Marquises : Hiva Oa, ses côtés pratiques au sud et sa côte nord plus tranquille

Mouillage d'Hiva Oa, la baie de Tahauku aux Marquises.

C’est parti pour notre seconde île aux Marquises ! Après une arrivée mémorable de notre transpacifique sur Fatu Hiva, on met le cap au nord-ouest pour Hiva Oa, avec une navigation d’une bonne quarantaine de milles dans des alizés encore calmes.

Mouillage près du village d’Atuona, choix stratégique mais pas coup de cœur

On atteint la baie de Tahauku ou baie des Traîtres (sympa le non!), qui ne deviendra pas notre mouillage favori de nos escales marquisiennes. Pas très joli, un peu stressant de part sa configuration et inconfortable. Quoi que pour cette dernière caractéristique, on se rendra vite compte que finalement, trouver un mouillage calme et confortable aux Marquises tient plus du miracle une fois que les alizés et la houle du large sont établis…

Montagne qui domine le mouillage de Tahauku sur Hiva Oa.
Enfin pas très joli, c’est juste pour les abords du mouillage, type chantier, on verra mieux. Mais la montagne au loin est majestueuse, en journée comme en soirée !

On arrive à se trouver une petite place parmi les nombreux voiliers déjà derrière la digue, à l’abri des grosses vagues. Ici, la majorité des plaisanciers mouillent ancrés avant et arrière pour rester face à la houle qui s’immisce malgré tout dans la baie.

Au début, nous ferons de mêmes, deux mouillages à l’eau. Mais le vent se met un jour à souffler fort de travers, faisant glisser les ancres arrières de quasiment tous les bateaux ! Trop proche de notre voisin, on bouge pour se rapprocher du quai à l’est, dos au vent. Les mésaventures ne seront pas finies, comme lorsque nous quitterons la baie… Le bout qui retient notre mouillage arrière se détachera, Damien sera obligé de plonger dans une eau trouble pour sauver notre ancre. Une fois à bord, on se croira à l’abri des soucis mais on arrachera par mégarde le mouillage arrière d’un autre voilier, arrivé après nous, qui avait installé son câblot sur notre chaîne avant.

Bref, vous l’aurez compris, on n’aura guère apprécier cette baie ! Sans parler du quai où on peut laisser son annexe, certes bien pratique, mais souvent encombré car nous sommes nombreux à débarquer à terre. Attention d’ailleurs à veiller à ce que son annexe ne passe pas sous le quai à marée haute!

Pourquoi on est là alors ?

Si on est venu ici, c’est qu’il y a quand même un aspect pratique et certains avantages. Le principal intérêt réside dans le village d’Atuona, le plus grand des îles du sud des Marquises, autrefois même le chef-lieu de l’archipel tout entier. Il se situe à environ 45 min à pied (plus rapide si on coupe par la plage) mais on y trouve quelques commodités intéressantes.

Note : L’archipel des Marquises peut se diviser en deux groupes, les îles du Nord, avec les petites Ua Huka et Ua Pou près de la grande Nuku Hiva, et les îles du sud, avec les petites Fatu Hiva et Tahuata près de la grande Hiva Oa.

La Poste d’abord, pour enfin pouvoir retirer de l’argent local ! Ça nous fait tout de suite une grosse somme au distributeur, car le taux du franc pacifique, c’est 1 € = 119,92 XPF.
Eh ben, on est bien loin de la France maintenant !

On se rend direct à la gendarmerie pour remplir notre clearance, on vous explique tout dans notre prochain article. Une fois que nous sommes (enfin) en règle aux Marquises, on entre dans le mini-supermarché face à La Poste, impossible de résister à la curiosité d’aller voir ce qu’on y trouve !

