Une journée en voiture sur l’île de Marie-Galante

Après notre séjour à Petite-Terre, nous sommes allés visiter l’île de Marie-Galante au sud. Elle fait aussi partie de l’archipel de la Guadeloupe, avec les Saintes et La Désirade. D’une forme ronde, elle ressemble de loin à un grand plateau au-dessus de l’eau. Son relief est peu élevé et elle est ici surnommée la « Galette ».

Nous jetons l’ancre devant la petite ville de Saint Louis, au nord-ouest. C’est l’un des seuls mouillages protégés de l’île, sous le vent, avec peut-être au nord l’Anse Canot où nous avions aperçu quelques voiliers au mouillage en passant.

On nous avait prévenu, ici, la vie sur l’île est synonyme de calme et détente. On s’en rend vite compte en débarquant vers 17h dans Saint-Louis pour y faire un tour. Rien n’est ouvert ! Et il n’y a pratiquement personne dans les rues… Seul le bar sur la plage, « Chez Henri », apporte un peu d’animations, même si nous ne le testerons pas. Il ne faut donc pas être pressé ici, ça nous va pour l’instant. Comme aux Saintes, tout semble avoir lieu le matin, passé midi, c’est fini, c’est l’heure de la sieste !

 

Il faut se battre pour louer une voiture !

 

Là-aussi, nous savions d’avance que louer une voiture se fait quasiment entre 8h et 9h du matin. Malheureusement, on débarque en annexe au ponton de la ville à 8h30 précisément, en même temps que l’une des navettes venant de Guadeloupe ! Elle débarque un flot continu de touristes, on se retrouve mêlé à la foule et évidemment, c’est la queue partout devant les loueurs de véhicules au bout de la jetée. Ah si seulement, on était arrivé 5 min plus tôt !

Trop tard pour nous, plus de scooters disponibles. Dommage, ça aurait été bien sympa ! De toute façon, l’un des loueurs demandait carrément le permis moto pour en louer un… Finalement, après une bonne demi-heure d’attente désespérée, on repère une femme avec une pancarte, sans boutique, mais qui a encore des voitures à louer. Une aubaine, surtout qu’elle nous fait un prix car celle qui lui reste est soi-disant un ancien modèle !

Pour 35€ la journée et soulagés de ne pas repartir bredouilles au bateau, on accepte avec joie. Ouf, ça y est, nous voilà partis sur les routes de Marie-Galante!

 

Passage obligé par les distilleries de l’île

 

Il faut s’habituer, comme je le disais, presque tout est ouvert seulement le matin sur l’île. Y compris les distilleries ! Autrefois, il y en avait une bonne centaine dispersées sur les terres. Désormais, il n’en subsiste que trois : Père Labat, Bielle et Bellevue, et elles ferment toutes à 13h. Il faut donc se préparer à déguster du rhum dans la matinée… Mais c’est un passage incontournable ici ! Marie-Galante est très réputée pour son rhum agricole (et pour son miel aussi d’après le loueur de voitures), c’est la raison de notre présence sur cette île !

Sur la route vers le sud, de Saint Louis à Grand-Bourg, on trouve la distillerie du Père Labat (aussi appelée Poisson sur la carte). Ça, c’est déjà notre petit chouchou en France, on attendait depuis longtemps de remplir nos réserves au bateau ! En arrivant, ça nous change des distilleries déjà visitées en Martinique ! Ici, point de château, de grand parc bien entretenu, de boutique immense. L’usine n’est pas grande du tout, à notre grande surprise, c’est très rustique et artisanal. Mais ça sent bon partout et on peut visiter la distillerie gratuitement en circulant à l’intérieur comme dans un moulin alors même qu’ils sont en production ! On slalome entre les cuves, on évite les gouttes de précieux liquides qui tombent des tuyaux, on sent les vapeurs du futur rhum blanc et on peut aller voir les tonneaux entreposés dans le chais de rhum en train de vieillir.

Usine de distillerie Père Labat sur l'île de Marie-Galante.Distillerie de rhum Père Labat à Marie-Galante.

