Mouillages autour de l’île de Minorque

Anaïs perchée sur les falaises de la Cala Macarella, avec une belle vue sur la mer Méditerranée.

Voici le récit de notre odyssée autour de l’une des plus petites îles des Baléares, la plus au nord et sans doute la plus sauvage, Minorque.

Notre trace GPS autour de l'île de Minorque.
Rade de Fornells

Arrivée au nord-ouest de Minorque le 21 juillet vers 7h du matin, après une traversée d’environ deux jours depuis Toulon. On repère au petit matin la tour qui indique l’entrée de la baie de Fornells, puis on aligne les deux amers (deux tours blanches) pour rentrer dans la rade.

On mouille ensuite sur de la posidonie (pas vraiment le choix ici et la zone de mouillage est très réglementée) dans une des premières petites calanques à l’est, « Cala Salada ». La ville de Fornells, avec ses belles maisons blanches et ses palmiers, est juste de l’autre côté de la baie. Nous avons commencé par nous reposer de la traversée puis les activités reprennent. Le paysage est plutôt joli autour, assez aride, mais les petites plages sont plutôt faites de vase, le sable blanc n’est pas encore ici…

Le lendemain, mission gonflage de notre nouvelle annexe ! On la sort de son emballage (elle était posée dans son sac à l’avant du bateau). On a un peu l’impression de déballer un cadeau ! Après avoir passé un peu de temps pour comprendre comment s’installent les planchers rigides au fond, ça y est, notre annexe est prête et mise à l’eau. Le moteur hors bord fonctionne (ouf, une chose de moins à réparer au cas où!) et nous voilà partis pour aller visiter le village de Fornells.

Il n’est pas bien grand mais assez ravissant. Par contre, nous sommes tombés en pleines fêtes locales de Sant Antoni, autant dire que cela ressemble fortement aux férias que nous avons pu faire à Nîmes et dans ses environs. C’est sans doute sympa pour les non initiés, mais moi, j’aspirais à autre chose qu’à cette ambiance…

On ne restera pas longtemps pour les animations typiques avec des chevaux et pour des fanfares, préférant retourner tranquillement au bateau. Après s’être délesté d’une bonne vingtaine d’euros au marché local… On saura maintenant que le pain et surtout le fromage ne sont pas donnés ici ! Mais c’était pareil en Corse ou en Sardaigne, surtout pendant la pleine saison touristique.

Port Addaya

On a décidé de quitter Fornells au bout de deux jours, en prenant notre temps entre les calanques pour avancer et trouver un coin paisible. Mais entre Fornells et la longue calanque d’Addaya (plus à l’est mais toujours orientée nord), soit les autres calanques nous semblaient trop petites pour mouiller sereinement, soit elles abritaient une station balnéaire où les touristes envahissent la plage et l’eau. On est aussi des touristes, me direz-vous… Mais on a la chance de pouvoir choisir notre point d’ancrage, autant éviter la surpopulation !

En plein juillet/août, évidemment, ce n’est pas facile aux Baléares (et ce sera pire sans doute à Majorque ou Ibiza), on le sait, mais on tente quand même ! On évite donc l’anse d’En Castell, noire de baigneurs et de pédalos, pour tenter la calanque d’Addaya.

Pas facile d’accès avec la présence de hauts fonds, il faut bien suivre le chenal pour arriver tout au bout d’un fjord où nous mouillerons juste devant le petit port d’Addaya.

C’est très joli et calme…même très calme… En fait, il n’y a tout simplement rien ici, que des grandes villas avec piscine, pour la plupart inhabitées on dirait. Un petit bar sur le port et malgré notre marche dans la ville, nous ne sommes même pas encore tombés sur le supermarché ! On retentera peut-être, il ne semblait plus très loin mais de toute façon, nous ne manquons pas encore de ressources (provisions faites à Toulon).