Il n’y a pas beaucoup de choix pour chaque type de produit, mais on retrouve avec plaisir des marques françaises. Aie, les prix, eux, font un peu mal aux yeux ! Seuls les produits de première nécessité, comme le riz, les pâtes, le beurre salé aussi ouf !, ont un tarif affiché en rouge et non modifié par le transport depuis Tahiti. Le reste, surtout les petits plaisirs, ça peut grimper très vite. Le Nutella est à presque 10 € et pas les moyens non plus d’acheter des yaourts ici… Pour la viande, c’est plus raisonnable mais pour le fromage, on se contentera d’un brie tout simple, le moins cher possible. Il n’y a pas beaucoup de choix de toute façon mais c’est déjà tellement bien de trouver autre chose que du faux cheddar panaméen !

Il y a aussi une boulangerie en ville mais il faut être un sacré lève-tôt si on veut un pain au chocolat:) Il paraît qu’après 7h, ils sont déjà tous partis. A midi, il n’y avait plus de baguettes non plus. Quelques 4×4 et stands vendent aussi des fruits par ci, par là.

Petite réflexion sur le fait de se nourrir grâce à Dame Nature

Pendant notre séjour dans l’archipel, on se rend compte petit à petit qu’on n’a pas besoin de dépenser énormément pour vivre. Certes, la vie est chère, tout le monde le sait et c’est indéniable. Mais on trouve tout ce qu’on veut, pour se nourrir en tout cas, grâce à la nature ! Les supérettes finalement, ce n’est que du bonus, des produits dont on n’a pas forcément besoin.

Dans les petits villages plus authentiques que Atuona (et que Taiohae sur Nuku Hiva), on peut facilement trouver des fruits par soi-même, mangues, noix de coco, citrons verts, papayes, sans empiéter sur les propriétés privées bien sûr. Certains habitants donnent volontiers (ou peuvent échanger) des pamplemousses, des régimes de bananes, du poisson, des œufs, voire même du cochon ! Et le poisson, on peut aussi le pêcher si on a de la chance.

Si on fait son pain, ses confitures avec les fruits récupérés, il ne manque pas grand-chose à ce menu. Et tout ça sans argent, avec le sourire, le partage et l’échange. On est ravi de ce mode de vie. Ces îles se suffisent à elles-mêmes, c’est la première fois que nous voyons autant cela lors de notre voyage. Les arbres fruitiers poussent à profusion, les chèvres, poules, cochons évoluent en toute liberté et sont chassés pour nourrir les familles quand il le faut. Les pêcheurs ramènent sans cesse rougets, thons et autres denrées de la mer. Que demander de plus ?

Alors oui, ça manque un peu de légumes. Dommage, les Marquisiens en font rarement pousser, on ne sait pas trop pourquoi. Sur les marchés et dans les supérettes, on trouve en fonction des arrivages des courgettes, des choux, des carottes et quelques rares oignons. Mais le prix est presque prohibitif, surtout pour les tomates que nous avions vu une fois ! On se laisse tenter mais on est content d’avoir bien approvisionner nos cales avec des conserves de légumes au Panama.

Note : Pour ceux qui aiment quand même les petites friandises et qui n’ont pas envie de marcher jusqu’à Atuona, on trouve aussi pas mal de choses dans la station service dans la baie de Tahauku. Plein de tablettes de chocolats et de biscuits, même des glaces;)

Visites culturelles immanquables

La petite ville d’Atuona est très connue pour d’autres raisons que ses côtés pratiques. Vous le savez peut-être déjà, mais c’était le dernier lieu de vie du peintre Paul Gauguin et du chanteur Jacques Brel ! Ils avaient tous deux choisis (à des époques différentes bien entendu) de vivre leurs derniers jours aux Marquises et de se faire enterrer ici. Alors il ne faut pas manquer les visites qui s’imposent : le centre culturel lié aux deux artistes, pour 1100 francs par personne, ainsi que le cimetière un peu plus haut où se trouvent leurs tombes.

Le musée est très joli d’extérieur. On peut y admirer des copies des toiles de Paul Gauguin, une reproduction de sa maison locale et le petit avion que possédait Jacques Brel.

