Escale à Sao Nicolau

Nous sommes arrivés sur la belle île de São Nicolau après une nuit de navigation sous une pleine lune qui nous a éclairée tout du long, tel un phare dans l’obscurité. Heureusement qu’elle était là la lune, car à cause de nos problèmes de batteries, nous avons du barrer à tour de rôle pendant nos quarts. Au final, ce n’était pas plus fatigant, ça occupe, surtout que la mer était plutôt calme, le vent régulier (bon plein), pas trop de stress du coup.

Arrivée devant Sao Nicolau de nuit, avec les pêcheurs qui sortent.

Arrivée au petit matin devant l'île de Sao Nicolau au Cap-Vert.

Une fois arrivés au mouillage devant la petite ville de Tarafal, sur la côte sud-ouest, au petit matin, nous apercevons nos amis de Courlevent, venus là quelques jours plus tôt. On leur fait un petit coucou (ils se réveillent toujours tôt avec leur petite Zélie) et on va mouiller un peu plus loin.

On ne compte pas rester très longtemps sur cette île malheureusement, elle s’annonce pourtant magnifique, on devine les immenses reliefs depuis la baie de Tarafal. Le paysage semble vraiment différent des deux îles déjà visitées. Mais avec nos soucis d’énergie, ça devient trop compliqué à gérer au quotidien, et nous voulons réparer ça le plus vite possible, en gagnant Mindelo (sur São Vicente) dans les jours qui viennent.

 

Randonnée dans une belle vallée verdoyante

 

Le lendemain, nous acceptons quand même d’aller faire une randonnée avec Olivier, Aurélie et leur petite fille. On débarque tous en annexe sur la plage de Tarafal. Quelques gamins nous aident à la remonter, ils demandent normalement quelques escudos au retour, pour avoir « gardé » l’annexe, mais les deux fois où nous accosterons ici, ils n’étaient plus là à notre retour…

On trouve rapidement un « aluguer », un taxi collectif, dans les rues de la petite ville, pour rejoindre un village dans les hauteurs, Cachaço, d’où commencera notre randonnée. C’est l’équipage de Courlevent qui a pu glaner ces informations, étant là depuis plusieurs jours, ils ont sympathisé avec des locaux qui leur ont indiqué quelques balades à faire sur l’île. Au Cap-Vert, ce qui est pratique, c’est que beaucoup de personnes parlent français, enfin se débrouillent, donc la communication est facile. D’ailleurs, nous avons plus souvent rencontré du monde parlant français que anglais.

Nous voilà donc partis en aluguer pour quelques km sur une route montant dans les montagnes vers le coeur de l’île. La vue aux alentours est surprenante, il y a de la verdure mais assez rase, pas de grands arbres. Les sommets se découpent sur le ciel bleu, dévoilant de profondes vallées de part et d’autres. On se croirait presque en haute montagne dans les Alpes, là où les sapins ne peuvent déjà plus pousser. On croise en voiture quelques vaches (un peu maigres), c’est bien la première fois qu’on en voit au Cap-Vert ! A Boa Vista, c’était plus des chèvres qu’on voyait au bord des routes.

Notre taxi nous dépose à l’endroit prévu, à Cachaço, où quelques maisons bordent la route. On y trouve rapidement l’ancienne route pavée qui descend dans la vallée, pour rejoindre en bas la capitale de São Nicolau : Ribeira Brava. C’est par là que nous irons, environ 6 km pour cette descente au milieu des agaves et de la végétation locale.

Il fait déjà bien chaud, même si nous avons voulu partir tôt, le soleil nous réchauffe immédiatement pendant notre marche. Le paysage est splendide, les montagnes et les pics nous entourent pour dévoiler ensuite la mer au fond de la vallée. Ça descend bien par ici, en tout cas, la petite route est assez abrupte. Plus on descend, plus les arbres se font grands et nombreux. On aperçoit des manguiers (malheureusement ce n’est pas la saison!), des bananiers, des papayers.

On arrive enfin à la ville, où nous mangeons un morceau dans un petit parc. Il y a pas mal d’animations, quelques magasins et supérettes, mais on en fait le tour assez rapidement. On déambule dans les petites rues, en cherchant l’ombre, et on décide finalement de rebrousser chemin à pied et non de prendre un aluguer pour remonter à notre point de départ. On se dit qu’on aura bien le courage de faire la remontée !

Bon, au bout de quelques km de marche, la montée raide nous fait souffler, nous donne chaud et surtout, nous fait boire toutes les 5 min. Le soleil tape, il est environ 14h, on rigole en s’avouant que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle ! Et puis, en montée, on est absorbé par l’effort à fournir pour continuer d’avancer, donc on ne regarde plus beaucoup le paysage… On y arrivera quand même, tout en haut, après plusieurs pauses le long du chemin. On croise quelques enfants et jeunes sortis de l’école sur la petite route, eux marchent vite, sans hésitation. Ils doivent faire ça une voire deux fois par jour !

On aura mis à peine 2h pour descendre de Cachaço à Ribeira Brava, pour 6 km environ de distance. Le retour, en montée, nous aura pris plus longtemps, 2h30 voire plus.

Une fois revenus tout en haut, on attend un aluguer qui passerait dans la bonne direction sur la route. Ici, il y en a régulièrement et que tu les hèles ou pas, ils s’arrêtent toujours ou te klaxonnent pour savoir si tu veux monter. On attendra à peine un quart d’heure avant d’en voir passer un. On décide de se stopper avant Tarafal dans un village sur la route, où apparemment ce serait la fête ces jours-ci. Pas de chance, on arrive trop tôt et les festivités n’ont pas encore commencées ! Et notre aluguer est parti, on attend, on attend, qu’un autre passe… Finalement, ce sera un particulier, un Italien vivant ici depuis plusieurs années, qui nous prendra dans son van pour nous ramener gentiment à Tarafal. Une bonne boisson fraîche au bar du coin sera méritée une fois arrivés !

 

Pêche au harpon et poulet/frites

 

Le lendemain, nous restons tranquillement sur Manwë, dégustant le midi du poisson ramené par Damien au harpon le matin même. Puis, Olivier, Aurélie et Zélie nous rejoignent à bord pour le goûter (un moment important!) et on décide de se retrouver le soir même en ville pour aller manger un poulet/frites servi par une roulotte sur une petite place. Ils nous ont fait envie avec ce plat, qu’ils ont déjà pu déguster, ça fait un moment qu’on n’a pas manger du poulet !

Poisson pêché par Damien sur l'île de Sao Nicolau.

Bon, on n’a pas vraiment su ce que c’était comme poisson, on n’a pas compris le nom en cap-verdien. Mais c’était très bon (à la poêle comme d’habitude^^) !

Il s’avère en plus délicieux, cuit au barbecue dans une rue adjacente (pour ne pas enfumer les quelques personnes assises devant la roulotte). Et ce n’est pas cher, 350 escudos pour le plat. Le seul bémol est qu’un grand écran est projeté sur le mur, diffusant du foot que les locaux s’empressent de venir voir. Le son est un peu fort, la pauvre petite Zélie n’arrivera pas à s’endormir…

On partira finalement au petit matin le lendemain, l’île semble avoir encore plein de choses à proposer mais on n’a pas le choix, il nous faut régler nos soucis de batteries avant de partir pour la transatlantique. On dit au-revoir à Courlevent, on ne les recroisera sans doute pas avant notre départ (eux traversent en janvier). Mais qui sait, on se reverra peut-être de l’autre côté !

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