A l’assaut des cols et sommets au nord de l’île de Moorea

Après nos mises en jambes dans la vallée d’Opunohu, au Tropical Garden ou sur les traces des anciens Polynésiens jusqu’au Belvédère, il était temps de s’attaquer aux reliefs un peu plus élevés de Moorea. On se lance donc dans une première randonnée jusqu’à un col (pas encore trop difficile) avant de nous motiver pour le haut sommet du mont Rotui, une toute autre histoire !

 

Randonnée jusqu’au Col des 3 cocotiers

 

Aujourd’hui, on vise le Col des 3 Cocotiers (ou E’a Tefeo). Quand on parle de col, on a tout de suite l’impression de se lancer dans un long périple associé à une ascension éprouvante. Mais finalement, cette sortie est largement faisable, il n’y a pas de grandes difficultés sur le chemin:)

Informations randonnée : Chemin balisé bleu foncé. Si départ du Belvédère, 4,3 km aller-retour, 198 m de dénivelé, 3h de marche annoncées.

Départ vers 10h du matin – on sait qu’on sera à l’ombre des arbres, pas besoin de partir trop tôt. Dir Na Dor nous emmène en voiture pour arriver directement au parking du Belvédère. Le sentier vers le col débute au même endroit que la mini-boucle rose que nous avions déjà faite.

On marche au cœur de la jungle, alternant montée, descente et croisement de ruisseaux. On peut y aller à son rythme, ça reste selon nous accessible à beaucoup de monde. Mais mieux vaut éviter de s’y engager par temps pluvieux, ça risque fortement d’être boueux et glissant ! Déjà par temps sec, il faut parfois faire attention où on met les pieds.

Forêt de bambous sur le sentier du col des 3 cocotiers à Opunohu.
Passage entre d’impressionnants bambous.
Photo entre amis dans une forêt de bambous à Moorea.
Toujours sympa une randonnée entre amis !

De temps en temps, une percée dans la végétation nous laisse apercevoir le mont Rotui ou la baie d’Opunohu. Mais la récompense, c’est de découvrir le lagon de Moorea côté ouest, une fois le col atteint, à 419 m d’altitude.

Le mont Tohiea, le plus haut sommet de l'île de Moorea.
Le plus haut sommet de l’île est souvent caché dans les nuages, le mont Tohia au fond, qui culmine à 1207 m.
La vue sur le lagon de Moorea vers l'ouest, depuis le col des 3 cocotiers.
Il faut profiter ce point de vue vers l’ouest car on y a accès qu’une seule fois sur toute cette randonnée. Une fois passé, on redescend dans la caldeira centrale.
La caldeira intérieure de l'île de Moorea.
La voici justement, la caldeira du volcan, en regardant vers l’est !

Cette marche aura duré 3 bonnes heures aller et retour. Ce qui est bien pratique sur l’île de Moorea, c’est qu’on peut faire plein de randonnées sans guide ! Elles sont accessibles facilement et bien balisées. Au contraire de Tahiti ou de Raiatea, où nous avons entendu dire qu’il était souvent nécessaire voire obligatoire de faire appel à un guide pour arpenter les terres. On vous en dira plus quand nous irons explorer ces îles !

 

Allez, on se motive, mont Rotui, à l’attaque !

 

Là, plus de rigolade. Le mont Rotui et ses 899 m d’altitude, c’est une autre affaire ! D’ailleurs, la randonnée n’est même pas inscrite sur les guides touristiques, ni sur les panneaux indicatifs de l’île.

On sait que c’est possible, mais il faut être en forme physiquement. Lucas et Jean-Phi, deux amis, sont montés jusqu’au sommet en 2h seulement ! Bon, il ne faut pas rêver, on n’est pas autant préparé ni endurci qu’eux. Nos longs mois dans les Tuamotu ont bien ramolli nos jambes et ce n’est pas les deux-trois sorties des derniers jours qui nous apporteront le souffle, l’endurance et les muscles nécessaires.

Mais dès que Damien voit un sommet, impossible de l’en dissuader, il faut le gravir ! Souvenez-vous au Guatemala, où nous sommes allés escalader le volcan Acatenango, 3976 m d’altitude ! Pas du tout préparés, surtout niveau équipements d’ailleurs…

Il finit par me motiver, après tout, rien ne nous empêche de faire demi-tour si c’est trop dur. Tant qu’on reste à l’écoute de ses limites et qu’on ne se met pas en danger.