Nous sommes bien abrités par la houle en tout cas au fond de cette calanque, mais le fond est vaseux, on ne voit rien quand on se met à l’eau et ça, ça ne donne pas très envie. Pas grave, nous avons retrouvé des amis des parents de Damien, Vincent, Anne-Sophie et leurs deux enfants qui sont sur un catamaran. C’est vraiment sympa de pouvoir retrouver des gens sur le trajet, cela nous permet de prendre l’apéro à plusieurs et surtout, de réparer des choses sur les bateaux, en s’entraidant ! Eh oui, ça n’en finit pas, quand ce n’est pas l’un des deux moteurs du catamaran qui donne des signes de fatigue, c’est notre frigo qui ne démarre plus !

Outre les problèmes techniques, nous avons vécu à Addaya notre premier gros coup de vent au mouillage durant la nuit (environ 30 nœuds). Il s’est levé en fin de soirée, et vers 2h du matin, j’entends quelqu’un d’un autre bateau pousser des cris. Damien bondit sur le pont mais ouf, ce n’est pas pour nous, c’est un bateau voisin qui a dérapé sur un autre ! Quelle frayeur ! Ce sera alors un ballet incessant tout le reste de la nuit, les bateaux dérapant les uns après les autres. Pas tous heureusement, nous ne bougeons pas d’un pouce, le catamaran de Vincent non plus. Mais Damien préfère rester dormir dans le cockpit pour surveiller les autres, le temps au moins que le soleil se lève… Ce sera donc une courte nuit, car je n’arrive pas non plus à bien me rendormir, trop d’émotions peut-être…

Île de l’Aire

Nous partons d’Addaya pour suivre la côte le long du sud-est. Plus besoin de passer à Port Mahon, la ville principale de Minorque, car nous avons réussi à trouver le supermarché d’Addaya et à faire quelques courses d’appoint. Heureusement, car il semblait ne pas y avoir de mouillage là-bas et on n’avait pas envie de payer une nuit au port pour un petit ravitaillement.

Anaïs à la barre depuis l'île de l'Aire, naviguant le long de la côte sud de Minorque.

On navigue donc jusqu’à la pointe sud-est de Minorque, où l’eau commence à s’éclaircir et à laisser apercevoir le sable au fond. La mer reflète de belles couleurs de bleu aux alentours de la petite île de l’Aire, à l’extrémité sud-est de Minorque. Il n’y a rien dessus à part un phare mais l’endroit est joli. On y passera la nuit, mais malheureusement, un ressac incessant vient troubler notre sommeil dans ce mouillage. Pire, le guindeau donne des signes de fatigue et cela nous inquiète fortement car l’ancre est quand même un sacré point de sécurité sur le bateau !

C’est une petite pièce qui a cassé et qui maintenait le guindeau bloqué, afin de remonter l’ancre ou de tenir la chaîne une fois le bateau mouillé. Damien tente une réparation de fortune, mais elle recassera quelques jours plus tard. Obligé de faire quelques mouillages où Damien remonte l’ancre et la chaîne à la main, pas évident ! En attendant qu’il réussisse une vraie réparation une fois à Majorque.

Calanques le long de la côte sud de Minorque.

Nous poursuivons notre navigation le long de la côte sud de Minorque. Les calanques sont de plus en plus jolies, avec de belles falaises et une eau turquoise à certains endroits. Souvent, une plage borde le fond de la passe. Mais elles sont aussi très étroites, trop parfois pour mouiller sereinement (sans craindre de léviter contre les parois, mon angoisse du moment…), ou remplies d’autres bateaux qui ont pris toutes les places disponibles. De plus, une sur trois est interdite au mouillage, de grosses bouées jaunes en empêchent l’accès.

Cala Coves

Nous avons quand même pu profiter de l’une des plus belles soi-disant des Baléares ou du moins de Minorque, Cala Coves. On y restera deux jours, avec un mouillage arrière pour nous garder bien dans l’axe de la calanque. On y a rencontré un couple de Français et leurs enfants, avec qui nous avons pu discuté un soir.

On a pu également faire notre première petite randonnée à terre, pour rejoindre le village de la calanque voisine, En Porter. Sous une chaleur accablante, la glace à l’arrivée sera bien méritée ! Le village n’est pas très animé (mais on y est en plein milieu de l’après-midi), par contre la vue sur la plage et cette calanque est magnifique !

