’est-à-dire seul amarré sur un des côtés du quai seulement.
  4. Amarré à côté d’un tug (un gros bateau à moteur qui tire ou pousse les cargos) ou d’un petit yacht.

Afin de préserver au mieux le bateau et de ne pas trop le rapprocher des parois de pierre, les deux options les plus sûres sont les 1 et 2. L’agent nous confirme donc que ce sera normalement l’une ou l’autre, étant donné la saison et le nombre de voiliers, on pense qu’on sera probablement dans la configuration n°2.

Note : A vrai dire, la configuration dans les écluses peut changer entre le premier et le second jour. Cela dépend de la vitesse du voilier par rapport aux horaires fixes du passages des cargos…

En tout, l’agent reste à bord une petite vingtaine de minutes, c’est assez rapide. Le certificat d’inspection est valide 60 jours, au-delà il faut reprendre un rendez-vous.

Combien de personnes faut-il à bord du voilier pour le passage ?

Il est obligatoire d’être 5 à bord, en plus de l’agent mandaté, le Transit Advisor, pour surveiller les opérations. Il y a le skipper qui reste à la barre et 4 handliners, qui vont gérer les amarres pendant le passage des écluses. Peu importe la configuration établie lors du transit, seul ou en nest, il faut tout de même avoir 4 personnes à bord en plus du skipper ! Le Transit Advisor, lui, indique la direction à suivre le long du canal et guide dans les écluses. Il rentre chez lui le soir avant la nuit sur le lac Gatún et ce n’est pas forcément le même qui vient le lendemain à bord.

Note : Les bateaux en partance pour le canal ont tendance à bien s’entraider au sujet des handliners, il est assez facile de trouver du monde pour le passage. A Shelter Bay Marina par exemple ou sur Portobelo, où on peut également trouver des backpackers via les hôtels du coin. Certains sont bien motivés pour effectuer ce transit plutôt mythique. Ne pas hésiter à demander aussi sur le groupe Facebook « Panama Cruisers » !

Paiement à la City Bank

L’étape suivante dans les formalités administratives, c’est le paiement, à faire en espèces directement à la City Bank de Colón. Le tarif du passage est établi dans une grille en fonction de la taille du voilier : par exemple jusqu’à 50 pieds, le canal coûte 984 $US, plus 891 $US de caution. Ce qui revient à un total à payer en cash de 1875 $US.

Note : La caution nous a été remboursée entre 3 semaines et un mois après le transit, avec la somme exacte de 733,21 €. Ce qui revient à environ 830 $, il y a donc des frais prélevés dessus. La caution est établie par exemple si on impose des délais liés à un problème moteur à bord de notre voilier, ou si on ne veut pas nourrir le Transit Advisor. Dans ce dernier cas, on a entendu 300 $US pris sur la caution ! Mieux vaut prévoir à manger:) Emmenez un RIB pour votre passage à la City Bank, nous avons du remplir un formulaire avec nos coordonnées bancaires pour le futur remboursement.

Colón se trouve de l’autre côté de la baie et on ne peut pas mouiller en bateau devant. Une navette part de Shelter Bay Marina, gratuite pour les plaisanciers aux pontons. Pour ceux au mouillage par contre, ça coûte 25 $US le fait d’amarrer son dinguy à la marina + le trajet aller/retour en navette jusqu’à Colón…

Heureusement, nous retrouvons pas mal de connaissances à la marina:) Tangara et Jacynthe rencontrés en Guadeloupe (ça fait longtemps!) et Maple que nous suivons depuis quelques semaines. On laisse donc discrètement notre annexe derrière l’un d’entre eux et on inscrit notre nom sur la fiche de départ de la navette. Il suffit d’apposer le nom du bateau et le nombre de places requises pour le trajet, personne ne vérifie que le voilier est bien en marina une fois dans le mini-bus ! Si vous faites venir des handliners, vous pouvez aussi écrire votre nom de bateau pour eux, afin qu’ils aient des places dans la navette !