On passe par la petite boutique pour déguster évidemment ! Je ne suis pas une grande fan d’habitude du rhum pur, préférant les planteurs ou les ti-punchs. Mais là, il faut bien avouer que même le rhum blanc Père Labat 59° est délicieux. C’est fort, ok, mais il a un vrai bon goût pour un rhum blanc. Les vieux (appellation à partir de 3 ans d’âge) n’en sont que meilleurs eux aussi ! Ils restent néanmoins bien chers pour nous à l’achat. Alors on repart tout contents avec nos 6,5 L de rhum blanc, en cubi et bouteilles. A nous les ti-punchs !!!:) Même les bouteilles sentaient bon le terroir et la distillerie !

Quelques heures plus tard, on ne résiste pas à aller faire un tour du côté de la distillerie Bielle, située presque au centre de l’île. Ici aussi, on rentre au cœur même de la distillerie pour la visiter. Ce qui est vraiment sympa, c’est que la saison vient tout juste de commencer et l’usine est en action, à broyer la canne pour en extraire le jus (le vesou). On a croisé également pas mal de camions et de charrettes tirées par des bœufs sur les routes de Marie-Galante, transportant la précieuse canne vers sa transformation en rhum ! Le rhum vieux est très bon ici aussi mais en bon fan, on reste friand du Père Labat. Mais ça reste très subjectif !

Distillerie de rhum Bielle sur l'île de Marie-Galante.

Anciennes habitations sucrières : sur la route de l’esclavage

 

Dans la matinée, on prend le temps de visiter les ruines de deux anciennes sucreries, les habitations Roussel-Trianon (sur la route avant Grand-Bourg) et Murat, au sud de l’île. Elles existeraient depuis les années 1660 et ont été agrandies au XIXème siècle quand Marie-Galante était alors très prospère pour sa production sucrière. Aujourd’hui, on peut visiter à ciel ouvert leur parc avec des ruines rénovées et très bien entretenues. Ce sont des lieux de mémoire pour se souvenir de la période de l’esclavage, très présent à l’époque sur les îles antillaises. C’est fou le nombre d’esclaves, hommes et femmes, utilisés malheureusement pour faire tourner ces domaines sucriers !

La maison de maître est encore présente sur l’habitation Murat, elle surplombe la petite colline. Rénovée, elle abrite une exposition très intéressante sur la vie à l’époque, en ville comme à la campagne.

Ruines de l'ancienne sucrerie à l'habitation Murat sur Marie-Galante.L'ancien moulin à vent de l'habitation Murat à Marie-Galante.

L’ancien moulin à vent de l’habitation sucrière Murat.

Visite de l'habitation Murat sur l'île de Marie-Galante.

La maison de maître vue à travers une ouverture du moulin à vent.

La maison de maître de l'habitation Murat sur Marie-Galante.

Mais j’ai eu un petit coup de coeur pour l’habitation Roussel-Trianon, le parc verdoyant est vraiment magnifique, avec le majestueux moulin à vent qui domine les environs.

Parc de l'habitation Roussel-Trianon sur Marie-Galante. Les ruines de l'habitation Roussel-Trianon avec son champ de canne à sucre.Ancien moulin à vent de l'habitation Roussel-Trianon sur Marie-Galante. L'habitation Roussel-Trianon à Marie-Galante.

Rien à voir avec les Saintes finalement !

 

Après cette belle matinée chargée, on se dirige vers la plage soi-disant la plus belle de l’île, la Feuillère, à Capesterre au sud-est. En voiture, on remarque vite en sillonnant Marie-Galante qu’elle n’a rien à voir avec ses petites sœurs, les îlots de l’archipel des Saintes à l’ouest. Peu de relief et une végétation sèche, avec des champs de canne à sucre à perte de vue ! Surtout, les maisons paraissent comme perdues dans le temps, pas de modernité par ici, mais c’est ce qui en fait le charme ! On ne croise pas grand-monde en voiture (même si on a eu du mal à en louer une!), c’est très calme et paisible. Si quelqu’un de stressé vient passer une semaine ici, il repartira le plus détendu du monde !

