Entre haciendas mexicaines et cenotes autour de Mérida

Après notre arrivée au Mexique à Palenque, dans l’Etat de Chiapas, nous voici désormais dans l’Etat du Yucatán et dans sa capitale, Mérida. Parmi les nombreuses choses à faire autour de la « cité blanche », surnommée ainsi localement (on vous explique pourquoi après !), on a décidé de partir à la découverte d’haciendas typiques et de cénotes !

 

Comment on est arrivé à Mérida depuis Palenque ?

Bus de nuit ADO au départ de Palenque. L’agence de bus est à l’entrée de la ville. ADO, c’est le réseau de bus principal dans le Yucatan (peut-être au-delà).

Départ 23h30, arrivée à 7h30 à Mérida, avec quelques arrêts sur la route dont Campeche. Le bus était confortable (sièges bien inclinables) mais un peu trop climatisé (comme souvent).
Tarif : 695 pesos par personne.

 

Pas le temps de tout faire, il faut choisir. Le Mexique regorge de lieux à explorer. Surtout, nous sommes à pied, enfin nous voyageons en bus. Certains endroits ne sont pas faciles à atteindre avec les transports publics, d’autres même impossible qu’il a fallu écarter de notre programme.

Alors pas trop le choix, pour profiter des lieux en dehors de la grande ville de Mérida, on réserve un tour organisé avec une agence proposant voyages et excursions diverses. Le tour d’une journée comprenant 2 visites d’haciendas et 2 cénotes me tente grandement ! J’avais vraiment envie depuis longtemps de voir une de ces belles anciennes habitations mexicaines.

 

Notre tour organisé haciendas + cénotes depuis Mérida

Agence d’excursions (je ne me souviens plus du nom) située non loin de l’Office de Tourisme, sur la Calle 62 face à la place principale.
Prix du tour par personne (après négociation) : 550 pesos par personne.

Attention, l’entrée des haciendas est payante en plus, il faut prévoir des espèces pour payer à l’entrée.

Tarif hacienda Yaxcopoil : 100 pesos par personne.
Tarif hacienda San Pedro Ochil : 40 pesos par personne.

De même, le repas du midi dans un restaurant prévu n’est pas compris dans le prix de base du tour. Il faut ajouter 220 pesos par personne, mais on peut refuser d’y déjeuner.

Note : On nous a offert des jus de fruits lors de notre seconde visite d’hacienda : un Jamaica ou un Horchata. Euh c’est quoi ? Jamaica, c’est un jus avec de la Rose de Jamaica (sorte d’hibiscus) infusée et sucrée. Horchata, c’est de l’eau de riz avec du sucre et de la cannelle. Tout deux très bon mais très sucré !

 

Hacienda Yaxcopoil

 

Départ prévu à 9h avec une navette qui vient nous chercher directement devant notre Airbnb. Un peu de stress car à récupérer tout le monde, le mini-bus avait du retard, quasiment une heure. On avait peur qu’il nous ait oublié ! On était finalement une dizaine dans le groupe, nous deux, une Australienne et le reste de Mexicains en vacances.

On est accompagné sur la journée d’un chauffeur du mini-bus (je ne souviens plus de son nom) et d’un guide, Alphonso, très sympathique, qui parle anglais et espagnol. Comme on a un peu de route, il en profite pour nous expliquer l’histoire de la ville de Mérida.

On a pu enfin comprendre pourquoi elle était surnommée la « cité blanche » ! Il y a bien longtemps, Mérida était une ville maya, elle s’appelait alors Toh. Quand les Conquistadors sont arrivés et ont conquis la cité, ils ont bâti des murailles tout autour. On peut en voir d’ailleurs les restes en ville, ce sont les arches jaunes comme celle non loin derrière la cathédrale principale.

Les Espagnols restaient entre eux à l’intérieur, d’où le surnom de la « cité blanche » par rapport à leur couleur de peau ! Les Mayas étaient donc exclus dehors. Les Conquistadors ont ensuite commencé à s’éloigner et à vivre dans les terres, notamment dans les haciendas en cultivant la plante henequen, l’or vert du Yucatan. Ils fabriquaient par exemple des habits avec la fibre, en utilisant les Mayas comme esclaves…

Puis, les Mayas se sont révoltés (54 ans de guerre) et ont finalement gagné. Les peuples se sont mixés au fil des années. Les haciendas ont alors été abandonnées et beaucoup sont en mauvais état aujourd’hui. Seules certaines sont désormais restaurées en musées, restaurants et/ou hôtels.

Après cette explication plutôt intéressante, on arrive enfin devant notre première hacienda, Yaxcopoil, et quelle entrée ! L’arche principale est magnifique, indiquant le prestige de l’habitation qui était à l’époque l’une des propriétés rurales les plus importantes de la région.