Le trajet jusqu’à Colón dure une heure environ, il y a deux allers-retours par jour. On peut se faire déposer directement devant la City Bank, pratique. Surtout, n’oubliez pas les papiers du canal que l’agent de l’inspection vous a donné ainsi que vos passeports ! Ils seront indispensables lors du règlement.

Le grand moment stressant de toute la procédure du canal correspond au moment où il faut retirer la somme en espèces au distributeur ! Pas de retrait possible à la City Bank mais il y a une autre banque toute proche. Aie, avec les plafonds imposés par les cartes bancaires, on espère bien que nos trois cartes vont fonctionner…

Note : C’est obligatoire de payer le canal en cash à la City Bank. Impossible de payer par carte bancaire. Des amis ont réussi à payer par virement, mais ils savaient bien se débrouiller en espagnol au téléphone en amont pour prévoir le coup…

Ouf, sauvés, on arrive à retirer les espèces nécessaires. Hop, retour à la City Bank en cachant bien nos liasses de billets. La guichetière encaisse nos dollars (amusant la machine à compter les billets!), nous rend quelques papiers à signer, c’est bon, on a réglé les 1875 $US pour le passage du canal du Panama, c’est officiel !

Pour reprendre la navette retour vers Shelter Bay Marina, il faut retourner au point de rendez-vous principal, situé au centre commercial de 4 Altos. Depuis la City Bank, c’était 1 $US par personne en taxi pour s’y rendre.

Détermination de la date du passage

Il faut appeler le numéro de téléphone +507 272 4202 dans les 3 jours suivant le payement du canal. Mi-janvier, il n’y avait aucun souci pour fixer une date un mois après en ce qui nous concerne (pour pouvoir traverser en compagnie des parents de Damien), mais même seulement 3 jours plus tard. Alors qu’à partir de mi-février, il y a minimum une dizaine de jours d’attente.

Note : On nous a quand même conseillé de rappeler une semaine plus tard pour être sûr de bien avoir été inclus dans le planning.

Ensuite, il faut rappeler la veille du transit pour avoir la confirmation de l’heure du rendez-vous avec le Transit Advisor le lendemain. On nous a demandé de nous tenir prêt au mouillage de The Flats dans l’après-midi, pour un départ à 15h15. Attention, mieux vaut prévoir large et être en avance au mouillage car le départ peut être avancé. Sur Charlotte, le Transit Advisor est arrivé avec une heure d’avance et nous avons décollé aussitôt !

Location des amarres et pneus

Avant le passage, n’oubliez pas de louer les amarres et protections (pneus ou grosses boules parebattages) indispensables pour le passage des écluses ! C’est même obligatoire, car les amarres doivent mesurer minimum 40 m pour gérer un passage seul au cas-où au milieu de la chambre.

Manwë habillé de ses pneus pour le passage du canal.
Heureusement, on avait à bord de quoi protéger la coque pour éviter les marques avec les pneus…

Note : Lors de notre second passage avec Charlotte, le voilier de notre nest n’avait apparemment rien loué… Il utilisait des amarres personnelles suffisamment longues et seulement ses petits parebattages. Même s’il y a peu de risques de toucher le mur, c’est plus rassurant avec les pneus !

Pour louer tout ça, on s’est organisé avec Quasar et Garulfo, deux batocopains avec lesquels nous avons transité le même jour (on avait choisi la même date par hasard). Ils ont négocié un peu les prix et obtenus un tarif de de 84 $US par bateau.

Voici notre contact pour cette location : Bahia Limon Service, titoservicechildren@hotmail.com, +507 6463 5009

Et l’inscription avec agent, ça change quoi ?

