En scooter sur les routes et pistes de Boa Vista

Scooter loué sur l'île de Boa Vista pour en faire le tour.

Au Cap-Vert, sur l’île de Boa Vista, apparemment il n’y a qu’un seul mouillage praticable d’après des infos récupérées sur des forums. C’est donc dans cette baie, devant la ville de Sal Rei, que nous avons jeté l’ancre pour quelques jours.

L’endroit est plutôt joli. Il y a au nord-ouest une petite île recouverte de verdure, on peut voir la ville de loin en face du mouillage et l’ouest est bordé de plages de sable immaculé. On aperçoit des montagnes (anciens volcans) et de grandes dunes de sable à l’horizon.

Mouillage devant la ville de Sal Rei sur l'île de Boa Vista.

Nous mettrons un peu de temps pour débarquer en annexe à Sal Rei, la baie est grande ! Et on se rendra compte qu’on a mouillé un peu loin de la ville mais on n’était pas sûr des profondeurs plus en amont. Pas grave, le bateau ne bouge pas, on dort plutôt bien, c’est le principal.

Plage de Sal Rei sur l'île de Boa Vista.

La ville ressemble aux autres que nous avons pu voir jusqu’ici. Beaucoup de magasins de souvenirs (toujours les mêmes d’ailleurs) où les vendeurs te hèlent dès que tu as le malheur de passer trop près de leur boutique… Et là, tu ne peux plus y échapper, même pas moyen de prétexter que tu ne comprends pas leur langue car la plupart parle français^^. Ils insistent pour que tu rentres dans leur boutique, alors pour faire plaisir, tu jettes un œil puis tu t’excuses une dizaine de fois pour ressortir sans rien acheter. Pas que les souvenirs en soi soient inintéressants, il y a des objets en bois sculptés à la main, des bijoux, des tableaux, quelques vêtements, etc. mais si on avait acheté quelque chose dans chaque boutique où nous avons mis les pieds depuis le début, on aurait pu quasiment en ouvrir une à notre tour 🙂

A part ça, la ville n’offre pas grand-chose d’autres. Il y a quelques supermarchés mais peu achalandés, et les courses reviennent vite chères. Il y a un marché de fruits et légumes, ça c’est mieux déjà ! Quelques restaurants et bars, aux prix plus ou moins élevés si l’endroit est fait pour les touristes ou non. Quand je dis que les prix sont chers, c’est surtout par rapport au pays, parce que ce n’est évidemment pas plus cher qu’en France. Mais pour certaines choses, on pensait que ça le serait beaucoup moins, notamment les courses. Enfin, il y a quelques agences de location de voitures, de scooters et de quad ainsi que des agences de voyage proposant des tours de l’île avec guide. Les rues de la ville sont plutôt propres (si on ne regarde pas les nombreux chiens errants) mais ce sont les plages où on accoste qui ne donnent pas trop envies, elles sont souvent assez sales, jonchées de morceaux de poissons morts (laissés par les pêcheurs) ou de détritus en tout genre.

Après avoir visité la ville, nous nous renseignons pour louer un véhicule, pour pouvoir profiter un peu du coeur de Boa Vista. Mais les locations de voiture, en fait que des pick-up ou des gros 4×4, ne sont pas données, 55€ la journée minimum. En effet, il n’y a pas beaucoup de routes goudronnées ici (voire une seule même) et le reste consiste en des routes pavées (encore bien praticables) ou des simples pistes de terre, voire même de sable. Louer un quad nous donne envie pour pouvoir passer partout mais là aussi, le prix nous freine (70€ la journée). Nous optons donc pour la solution la plus économique, le scooter ! 🙂 Bon, il a des grosses roues et semble un peu tout terrain, d’après le loueur, on peut passer presque partout mais évidemment, pas dans le sable.

Damien sur notre scooter de location sur les routes de Boa Vista.

Après cette journée en scooter sur l’île (25 € la journée + 5€ d’essence), on se dira finalement que la solution de prendre un package « half day » ou « full day » de visite de Boa Vista avec un guide (en mini-bus ou en pick-up) revient plus chère mais serait beaucoup plus pratique… Eh oui, nous pensions éviter les foules et partir à la découverte comme deux aventuriers sur notre deux-roues, mais en fait, rien n’est indiqué sur les routes ici ! A part quelques panneaux sur la route principale pour indiquer les grandes villes, après sur les pistes, il n’y a plus rien du tout. Et parfois, on prend des ronds-points où aucune sortie n’est précisée ! Autant dire qu’on s’est perdu plus d’une fois, surtout que la carte donnée avec la location de scooter n’était pas du tout suffisante, voire même parfois ne correspondait pas aux pistes que l’on voyait. Heureusement, on captait un peu partout pour se retrouver sur Google Maps, mais plus d’une fois, on a du faire demi-tour car on n’était pas du tout dans la bonne direction.

Au moins, avec un guide et dans un groupe, on va directement aux endroits prévus et en plus, on ne soucie pas de l’essence. Le plein de notre scooter aurait sans doute pu nous tenir la journée, mais on a préféré prendre les devants et le refaire un peu avant la fin, histoire de ne pas être coincé sur une piste de terre au bout d’une plage !

