Marquises : 3 mouillages sur la petite île pleine de charmes de Tahuata

Vol de notre drone au-dessus de la baie de Hapatoni sur l'île de Tahuata aux Marquises.

Échappée de quelques jours de l’île d’Hiva Oa pour sa petite sœur au sud-ouest. On profite des mouillages plus calmes de Tahuata, de ses animaux marins et des rencontres incroyables avec ses habitants !

Tahuata, on ne peut pas la manquer, elle n’est séparée que de quelques milles de sa grande sœur Hiva Oa ! Une bonne raison pour nous y rendre et passer un peu de temps plus paisible et plus authentique que dans le mouillage de Tahauku sur Hiva Oa. On hisse les voiles et c’est parti pour traverser le mince canal du Bordelais entre les deux îles, tout en croisant des dauphins jouant à sauter dans les vagues. On s’y habituerait presque tellement on en voit par ici!;)

Note : Attention au courant dans le canal du Bordelais, en fonction des marées, il peut être bien fort. Les alizés se renforcent ici aussi avec les reliefs.

Face à la plage de Hamoenoa, une baie aussi jolie que reposante

Les mouillages sont assez nombreux au nord et à l’ouest de Tahuata. On choisit de rejoindre nos amis Tangara et Dir Na Dor dans la baie de Hamoenoa, face à une belle plage de sable doré, notre première depuis notre arrivée aux Marquises ! Ça faisait longtemps, la dernière remonte aux San Blas quand même. Bon, Taboga Island face à Panama City, ça ne compte pas, l’eau était beaucoup trop froide;)

Le mouillage, lui, est vraiment parfait pour se ressourcer ! Eau quasi turquoise, transparente, on voit le fond (enfin!). Pas trop de houle ni de vent, c’est suffisamment protégé pour ne pas rouler sur l’eau et bénéficier d’un sommeil réparateur. Un relief peu marqué aux alentours, qui empêche les nuages de s’accumuler et d’assombrir le ciel. Pas facile d’accoster sur la plage, à cause du gros ressac, mais ça fait bien plaisir de marcher à nouveau sur du sable chaud. Bon, sans s’y attarder non plus car les fourmis et autres bestioles y ont élu domicile. On ne peut pas s’aventurer au-delà de la barrière des cocotiers, le terrain est privé.

Peu de poissons sous l’eau mais devinez qui vient nous saluer chaque matin : des raies manta ! On a réussi à nager avec elles, c’étaient des petites, un peu timides, mais quelle expérience…

Dommage, on n’a pas pensé à prendre trop de photos de cette jolie escale. Eh oui, ça arrive ! A part Alex de Tangara qui lui, a pensé à faire voler son drone depuis son bateau ! Avec Anna & Lucas sur leur kayak et nous sur le paddle !

Sous les falaises d’Hapatoni, mouillage aux milles et un attraits

On file plus au sud, direction la baie d’Hapatoni. Le relief s’accentue, les montagnes deviennent de plus en plus impressionnantes, à l’image de Fatu Hiva, l’île plus au sud, une île qui a 1,5 millions d’années tout de même ! Bon, rien à voir avec Rangiroa, un grand atoll à l’est des Tuamotus, qui a le vénérable âge de 40 millions d’années. On comprend mieux la formation des différents archipels polynésiens, chacun né à partir d’un point chaud sur la plaque océanique Pacifique. Et chaque archipel présente d’ailleurs ses îles alignées entre elles, ça c’est dû à la dérive de la plaque d’est en ouest au fil des années.

Les Marquises au nord-est sont encore des volcans très hauts, « jeunes », sans barrière de corail autour. Les Tuamotus, au centre, sont beaucoup plus anciens, avec un point chaud situé désormais au sud-est des Gambiers, plus jeunes. Les îles de basalte se sont enfoncées sous l’océan pour ne laisser que les coraux en cercle autour et un lagon central : des atolls. Quand aux îles de la Société, Tahiti et ses sœurs, c’est un peu l’intermédiaire, avec notamment des îles hautes, volcaniques, encore présentes mais déjà entourées d’un lagon et de corail.

La côte ouest de l’île de Tahuata.
Cascade de végétation derrière nous ! Dans ce mouillage, le vent vient de l’ouest en contournant les hauteurs.

On peut toujours se baigner, bien que l’eau soit moins claire qu’à Hamoenoa. Les garçons (on est toujours avec nos autres amis voiliers) tentent une chasse sous-marine, où Damien ramènera un petit thazar maquereau. Mais difficile dans ces eaux de choisir le bon poisson, la ciguaterra est partout, et les espèces atteintes, déjà nombreuses, ne seraient pas les mêmes dans chaque baie !