Surtout le prix en fait… Prendre un agent pour les formalités d’inscription revient à environ 350 $US de plus. Il s’occupe de toutes les démarches et rendez-vous, à part l’entretien pour la mesure où on doit être présent. On peut aussi le payer par carte bancaire pour qu’il aille ensuite à la City Bank lui-même.

L’intérêt pour beaucoup dans cette procédure, c’est qu’il n’y a pas besoin de fournir une caution pour le canal. C’est l’agent qui s’en charge, pas besoin d’avancer de sa poche les 900 $US de caution. Il peut même faire passer le canal sans avoir à faire sa clearance d’entrée ni le Cruising Permit si on ne fait que transiter, sans naviguer sur les côtes panaméennes.

Et c’est parti pour le passage du canal du Panama !

Jour J, 12 février 2019.Le rendez-vous est au mouillage de The Flats. On attend la venue du Transit Advisor, avec beaucoup d’excitation et une légère pointe d’inquiétude quand même:) Tout le monde est prêt à bord, Damien et moi, ses parents et Claude, notre ami que nous aiderons à son tour pour son propre transit sur Charlotte quelques jours plus tard.

Note : Le pont doit être bien rangé et les amarres déposées aux quatre coins du bateau, avec une boucle à l’extrémité d’1 m d’envergure, créée avec un nœud de chaise.

Une navette vient déposer notre Transit Advisor à 14h30, ainsi que ceux à bord de Garulfo et de Quasar, les voiliers français amis avec qui nous allons passer le canal. C’est parti !

Premier jour, passage des Gatún locks

Notre agent à bord ne s’avère pas très bavard, à peine cordial. Il ne nous explique rien, reste accroché à son talkie-walkie et ne nous donnera la procédure à suivre qu’au compte-goutte. Bon, heureusement, comme tous les autres, il parle anglais.

On lève l’ancre à 15h15, comme annoncé la veille par téléphone. On avance à petit régime jusqu’aux premières écluses, les Gatún locks, en laissant passer le cargo derrière lequel nous serons dans les chambres.

Départ pour le passage du canal de Panama en voilier.
C’est parti ! Première étape, passer sous le nouveau pont qui relie les deux berges, construit par un chantier français 🙂
Quasar et Garulfo, les deux voiliers avec qui nous allons passer le canal.
On se suit de près avec Quasar et Garulfo.
Cargo arrivant devant le canal de Panama côté Atlantique.
On voit notre cargo arriver de loin, celui derrière lequel on va passer !
Mais il y a combien d’écluses à passer sur le canal ?

6 au total, 3 côté Atlantique, au tout début du canal et 3 ensuite vers la fin, côté Pacifique. Les trois premières sont montantes, on s’élève de plus de 25 m au-dessus de la mer quand même pour atteindre le niveau du lac Gatún ! Les trois chambres s’enchaînent et se nomment les Gatún locks.

Côte Pacifique, les écluses sont descendantes. On en rencontre la première, Pedro Miguel, à la fin du lac Gatún. Puis, 1 mille environ plus loin, ce sont les deux dernières qui s’enchaînent, les Miraflores locks.

Note : Pour les écluses montantes, on est placé derrière le cargo, pour une question de facilité à envoyer les pommes de touline. Tandis que pour les écluses descendantes, on se retrouve devant le cargo.

Les portes du canal de Panama côté Atlantique.

Cette configuration nous permet de regarder les portes se fermer sur l’Atlantique et s’ouvrir sur le Pacifique ! Avec une grande émotion !

Juste avant d’entrer dans la première écluse, nos Transit Advisors nous donnent le feu vert pour se mettre à couple. C’est alors le branle-bas de combat sur le pont, pas commun de s’attacher par trois tous ensemble ! On vient d’abord avec Manwë nous accrocher à tribord de Garulfo, pour que Quasar vienne ensuite s’amarrer sur son bâbord. Ce sera la même configuration pour chaque écluse, Garulfo étant le plus grand de nous trois, 54 pieds pour 37 pour nous.