Bon, petite déception en arrivant sur la fameuse plage. Elle est jolie certes, avec ses cocotiers et ses kitesurfeurs sur l’eau, mais des vilaines sargasses ont envahi les environs. Et c’est carrément intenable en ville, à Capesterre ! Le village est infesté par l’odeur des algues en décomposition le long de la jetée ! On peut à peine respirer par la bouche ! Comment font-ils les pauvres… Le minuscule port de pêche est marron, tellement plein d’algues, qu’on croirait pouvoir marcher dessus. Impossible que les canots puissent allumer leur moteur dans ces conditions !

Plage de La Feuillère sur l'île de Marie-Galante.

Une grande vague de sargasses est en effet arrivée en ces quelques jours sur les côtes des Petites Antilles. Elles se déposent en continu et on en a toujours croisé depuis que nous sommes de ce côté de l’Atlantique mais là, la quantité est monstrueuse ! Saint-François et la pointe est de Grande-Terre en Guadeloupe ont été ravagés, toutes comme les plages du littoral au vent. Pareil pour la Martinique d’après ce que nous avons appris…

Côte au vent de Marie-Galante, avec ses nombreuses sargasses.

La côte au vent de l’île…

 

Gueule Grand-Gouffre, dernier spot en voiture, puis plage au calme

 

Nous continuons notre tour par le nord de l’île, fuyant au possible l’odeur nauséabonde des sargasses. Un arrêt auprès de Gueule Grand-Gouffre pour prendre quelques photos. Nous avons la flemme, il faut l’avouer, de nous attaquer à la randonnée le long de la côte est, au sommet des falaises. Elle doit être magnifique, mais passer 3h sous le soleil cuisant, sans ombre ou presque, nous décourage assez vite. Ce qui est facile, c’est que le point de chute de la randonnée, Gueule Grand-Gouffre, est accessible via un parking depuis la route serpentant vers le nord. A peine 30 secondes de marche (on en été presque déçu finalement!) et on arrive au point de vue ! C’est une surprenante arche au-dessus de la mer, où les vagues viennent s’engouffrer à l’intérieur pour se fracasser ensuite sur les falaises. Impressionnant !

Gueule Grand-Gouffre au nord-est de l'île de Marie-Galante.

Bon, c’est l’heure du repos maintenant, non ? On nous a dit que les plages au nord-ouest étaient très belles, notamment celle de l’Anse Canot. Épargnée par les algues, mer bleue turquoise, plage de sable blanc, l’endroit mérite en effet le détour. Nous ne sommes pas les seuls à nous être égarés par ici, loin de là ! Entre les touristes comme nous venus en véhicule et les passagers des gros catamarans de promenade, venus mouillés dans la petite baie et débarqués avec tout le nécessaire pour le barbecue de groupe, il faut se disputer son petit coin de sable à l’ombre. On devient très exigeant à voyager en voilier ! Car on peut toujours choisir un endroit plus reculé, où justement on peut être seul au monde. Plonger du bateau, sans se bousculer sur la plage…

Avertissement tortue le long des plages de la côte sous le vent de l'île de Marie-Galante.

Avertissement le long des plages de la côte sous le vent 🙂

La jolie plage de l'Anse Canot au nord-ouest de Marie-Galante.

Allez, je ne me plains pas, c’est vraiment magnifique ici ! On en profite pour paresser, barboter et bouquiner en attendant de rentrer à Saint-Louis. Ici, les voitures de location doivent être rendues vers 16h, heure de la navette retour vers la Guadeloupe.

Note : On pouvait la rendre plus tard sans souci, mais il fallait contacter la représentante de l’agence de location pour qu’elle se déplace rien que pour nous…

On a bien aimé cette escale marie-galantaise. L’île à un charme bien à elle ! C’était une belle parenthèse, qui invite au repos et à la détente. Il y a des plages aussi jolies qu’ailleurs mais pour les amateurs de rhum, c’est une destination incontournable.

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