Mais c’était marrant de prendre les pistes et de se faire secouer dans tous les sens sur les cailloux. Ça restera une bonne expérience ! Damien conduisait (c’était quasiment sa première fois sur un scooter d’ailleurs) et il s’en est plutôt bien sorti. Nous sommes allés d’abord au sud de l’île, sur la plage de Santa Mónica, recommandée par le loueur. C’est une longue plage d’un sable si blanc qu’on en aurait presque mal aux yeux, avec une mer magnifique, d’un beau bleu turquoise. Les vagues déferlaient sur le sable, l’endroit est vraiment splendide. Par contre, il n’y avait pas âme qui vive ! En même temps, il faisait une chaleur torride, impossible de s’étendre en plein soleil sur le sable brûlant. Les seuls êtres vivants à la ronde étaient quelques chèvres sur la bande de terre en amont de la plage et quelques crabes qui s’enfuyaient à notre approche au bord de l’eau.

Pistes pour arriver à la plage de Santa Monica sur Boa Vista.Plage de Santa Monica sur l'île de Boa Vista. Plage de Santa Monica et ses pistes arides en amont sur Boa Vista.

Nous avons tenté de prendre par la piste de terre qui longeait la plage quelques dizaines de mètres en amont, afin de remonter vers le nord. Au début, pas de souci, on va vite sur cette piste très large, déjà tracée par de nombreuses ornières de 4×4 ! Les cheveux dans le vent, l’air qui rafraîchit, les dunes de sable au loin, le moment est magique ! A gauche, on peut voir l’océan, à droite, quelques montagnes brunes et autour de nous, c’est plat, sec et aride, avec quelques petits buissons de ci, de là. On se croirait en plein milieu d’un désert, ce qui est quasiment le cas, et on s’attendrait presque à voir surgir Mike Horn de derrière un rocher !

Nous approchons des dunes de sable et c’est là que ça va se corser pour nous. On aperçoit vers la plage une bonne vingtaine de quad et quelques pick-up, ainsi qu’un grand groupe de touristes. Eux ont opté pour le tour de quelques heures en quad, accompagné d’un guide. L’expérience doit être amusante aussi. Mais on comprend vite qu’on ne pourra pas les suivre plus loin, eux peuvent passer dans le sable, nous non. Nous tentons de continuer vers le nord, mais on se perd à moitié entre les monticules de terre, d’herbes et de sable et on a de plus en plus de mal à avancer avec le scooter. Je dois descendre plus d’une fois pour que Damien avance seul et puisse passer. Finalement, on décide de rebrousser chemin et de revenir à la route que nous avions quittée quelques km plus tôt, au moins, on sera sûr de pouvoir repartir.

Dunes de sable à l'ouest de l'île de Boa Vista.Quad loués par des touristes sur l'île de Boa Vista.

Anaïs sur les dunes de sable de l'île de Boa Vista.

 

Nous remontons donc vers le nord sur la route goudronnée, après un stop dans un village qui s’avère être le plus ancien de Boa Vista. Pas grand-chose ici, je craque en m’offrant un petit bracelet souvenir dans l’une des boutiques du village. On repart en direction des plages du nord mais une fois à Bofareira, on se dit que ce serait peut-être une mauvaise idée d’aller plus loin en prenant les pistes. L’essence est bien descendue avec nos aller et retours, et on préfère repasser par Sal Rei, refaire le plein pour plus de sécurité et repartir vers la plage de Boa Esperança, où on peut voir une épave de bateau à quelques mètres dans l’eau.

Nous garons le scooter 500 m avant la plage et on s’y repose un peu, sous la chaleur de l’après-midi. Le sable ici aussi est bien blanc, les vagues déferlent depuis le large. Le paysage pourrait ressembler à une belle carte postale, malheureusement, il est difficile de pouvoir s’étendre sans se retrouver sur un déchet ramené par l’océan. C’est avec tristesse qu’on se rend compte que toute la plage est polluée par des dizaines de déchets plastiques. On le savait que ce serait comme ça sur de nombreuses îles, mais c’est la première fois qu’on en voit autant, et dans un cadre vraiment magnifique… La faute est celle de personne et tout le monde à la fois, ici, en tout cas, on ne peut pas vraiment blâmer les Cap-Verdiens, les déchets peuvent en parcourir des km portés par les courants, avant d’atteindre une île !

Anaïs devant la plage de Boa Esperança sur Boa Vista. La belle plage de Boa Esperança au nord de Boa Vista.Les déchets plastiques sur la plage de Boa Esperança sur Boa Vista.

Après avoir rendu notre scooter, nous décidons de profiter d’être en ville pour aller boire un verre, se connecter au Wifi dans le bar choisi, puis d’aller manger une pizza dans un restaurant italien. Les prix affichés en Euros nous indiquent que l’endroit est bien pour les touristes, mais tant pis, la pizza s’avère excellente et ça faisait un moment qu’on en avait pas mangé ! 🙂

Nous quitterons Boa Vista le surlendemain, avec quelques déboires sur le bateau. En effet, nous avons depuis quelques jours des problèmes d’énergie et les batteries, si ce n’est le contrôleur avec, doivent être changées. Nous ne pouvons faire ça (en espérant que ce soit assez facile) qu’à Mindelo mais nous décidons de faire un stop quand même sur São Nicolau, pour voir un peu l’île.

Nous partons donc pour naviguer de nuit, en barrant à tour de rôle pendant nos quarts car on ne peut plus faire fonctionner le pilote automatique. Vivre au jour le jour sans énergie, ou avec une consommation très réduite, est vraiment très pénalisant. Vivement que nous puissions réparer tout ça !

2 commentaires

  1. Cc c est Alise trop belle les photos j ai dit à une de mes amis d aller voir votre blog !!! Gros bisous

    1. Coucou Alisé ! Super c’est gentil si tu as montré notre blog, merci ! 🙂 On essaie de publier régulièrement, on a encore quelques articles sous le coude avant de traverser pour les Antilles fin du mois. Et après, on t’écrira depuis l’autre côté ! 🙂 Gros Bisous

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