Trois bateaux mis à couple pendant le passage du canal de Panama.

Garulfo est un ketch alors que nous sommes des sloops, le placement des mâts les empêcheront de se toucher au niveau des haubans !

Pour avancer ensuite à trois, il faut se coordonner. Garulfo nous entraîne avec son moteur, tandis que Damien et Yann sur Quasar mettent un peu de gaz de temps en temps pour rectifier la direction de cet étrange équipage.

Comme prévu dans un nest, seules deux amarres seront utilisées sur les voiliers à l’extérieur, tandis que celui de l’intérieur n’aura quasiment rien à faire. Voici comment la procédure se déroule dans chaque écluse :

  • On arrive à petite vitesse près des quais de l’écluse.
  • Deux agents du canal nous envoient des pommes de touline reliées à des bouts, en visant le pied de mât. Ils sont doués, ils ont même des cibles sur les quais pour s’entraîner à viser ! On accroche ces toulines avec un nœud de chaise sur la boucle de nos amarres, une à l’avant et une à l’arrière.
  • On avance jusqu’à la position finale dans la chambre, en gardant notre amarre à bord.
Dans les Gatun locks, les premières écluses du canal de Panama côté Atlantique.
Les agents du canal qui suivent avec les pommes de touline le long des écluses panaméennes.

Les éclusiers suivent en marchant le long du quai.
  • Au signal, on laisse tombée à l’eau l’amarre qui est récupérée par l’agent et qui installe la boucle sur la bite sur le quai.
  • On tend aussitôt les lignes et on les sécurise (nœud de taquet).
  • Une fois la porte de l’écluse fermée, le niveau d’eau va changer. En montée, on récupère au fur et à mesure le mou de l’amarre sur le taquet et en descente, on relâche petit à petit. Le but est de garder au mieux les 3 bateaux centrés dans la chambre.

Note : Au final, nous n’avons jamais approché le quai de moins de 2 m, car nous étions 3 monocoques ensemble. Encore plus sécurisant avec Charlotte, où nous étions seulement deux voiliers. Mais ça peut être beaucoup plus sportif, comme pour des amis à nous, lorsque l’on passe avec des catamarans ou amarré à un petit yacht…

Le cargo qui démarre dans les écluses du canal de Panama.
C’est Patrick, le père de Damien, qui était en charge de l’amarre avant 🙂
  • Lorsque la porte de sortie est ouverte, un coup de sifflet donne l’ordre de relâcher un peu l’amarre afin que les éclusiers puissent libérer notre boucle de la bite. On récupère ensuite notre amarre à bord, sans défaire la pomme de touline si les écluses s’enchaînent. Les agents continueront dans ce cas à marcher le long du quai en même temps que notre nest.

Nuit sur le lac Gatún et deuxième jour : navigation au moteur

Une fois les Gatún locks passés, la dernière porte s’ouvre sur de l’eau douce, c’est le lac Gatún. Un lac artificiel créé pour le canal, à partir du fleuve voisin, le Rio Chagres. Ne manquez pas notre article où nous avons passé quelques jours sur ce fleuve paisible !

Dans l'attente que la dernière écluse s'ouvre sur le lac Gatun, sur le canal de Panama.
Sortie de nuit sur le lac Gatun, au milieu du canal de Panama.

Il fait déjà nuit quand nous avançons doucement sur un côté de la rive, afin de nous amarrer à une bouée. Les Transits Advisors se font récupérés par des navettes, ils ne dorment pas à bord du bateau (ni ne mangent le soir).

Bouée pour s'amarrer pour la nuit sur le lac Gatun.

Euh, c’est ça la bouée ?!! Une monstrueuse bouée rouge nous attend, plus pour amarrer un gros cargo qu’un petit voilier comme nous… Pas de souci, les grandes amarres seront là encore bien utiles.