Portail et arche de l'hacienda Yaxcopoil au sud de Mérida.Parc de l'hacienda Yaxcopoil au sud de Mérida, au Mexique.

Le jardin et les abords de la maison donnent tout autant envie de poursuivre la visite… Qui se fera avec un autre guide sur place. En espagnol seulement cette fois-ci ! On arrive à suivre ce qu’il dit, Alphonso nous traduisant les détails quand c’est nécessaire.

Façade principale de l'hacienda Yaxcopoil dans le Yucatan.
L’hacienda a été fondée au XVIIème siècle. Sa façade est très caractéristique !

 

Note : Yaxcopoil est un nom maya, Yax veut dire vert, copo : peuplier et il : lieu donc cela signifie « le Lieu des Peupliers Verts » dans la langue maya. 🙂

Cénote X-Batún

 

C’est parti pour notre tout premier cénote ! Notre chauffeur engage notre van dans des petits chemins de terre au cœur de la nature mexicaine. On se demande un peu où on va atterrir…

Au détour d’un sentier, on arrive devant un carrefour entre les arbres : d’un côté, le cénote X-Batún et de l’autre, le cénote Dzonbakal. On commence par le premier, hop, en maillot de bain !

Note : Des vestiaires et des douches étaient disponibles devant ces deux cénotes. C’était d’ailleurs obligatoire de se rincer (pour la crème solaire par exemple) avant d’aller se baigner. Avec vérification par un gardien !

Je cherche entre les arbres pour apercevoir en contrebas l’eau miroitante, enfin, je le vois ! Une eau claire, bleue turquoise, qui se distingue parmi la végétation dense. Impatients, on descend pieds nus l’escalier de pierre qui rejoint le cénote.

Le cenote X-Batun dans la jungle mexicaine.

 

Mais au fait, c’est quoi un cénote ?

Les cénotes sont des trous dans le sol, immenses gouffres ou cavernes enfouies, qui sont (totalement ou en partie) remplis d’eau douce, parfois jusqu’à une très grande profondeur.

Ils se forment par effondrement ou dissolution de la roche calcaire environnante. On peut donc les classer en trois catégories, en fonction de leur âge. Les plus jeunes sont des sombres cavernes avec un simple trou dans le plafond de la grotte. Les « moyens » sont ceux qui ont l’aspect d’un vaste puit circulaire (les images les plus connues), on peut également inclure ceux dont un côté de ce puit s’est effondré.

Enfin, les derniers, les plus anciens, ne sont plus que des étendues d’eau à ciel ouvert. Toute la roche calcaire s’est effondrée autour ou s’est dissoute. Si le cénote est d’ailleurs complètement submergé d’eau, on l’appelle aussi trou bleu !

Ils étaient sacrés pour la civilisation ancienne des Mayas, ils les considéraient comme des passages vers leur monde des morts…


X-Batún est donc un cénote de type moyen, un pan de la falaise est encore présent. L’eau est transparente, la lumière s’engouffre entre les branches pour venir faire briller la surface, c’est tout simplement magique. On n’hésite pas longtemps avant de se mettre à l’eau parmi les nombreux petits poissons. Elle est fraîche mais avec la chaleur ambiante (c’est vraiment étouffant au mois d’août au Mexique !), c’est très agréable.

Cenote X-Batun et son eau claire dans le Yucatan.

 

Cenote Dzonbakal

 

Le second cénote sera finalement moins joli. On est trop nombreux devant la cavité, à se bousculer un peu pour mettre un orteil dans l’eau. Dissimulé lui-aussi sous la falaise, la surface est plus sombre et surtout plus froide !

Cenote Dzonbakal au Mexique, au sud de Mérida.

C’est impressionnant de se baigner dans cette grotte semi-ouverte mais on n’a pas très envie d’aller voir au fond ce qui se passe. 😊

 

Pause déjeuner

 

Notre chauffeur nous dépose près d’un restaurant sur la route, qui doit être le lieu de rendez-vous des tours organisés de notre type. La décoration est typique mexicaine et le repas aussi ! ça nous au moins l’occasion de goûter à de nouvelles spécialités. Le prix n’est pas donné comparé à un simple restaurant en ville mais c’est soit ça, soit rester dehors et manger son propre en-cas, moins sympa quand même.

Au restaurant le midi pendant notre tour des haciendas.
Pas le choix du menu, tout le monde a la même chose ! En apéritif, un jus horchata (eau de riz + cannelle) ou un jus tamarindo (au tamarin).
Cocktail Curacacha au Mexique.
Enfin en digestif, un shooter de « cucaracha » : tequila + liqueur de café + une lichette d’eau gazeuse. Le serveur tape fort le verre sur la table pour faire mousser et tu bois cul sec direct en portant le sombrero !