Ce sont cette fois-ci d’autres animaux marins qui nous font l’honneur de leur visite. Après les raies manta, voici les dauphins ! Ils arrivent par dizaines, voire plus, dans la baie, nageant et sautant juste devant les voiliers ! C’est la première fois qu’on en voit aussi près de bateaux ancrés. Hop, on saute sur le paddle pour les approcher. On se met à l’eau mais ils restent timides, les petits groupes plongent à notre approche. Mais on entend leurs cris sous l’eau, impressionnant ! Ici, ce sont des jeunes, des bébés même, la baie est une véritable nursery ! Décidément, les Marquises n’arrêteront jamais de nous émerveiller…

Vue de la baie vers le nord, avec le mouillage.
Vue de la baie vers le sud. Si si, il y a un village caché sous les arbres !

Au sud de la baie, on trouve caché dans la verdure le minuscule village d’Hapatoni, 100 habitants. Autant dire qu’on ne peut pas faire plus authentique. Quelques maisons, une église, une place principale, et un joli rivage face à l’océan.

Notre joyeuse troupe se promène sur la petite route, dite Chemin de la Reine.
On va pouvoir commencer une collection de photos d’église, nous ne sommes pas croyants mais on ne peut pas résister à leur charme extérieur !

On fait la connaissance de « Calino », un Marquisien super sympathique, qui nous hèle d’abord pour venir voir son stand d’artisanat à vendre. Il nous présente ses sculptures sur os (de boeuf), montées en bijoux. Chaque île et chaque vallée presque présente un artisanat local unique en son genre. On se souvient du tapa dans le village d’Omoa sur Fatu Hiva. Tahuata, elle, est la seule île à travailler sur de l’os de bœuf !

Note : Il nous précisera que bon, ce n’est pas sur de l’os de bœuf local qu’ils travaillent. Mais de l’os de bœuf néo-zélandais importé, beaucoup plus résistant.

Calino, ce sera vraiment une rencontre incroyable. Il a le cœur sur la main, nous donne des fruits, du poisson, sans rien demander en retour. Nous invite à partager avec lui des plats traditionnels, de la chèvre au lait de coco avec des beignets de fruit à pain. Nous parle de son île, de la culture, de son travail en tant que sculpteur ou entraîneur de volley, de sa passion pour la danse traditionnel, de ses tatouages,. Nous raconte ses expéditions pour aller chasser le cochon sauvage dans la montagne. Une vraie chance de pouvoir partager autant, nous en retour avec nos récits de voyage et nos quelques recettes maisons.

Note : Au début, Calino voulait simplement nous donner un morceau de chèvre, en nous disant : « Alors, tu le fais bouillir pour l’attendrir, puis tu le laisses mariner dans le lait de coco… Bon, euh tu vas pas savoir, tu vas gâcher, alors le mieux, c’est que vous reveniez demain et je le fais pour vous ! » Trop sympa !

C’est tellement pratique de parler en français, ça nous permet de de discuter et de connaître vraiment les personnes. Mais on demande aussi à apprendre quelques mots en marquisien ! Apparemment, il y aurait même un accent différent entre les îles du nord et les îles du sud.
Pétanque pour digérer, à la cool et à l’ombre.
Damien et Calino discutent des règles, pas les mêmes ici aux Marquises qu’à Marseille;)
Une bien belle journée pour l’anniversaire de Damien ! Eh oui, il a 30 ans aujourd’hui, entre repas marquisien, pétanque, wake l’après-midi avec l’annexe de Jacinthe et apéro le soir tous ensemble, que demander de plus ?

On se motive le lendemain à monter jusqu’au col au-dessus du village, 1 h environ pour s’y rendre. Ça grimpe bien au début, puis la route serpente jusqu’à avoir une belle vue sur la baie. On aperçoit aussi l’autre côté, une vue imprenable sur l’océan. On se fera redescendre en pick-up:)

Rapide stop à Vaitahu, pour des questions pratiques

Le vent s’est levé dans la baie d’Hapatoni, des rafales puissantes soufflent sur le mouillage. Nos amis partent pour des directions différentes, il est temps aussi pour nous de lever l’ancre. Mais avant de quitter Tahuata pour le nord de l’île d’Hiva Oa, on mouille pour une journée devant le village principal de l’île : Vaitahu, 2 milles plus au nord.

Là aussi, les rafales sont fortes, descendant de la vallée pour souffler violemment dans la large baie. On tire des bords au mouillage. Avec la longue houle, difficile même d’accoster en annexe sur le quai de pierre !

Bon, on ne s’éternisera pas, on est ici pour des raisons purement pratiques. Courses d’abord à la mini-supérette. On n’est pas gourmands, les tarifs font peur alors ce sera le strict minimum. On regarde les bières locales mais à presque 15€ le pack de 6, on se contentera de nos Panama encore à bord !

Avant de repartir, on arrive au restaurant Chez Jimmy à trouver du wifi (peu performant mais c’est toujours ça) et on achète aussi une carte SIM à La Poste, pour avoir un numéro local. On vous en parle plus en détails dans un prochain article.

On ne visitera pas trop les alentours mais on ne peut pas manquer l’église, toujours aussi jolie que sa voisine d’Hapatoni.
Le mouillage paraît bien calme depuis le village mais attention aux apparences trompeuses !

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