On nous avait dit d’être prêts à 7h du matin, c’est chose faite, face au lever de soleil sur le lac. Tiens, c’est quoi cette forme qui ondule dans l’eau ? Un crocodile ! Le lac en regorge, ça ne donne pas envie de se baigner. Heureusement, car c’est interdit de toute manière, comme de débarquer à terre ici.

Lever de soleil sur le lac Gatun, au milieu du canal de Panama.
C’est calme sur le lac au petit matin.

Les Transit Advisors n’arrivent qu’à 8h30 mais c’est un agent beaucoup plus sympathique que la veille qui monte à bord. Sur Charlotte, le Transit Advisor était bien arrivé à 7h alors soyez bien prêts quand même 😉

Carte OpenCPN du canal de Panama.

On part pour 40 milles au moteur à travers le maxi chenal des cargos. Ils sont plutôt nombreux non ?
Navigation sur le lac Gatun, sous le soleil de Panama.

Passage de Pedro Miguel et Miraflores locks

La demi-journée au moteur est un peu longue, on arrive vers 13h30 devant la première écluse Pacifique, Pedro Miguel. On attend nos compagnons, on se met à couple et on prend place dans la chambre. Reste à attendre « notre » cargo, qui ne se montrera que 2h plus tard ! Et qui prendra son temps pour se glisser à son tour derrière nous… C’est parce qu’il s’agit d’un Panamax, un cargo avec la taille maximale autorisée pour le canal que nous empruntons !

Cargo qui entre dans l'écluse Pedro Miguel dans le canal de Panama.
Panamax qui entre dans l'écluse Pedro Miguel du canal de Panama.

Il n’a que 2 pieds de marge de chaque côté, autant dire qu’il rentre tout juste ! Impressionnant !
Parce qu’il y a combien de canaux en tout ?

Le canal de Panama correspond en fait à deux canaux parallèles. Le plus ancien, datant de 1914, celui sur lequel nous sommes, a fini par avoir ses limites de taille par rapport à la construction de cargos, porte-conteneurs, pétroliers, etc. toujours plus grands. Il comporte deux écluses parallèles pour deux passages en même temps et est toujours en activité. Mais un nouveau canal, plus large, a été construit juste à côté et inauguré en 2016.

Ne manquez pas le musée du canal à Panama City, dans la vieille ville ! Il est très instructif, avec beaucoup de photos et d’explications, pour 10 $US par personne. Dommage que la majorité des informations soit en espagnol et pas traduite en anglais…

Une fois l’écluse de Pedro Miguel passée, il nous faut parcourir le mille qui nous sépare des deux dernières, les Miraflores locks, toujours accrochés ensemble en nest.

Dans l'écluse de Miraflores sur le canal du Panama, bientôt côté Pacifique.
On y est presque !
Ecluse de Miraflores sur le canal de Panama.
Cargos dans les Miraflores locks sur le canal de Panama.
Pendant ce temps, les cargos s’enchaînent derrière nous !

Sortie sur le Pacifique et mouillage sur la presqu’île de Panama City : Amador

ENFIN, ça y est, c’est avec joie et émotion que l’on voit les dernières portes s’ouvrir sur le Pacifique ! Tout le monde à bord est excité, soulagé aussi que ce transit soit fini. Il fait nuit désormais, on se sépare et on avance dans le chenal illuminé, entouré des immenses grues de chargement et déchargement de conteneurs.

Notre équipe sur Manwë pour le passage du canal de Panama.
Photo souvenir, avec les parents de Damien, Claude et notre Transit Advisor !
Signature de notre Transit Advisor sur le canal de Panama.
On en profite pour demander un petit autographe à notre Transit Advisor en souvenir !

Note : Avec Charlotte, tout s’est joué plus rapidement, nous sommes sortis des dernières écluses Pacifique vers 16h seulement !