 

Hacienda San Pedro Ochil

 

On a un peu traîné le midi apparemment (ou avant aux cenotes) et Alphonso nous annonce qu’on arriverait après la fermeture de notre seconde hacienda ! Oh non, trop dommage… Mais heureusement, en arrivant sur place, c’est bon, on peut quand même entrer. L’avantage, c’est que notre groupe sera le seul sur place !

Après avoir longé le rail du mini-train transportant autrefois les chargements d’henequen, on entre dans des petites maisons/musées abritant des collections d’artistes contemporains mexicains. Puis, c’est l’entrée de l’hacienda et sa fameuse arche de pierre caractéristique.

Rail pour transporter l'henequen, à l'hacienda San Pedro Ochil, au Mexique.

Entrée de l'hacienda San Pedro Ochil.

Le décor au-delà est fabuleux… Alphonso nous explique que l’hacienda peut même se réserver pour des réceptions, mariages, séminaires, etc. On comprend vite pourquoi ! C’est magnifique, le bâtiment principal comme les cours et les petits jardins qui s’enchaînent.

Parc de l'hacienda San Pedro Ochil.

D’un côté, une petite piscine dans la pierre, bordée d’une terrasse en bois. De l’autre, les anciennes machineries pour travailler l’henequen, qui donnent du charme à tout l’ensemble.

Dans les jardins d'une hacienda mexicaine.

Et au fond, des gradins qui descendent pour former un théâtre en plein air, avec en contrebas un cénote caché ! Laissé dans son état naturel, à demi sous la falaise, l’eau n’est pas très propre. Mais sa présence même rend l’endroit magique.

Alphonso me dit en passant que je pourrais me marier ici en montrant Damien, je lui réponds en riant que c’est trop tard, on l’est déjà. Et plus tard, c’est Damien qui me chuchote : « Eh, et si on se remariait ici ? » 😊

 

Sinon, c’est comment Mérida ?

 

La ville est grande, après tout c’est une capitale. Elle s’avère beaucoup plus touristique que Palenque (mais à ce niveau, ce sera crescendo plus on se rapprochera de la côte). Il y a surtout beaucoup de circulation, on n’a plus l’habitude !

Une des jolies places de la ville de Mérida, au Mexique.

 

Spectacle de danse le soir sur la place principale de Mérida.
Spectacle de danse mexicaine le soir sur la place principale.

On est resté 2 nuits sur Mérida mais on a dû prendre deux logements différents. Le premier était complet pour y rester plus longtemps.

Nos Airbnb étaient loin du centre-ville, ce n’était pas très pratique. On est quand même sorti pour manger le soir mais il fallait marcher longtemps ! La place principale est typique, vaste et jolie. Les rues adjacentes sont plutôt animées, avec tous les nombreux restaurants (pas tous économiques) qui les bordent. C’était presque plus sympa de se promener en soirée, les lumières apportent une touche beaucoup plus agréable.

 

Où avons-nous logé à Mérida ?

1er airbnb chez Nelly, logement nommé sur le site Cuarto privado de piedra.

Chambre double jolie pour 11,38€ la nuit, avec salle de bain privative. La salle de bain n’était pas très pratique, l’eau stagnait partout après une douche… Climatisation et ventilateur. Assez loin du centre-ville.

2ème airbnb chez Vilmentas, logement nommé sur le site Casa Tolok.

Grande chambre double pour 11,97€ la nuit. Deux salles de bains à partager disponibles, on pouvait même utiliser la cuisine. Seul bémol : seul un ventilateur pour dormir, c’était dur sans climatisation.

 

Note : En passant, on n’a vraiment eu aucun souci dans la péninsule du Yucatán. On ne peut pas généraliser à l’ensemble du Mexique bien sûr. Mais lors de nos différentes étapes, on ne s’est jamais senti en insécurité sur quoi que ce soit, ni vu quelque chose de suspect, même en soirée. On a entendu des témoignages d’autres backpackers qui s’étaient voler leur sac à dos dans un bus. Il est vrai que lors des trajets, mieux vaut vraiment garder un œil sur ces affaires, mais à part ça…

 

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2 commentaires

  1. « Ton nom tu le signe à la pointe de l’épée d’un Z qui veut dire Zorro » Désolée il fallait que je la fasse. Je ne me souvenais plus de la signification de cenote donc merci pour l’explication.

    1. De rien 😉 oui ça nous a aussi donné envie de regarder Zorro alors on a pas hésité une fois en France, c’était sympa de voir les actions dans une hacienda !

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