Direction ensuite Cala Galdana, c’est une grande calanque facile d’accès où se situe une petite ville – et surtout un immense hôtel au pied de la plage. Les touristes ne manquent pas, sur la plage et sur des pédalos qui gravitent tout autour des bateaux. Nous ferons ici notre premier restaurant du voyage (bon un simple hamburger mais c’est plutôt sympathique de retrouver ce petit plaisir de la terre ferme). Nous testons aussi le mouillage à Cala Macarella plus à l’ouest mais même si la calanque est ravissante, nous n’y resterons que la journée. Des vagues se sont en effet levées et le mouillage devient rapidement insupportable, nous préférons retourner à Cala Galdana pour notre dernière nuit à Minorque.

Traversée pour Majorque

Selon les prévisions, il devait normalement y avoir du vent pour notre traversée entre Minorque et Majorque. Mais nous n’avons pas eu de chance… Partis vers 9h de notre mouillage, nous avons d’abord eu du vent arrière, ce qui nous a amené à tenter le spi. Mais rapidement, nous devons l’affaler car le vent faiblit. Puis, le vent revient, nous relançons le spi et ainsi de suite pendant de longues heures… Le vent tourne dans tous les sens, la grand-voile oscille d’un bord à l’autre du bateau, secouée par la houle (encore de la houle!) alors que le vent est toujours un peu trop faible pour la maintenir.

On est un peu énervé sur le pont, Damien car on est obligé de faire du moteur la plupart du temps, et moi à cause de la houle… Et puis, pour en rajouter, le temps est vraiment maussade, il fait gris depuis notre réveil et très chaud, très lourd. On ne verra la péninsule et le cap de Formentor au nord-est de Majorque qu’au dernier moment dans ces nuages bas et denses.

Finalement, c’est à notre arrivée dans la baie de Pollença que le vent forcit, descendant des montagnes de l’île de Majorque, et atteint même 30 nœuds ! On navigue alors sous grand-voile seule et on arrive enfin devant le port de Pollença, dans un endroit un plus abrité où les fonds sont à 4 m de profondeur. Nous pouvons enfin mouiller après notre journée de navigation.

Quelques chiffres :

Distance parcourue entre Minorque et Majorque :  40 milles

Durée de la navigation entre Minorque et Majorque :  9h15 (on ne veut plus compter les heures moteur !)

Météo sur Minorque : grand soleil la plupart du temps, sauf durant quelques jours à Addaya où nous avons eu un peu de pluie. Au moins, ça lave le bateau ! Mais généralement, il faisait bien chaud et on se rafraîchissait en piquant une tête de temps en temps dans l’eau dans la journée !

Pêche : La pêche (d’après ce qu’on nous a dit) est interdite à Minorque à moins de 3 milles de la côte… On a tenté notre chance durant la traversée entre les deux îles des Baléares mais pas encore de poisson. La faute au moteur sans doute ! On ne désespère pas, enfin surtout Damien !

Meilleur mouillage de Minorque : Sans aucun doute Cala Coves pour le paysage ! Addaya n’était pas mal non plus si on aime le calme et la tranquillité (les vagues ne peuvent pas aller jusqu’au fond de la calanque).

2 commentaires

  1. Vous n’avez rien vu de Minorque et vous êtes passés à côté d’endroit merveilleux au nord à côté de Fornells comme cala pregonda, cala algayarens, île de colon avec le petit village d’es grau, au sud les merveilleuses cala tusqueta, San saura et autres avec des couleurs de la mer magnifique grâce au sable blanc très fin, et enfin la très belle ville de ciutadella, la prochaine fois préparez mieux votre voyage et vous ne serez pas déçu 😎

    1. Bonjour ! Merci pour vos conseils. A vrai dire, nous avions déjà établi un programme en fonction de notre temps passé sur place. Nous avions 5 semaines en tout pour faire toutes les îles des Baléares et également une date précise à Palma de Majorque pour récupérer de la famille. On ne peut malheureusement pas tout faire 🙂 Une prochaine fois peut-être ! Profitez bien dans ce cas-là, tant mieux si vous avez le temps de bien profiter de chaque île !

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