On dépasse le Balboa Yacht Club qu’on devine aux nombreux feux de mouillage. C’est un des trois lieux où on peut se stopper en voilier près de Panama City. Il s’agit d’un mouillage sur bouée mais il ne donne pas envie, encore malmené par les allées et venues des cargos et autres bateaux. On ne sait pas s’il y a beaucoup de commodités à terre au Yacht Club à proprement dit.

Nous, on continue notre route jusqu’au bout de la presqu’île artificielle, créée à partir des îlots Isla Perico, Isla Flamenco, Isla Naos et Punta Culebra. Notre Transit Advisor se fait récupérer en navette sur le chemin et on jette ensuite l’ancre dans le mouillage face à la marina La Playita. Aucun souci pour mouiller de nuit mais n’oubliez pas les marées ! Eh oui, de ce côté ci, le marnage n’est pas négligeable, 4 m au moins, nous ne sommes plus du tout habitués !

Et pour rendre les pneus et les amarres ?

On est descendu à terre au ponton des pêcheurs de La Playita pour rendre le tout à un homme venu en taxi. Il n’était pas très ponctuel encore une fois… Sur Charlotte, c’était plus simple. Après avoir contacté au téléphone l’entreprise de location, une lancha est venue récupérer amarres et défenses devant le Balboa Yacht Club.

Infos pratiques à terre

Côté Playita, le mouillage est raisonnablement confortable. Le problème, c’est pour accoster en annexe. Le seul endroit est le ponton de la marina La Playita de Amador et le tarif est de 50 $US la semaine pour juste accrocher son dinghy ! Le wifi et la laverie sont réservés aux clients de la marina, sachant que la place de port est à plus de 100 $US la nuit, on s’en passera ici… On comprend vite pourquoi il n’y a que des yachts et des bateaux de pêche flamboyants !

En plus de ça, si on veut faire remplir de l’eau ou du diesel ici, il faut payer une taxe de 35 $US juste pour accoster son voilier.

Il y a une seconde marina de l’autre côté, Flamenco Marina, mais les tarifs sont sensiblement les mêmes. Apparemment pas de taxe d’accostage mais l’eau serait plus chère. Au moins, ils ont de l’essence alors que ce n’est pas le cas côté Playita.

On bouge assez rapidement juste de l’autre côté de Isla Flamenco, dans le vaste mouillage Las Brisas, face aux gratte-ciels de Panama City. C’est moins calme, le vent souffle plus et peut lever du clapot. L’eau n’est pas très propre (surtout très froide, 20°C seulement maintenant sur cette côte!) mais c’était pareil côté Playita. L’avantage ici, c’est qu’on peut mettre son annexe au ponton gratuit des militaires. Il y a même un robinet d’eau disponible sur le ponton pour remplir des bidons !

La zone n’est tout de même pas très agréable pour les voiliers, on est pressé de partir pour de nouveaux horizons. Un peu de préparation à bord, des gros avitaillements, une petite visite de la capitale et nous seront prêts pour nos nouvelles aventures : la traversée de l’océan Pacifique !

12 commentaires

  1. Bonjour Manwe.
    Bravo pour cet article exhaustif et tous vos conseils. Pas sûr qu’il vous reste des sous pour les Galapagos car le canal ça fait mal, mais vous avez sûrement trouvé une astuce ( j’ai entendu parler d’une tolérance de 48 à 72 heures gratis )
    Très bonne traversée !

    1. Eh non malheureusement plus de tolérance je crois. Même si on a un souci moteur maintenant il faut quand même payer. On a préféré éviter l’archipel, on y reviendra peut-être un jour qui sait, par avion ^^

  2. Wow, bravo.

    Un ami nous a fait parvenir votre site. Nous avons aider des amis a faire le canal en février dernier, magnifique esperience.

    Nous, on traversera le canal à mi-janvier 2020. Pouvons nous gardez contacte et merci pour lex bons trucs.

    Diane & Richard, voilier Rodignard.

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