Départ de bonne heure, 6h30 du bateau, mieux vaut éviter la chaleur, car cette fois-ci, nous ne serons pas à l’ombre pour marcher. Il faut prendre la route à droite depuis la plage de Ta’ahiamanu, la randonnée commence en face de l’hôtel Hilton Moorea Lagoon Resort & Spa.

Début de la randonnée pour grimper le mont Rotui.
Un panneau accroché à un cocotier indique sobrement «Rotui ».

On passe d’abord devant quelques habitations. Aie, nous ne sommes pas les bienvenus, une meute de chiens débarque d’une des maisons et nous aboient violemment dessus. Ils ne sont pas attachés et ont l’air vraiment féroces ! Je n’en mène pas large, prête à abandonner là mais Damien se met devant moi et ramasse un bâton au cas-où. Les chiens nous suivent alors dès qu’on tourne le dos, aboyant toujours, ne s’arrêtant que quand Damien leur fait face. On continue d’avancer, jusqu’à ce qu’ils abandonnent leurs menaces, nous laissant (enfin) tranquille.

Note : Les chiens ne sont pas à prendre à la légère, surtout dans les Îles de la Société. Ils peuvent être agressifs, défendant farouchement leur territoire. Jamais en laisse ni muselés, rarement attachés, ils vont et viennent sur les routes et sur les motu. Nous avons même entendu dire que des touristes s’étaient déjà fait attaquer, notamment à Bora Bora. Aux Marquises et Tuamotu, il y en avait aussi beaucoup mais jamais nous n’avons été embêté ni senti un danger.

Le sentier attaque la montagne en ligne droite, ça grimpe direct, pas d’échauffement possible ! Il faut parfois même s’aider des branches pour se hisser. Le sol est sec, mais pas moins glissant car c’est de la terre qui part en poussière et en gravillons, les chaussures ont du mal à accrocher.

Le soleil nous chauffe rapidement, la végétation est trop fine pour nous protéger. Il faut se motiver à se tartiner de crème solaire tout en transpirant à grosses gouttes, il y a plus agréable… On comprend mieux pourquoi Lucas et Jean-Phi avaient démarré à 4h du matin.

Ascension du mont Rotui sous le soleil.
Sous la chaleur déjà bien ressentie, on se dit qu’on aurait vraiment du partir plus tôt !

Après environ 1h10 de montée, on atteint un premier point de vue, à l’ombre d’un amas d’arbres volumineux qui surplombe la pente, visible depuis la route. On peut dire qu’une première étape est franchie ! La pause est méritée, pour reprendre notre souffle et boire (beaucoup) d’eau.

Première étape de la montée du mont Rotui, avec vue sur le mouillage de Taahiamanu.
On pourrait même s’arrêter là, ça en vaut déjà la peine:)
Lancement du drone sur le mont Rotui pour admirer la vallée d'Opunohu.
On n’hésite pas à envoyer le drone, il faut profiter dès que possible des belles couleurs de la matinée.
L'entrée de la baie d'Opunohu à Moorea vue depuis le drone DJI MavicAir.
L’embouchure de la baie, ouverture sur l’océan Pacifique du lagon de Moorea.
Vue sur l'hôtel Hilton depuis les hauteurs du mont Rotui.
Depuis le ciel, ça en jette, non ? Même l’hôtel Hilton en contrebas est joli à voir, avec ses branches de bungalows qui se déploient sur le lagon.
La crête pour monter au sommet du mont Rotui au nord de Moorea.
Le sentier fait environ un mètre de large. Pas d’inquiétude, des buissons, arbustes et talus protègent des précipices:)

On continue le chemin, la motivation est toujours là. Bien qu’on soit encore loin du sommet, disons qu’on n’a fait qu’un petit quart du trajet ! On marche maintenant sur la ligne de crête de la montagne. D’un côté, la longue baie d’Opunohu, de l’autre, des reliefs qui tombent vers la baie de Cook.

Note : La randonnée n’est pas balisée mais pas grave, car on suit la crête et on ne peut pas se tromper.