Enfin on peut se connecter avec le reste du monde !

Un autre gros intérêt de mouiller dans cette baie de Tahauku et qui nous a fait rester malgré tout un peu plus, c’est le point wifi situé au Yacht Services, au-dessus du chantier naval Maintenance Marquises Service (MMS). On vous parle plus en détails de cette connexion dans un article à venir. L’endroit est sympathique, il y a des tables en bois pour s’installer et on a une belle vue à 360° sur la baie et l’horizon.

La connexion marche plutôt bien, surtout en après-midi quand il y a moins de monde. C’est là aussi qu’on se retrouvera à 4 voiliers pour un apéro bien agréable tous ensemble : Tangara, Dir Na Dor et Jacinthe fraîchement retrouvé après leur arrivée de leur transpacifique.

Côté pratique encore (comme quoi, ce n’est pas si mal de venir ici)

Pour le diesel uniquement, il est possible d’obtenir une carte Duty Free pour remplir ses bidons à la station service. La carte coûte 10000 francs et est valide six mois. Ça permet d’obtenir le litre à 80 francs au lieu de 140 francs environ.

Pour le gaz, on a fait remplir une Campingaz au chantier MMS. Ça leur a pris une journée, pour 1500 francs (500 francs/kg).

Pour l’eau, il y a un robinet d’eau potable au quai. On peut donc bidonner sans problème.

Escale à Tahuata

Direction la petite sœur d’Hiva Oa, l’île de Tahuata, au sud-ouest. On vous raconte tout sur une de nos îles coup de coeur des Marquises dans un prochain article !

Exploration du nord d’Hiva Oa

Après Tahuata, on se retrouve tout seul. Nos 3 amis bateaux ont pris des directions différentes, en fonction des impératifs de chacun. Alors, nous, on fait quoi ? On se laisse encore du temps aux Marquises, pas de stress. Alors c’est parti pour une petite navigation de 13 milles jusqu’au nord de l’île de Hiva Oa.

Les alizés se sont renforcés, surtout depuis notre arrivée il y a quelques semaines. Au début, 20 nœuds de travers, on file vite sur l’eau. Problème, la houle et les vagues levées en conséquence ont la fâcheuse manie de tourner autour des îles et d’envahir presque toutes les baies (on était encore épargné à l’ouest de Tahuata).

Du coup, notre premier mouillage visé au nord d’Hiva Oa, la baie de Hanamenu, sera inenvisageable, trop de houle pour songer y dormir. On continue à longer la côte nord, obligés de tirer des bords face au vent. On atterrit dans la baie de Hanaiapa, très jolie avec ses montagnes de part et d’autre, ses sapins sur les hauteurs et sa longue vallée encaissée au milieu garnie de cocotiers. Double paysage, on se croirait à la fois en Suisse et sous les Tropiques;)

Attention au gros caillou à l’entrée de la baie, le motu Fatutue ! Non loin, sur le rivage ouest, on peut observer un trou du souffleur bien impressionnant grâce à la houle.
On jette l’ancre à l’est dans 11 m d’eau, là où ça semble le moins rouleur. Car la houle s’immisce quand même, cette sournoise.

On se rend au village, tout allongé dans la vallée. Toujours des magnifiques jardins bien entretenues, des maisons ombragées et des arbres fruitiers à profusion. Dommage, il ne semble pas y avoir de sentiers de randonnée pour arpenter les reliefs alentours. J’aurais bien aimé revoir quelques sapins de près, ça fait longtemps;) On ne cherche pas très longtemps, il faut bien l’avouer.

Les fleurs apportent des touches de couleur tout autour de nous. C’est vraiment super joli, on ne s’en lasse pas !

1 commentaire

  1. Tout cela est magnifique. Encore un grand merci à vous de nous faire partager votre voyage.
    Cela nous fait patienter un peu en attendant notre tour
    Bisous à vous deux

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