On alterne entre courte montée et courte descente sur des petits pics qui se succèdent le long de la crête. Le dénivelé varie plus doucement désormais mais la difficulté est toujours là, on doit parfois s’aider des mains pour escalader des rochers. Ou pour se retenir de ne pas glisser.

La ligne de crête du mont Rotui vue depuis la baie d'Opunohu en contrebas.
Voici la ligne de crête dans toute sa splendeur, vue de la baie. On distingue bien la touffe d’arbres qui marche la première montée, puis les mini pics qui s’enchaînent pas la suite.

Ce que j’appréhende surtout, c’est le retour. Je le visualise à chaque pas effectué, je n’ai pas le vertige mais plus on avance en altitude, plus je me dis que je n’arriverais jamais à redescendre sans glisser, tomber voire me faire mal. Dur de continuer sereinement, sachant qu’il fait aussi de plus en plus chaud…

Au bout d’un moment, épuisés, on se demande si on a vraiment le courage de continuer. On ne voit même pas encore le sommet du mont Rotui, les pics continuent de s’enchaîner devant nous sur la crête, autant de mini collines à gravir qui nous démotivent.

Pause encore, où on hésite à poursuivre, tout en admirant la vue qui nous entoure, quasiment à 360°. Je jurerais apercevoir l’atoll de Tetiaroa à l’horizon ! Ce n’est pas très étonnant, bien que très bas du l’eau, il n’est situé qu’à 30 milles au nord de Tahiti.

On lance une seconde fois le drone dans les airs. Il faut le monter bien haut et bien loin pour parvenir à voir enfin le paysage derrière la montagne ! On ne se trompait pas, le sommet qu’on voit d’ici n’est même pas le sommet final, il se cache encore derrière.

La vue sur la vallée d'Opunohu en drone DJI MavicAir.
Enfin, la vallée derrière s’offre à nous sur la caméra du drone, avec notamment le magnifique mont Mou’a Roa à droite. Mais ça nous rappelle aussi tout le chemin qu’il reste à parcourir…

Bon, allez, stop, à 9h du matin, on rebrousse chemin. On aura parcouru un peu moins de la moitié. Je suis vexée, déçue d’arrêter là. Mais clairement, nous ne sommes pas assez préparés physiquement. Damien me rassure, on a déjà fait un bon bout de chemin, pas de honte à avoir !

La descente s’avère heureusement beaucoup moins difficile que prévue. Je n’hésite pas à me laisser parfois glisser sur les fesses, laissant mains, shorts et chaussures pleins de terre:)

Une fois revenu au grand arbre, on découvre sur l’application Maps.me un chemin alternatif (par rapport aux chiens agressifs), qui redescendrait aussi sur la route. En effet, on arrive à un croisement (le seul rencontré) un peu plus bas. On teste ce nouveau sentier partant sur la droite.

Attention, l’amas de feuilles le rend très glissant. Racines, pierres, arbres, etc. heureusement que Maps.me l’indique bien, à part les chèvres, personne ne doit emprunter souvent ce passage!:) On débouche finalement dans le parc derrière la plage Ta’ahiamanu, heureux et soulagés d’arriver enfin au niveau de la mer.

 

Conclusion sur cette randonnée du mont Rotui

 

Au final, la partie la plus intense fut la première montée jusqu’au grand amas d’arbres. Après, c’est technique mais moins pentu. Ce n’est pas une sortie pour tout le monde, on la déconseille à ceux qui ont le vertige notamment. Et ça reste très physique ! Mais il nous reste en bouche un goût de défi inachevé, peut-être retenterons nous notre chance dans quelques mois, si nous sommes mieux préparés:)

On aura déjà bien profité de la nature de Moorea. Espérons pouvoir en découvrir encore plus depuis d’autres mouillages, dans les prochaines semaines et mois ! En attendant, on vous parle très vite des activités que nous avons pu faire sur et dans le lagon au nord de l’île, ainsi que dans l’océan avec des rencontres plutôt inoubliables

2 commentaires

  1. Superbes photos et super article. Pour le mont Rōtui Je revis a travers cet article exactement ce que j’y ai vécu, y compris les chiens très agressifs. Randonnée très aérienne aussi.
    Merci de nous faire partager vos aventures

    1. Merci ! Oui le mont Rotui, c’est toute une affaire de tenter sa montée 🙂 On réessaiera je pense mais pas tout de suite encore…

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