De mouillages en mouillages jusqu’à Store Bay, à l’ouest de Tobago

Kitesurf à Pigeon Point sur Tobago.

Contrairement à ce qu’on pensait en arrivant sur l’île, nous avons finalement décidé de bouger vers l’ouest, quitte à refaire des formalités d’enregistrement du bateau à Scarborough. Nous sommes partis de Charlotteville en après-midi, dans l’idée d’aller mouiller d’abord pendant 3 jours dans des baies prometteuses, encore gérées par le district de la petite ville.

 

Parlatuvier Bay

La première possible sur le chemin est Parlatuvier Bay, à 6 milles à l’ouest de Pirate’s Bay, là où nous étions. Le coin est plein de charme et on aurait vraiment eu envie de nous y arrêter, seulement, la houle venant depuis quelques jours du nord-est rentre dans la petite baie et nous annonce une nuit difficile si nous nous y attardons. Il y a en plus un grand nombre de barques de pêcheurs sur bouées, ce qui réduit considérablement l’espace de mouillage.

 

Englishman’s Bay

On continue alors notre route vers la baie suivante, 2 milles plus à l’ouest : Englishman’s Bay. Cette fois-ci, l’anse est suffisamment grande pour se trouver un endroit plus protégé, le plus à l’est possible et devant la plage. Aucun bateau dans les parages pour nous embêter en plus ! Si ce n’est deux trois personnes dans l’eau sur la plage, on se croirait sur une île déserte ! Après quelques minutes au mouillage, on décide quand même de mettre une ancre arrière pour nous stabiliser dans le sens des vagues, là encore, pour se donner toutes les chances de passer une nuit paisible. Et ça marche ! On bouge toujours certes mais le tangage face aux vagues résiduelles est beaucoup moins gênant à bord. On restera deux jours ici, c’est décidé !

La plage est magnifique, telle qu’on l’imagine sur les cartes postales. Des cocotiers, de la végétation à perte de vue sur les hauteurs, la mer qui déferle sur le sable clair, un bar caché derrière les arbres… Quelques touristes vont et viennent dans la journée, logeant à Castara dans la baie suivante. On sera le seul bateau à mouiller là, excepté un groupe de Danois qui viennent poser l’ancre quelques heures le temps de prendre une bière sur le sable. Et comme on a reculé Manwë avec l’installation du mouillage arrière, on n’a jamais été aussi près de la plage ! Un bonheur de pouvoir sauter du bateau et de n’avoir que quelques brasses à faire pour poser le pied à terre.

Le surlendemain, départ dans la matinée pour Castara. Relever les deux ancres nous prend à peine plus de temps que d’habitude, bon c’est quand un peu plus de logistique mais ça en vaut la peine une fois tout installé. Mais la baie suivante est très agitée, les vagues s’engouffrent et on voit le bateau des Danois bouger dans tous les sens sur son mouillage. On décide alors de continuer jusqu’à Plymouth, tout en sachant qu’on entrera dans la zone régentée par Scarborough et qu’il nous faudra débarquer pour aller faire nos démarches administratives. Tant pis, on préfère tenter le coup.

 

Vers Plymouth

Les navigations sont courtes, mais on a quand même le temps de se prendre quelques grains sur la figure. C’est que les nuages avancent vite au-dessus de l’île. Le bon point, c’est que le soleil refait aussi rapidement son apparition. Le paysage change aussi complètement par rapport à l’est de Tobago. Ici, les collines s’aplatissent de plus en plus, et la végétation dense laisse place à des étendues vertes plus rases. Il y a de moins en moins de relief et on sent apparaître le côté touristique de l’île. On aperçoit plus de constructions qui ressemblent à des hôtels, même si ça reste encore discret.

Une fois arrivés devant Plymouth, dans Great Courland Bay, on trouve toute la place qu’il nous faut pour notre bateau ! Une longue plage borde toute la baie et l’endroit est bien calme, on ne sera pas dérangé par le roulis. Par contre, à part cet avantage, il n’y a rien à faire ici. Un hôtel se dresse à l’ouest de la plage mais il n’y a pas d’animation. Et quand on visitera rapidement Plymouth en fin de journée, le village ne nous donne pas trop envie…

On débarque quand même, bien obligé de nous rendre à Scarborough à l’immigration. Heureusement, un taxi s’arrête assez vite à notre hauteur sur la route et nous dépose un peu par hasard juste à côté de la douane à Scarborough, après une quinzaine de minutes de voiture. On règle les formalités, on sait qu’on devra aussi y repasser avant de quitter Tobago. La ville n’a aucun intérêt, on ne s’y attarde pas. Pour tout avouer, on aura même trouver la ville très moche ! On est aussi déçu de ne pas trouver de supermarchés mieux achalandés qu’à Charlotteville, guère plus de choix dans les rayons… On se sent bousculé de tous les côtés, trop de monde sur le trottoir, trop de voitures, trop de bruit et de musiques à fond à chaque coin de rue. Le soleil brûlant n’arrange rien, je commence même à avoir mal à la tête. Retour au mouillage en taxi, notre stop à Plymouth ne nous laissera pas un grand souvenir, mais on ne pouvait pas savoir à l’avance.

 

Store Bay

Le lendemain, on longe encore la côte, toujours vers l’ouest. Les baies plus ou moins abritées se succèdent, on lorgne avec envie le lagon « Bon-Accord Lagoon » (drôle de nom) mais interdit d’y jeter l’ancre. On tourne la pointe Pigeon Point et on arrive dans Store Bay, notre dernière étape. On a entendu que du bien de cette baie, qu’elle serait superbe, qu’il y aurait de l’ambiance et même qu’on pourrait recevoir le Wifi sur le bateau !

La plage de Crown Point, à l'ouest de Tobago. Mouillage dans Storey Bay sur Tobago.

Déjà, il faut faire attention pour y mouiller. En effet, des câbles électriques sous-marins, transportant chacun pas moins de 33000 V, reposent au fond un peu au nord. On les voit sur notre carte dans notre guide et des panneaux avertissent de loin sur la plage. On jette l’ancre, ouf, le bateau n’a pas sauté, c’est bon signe ! On apprend grâce à un bateau voisin que le plus proche des câbles serait dans l’alignement de la route qui part vers la ville. On n’est pas bien loin et Damien le repère en plongeant pour aller vérifier l’ancre. Mais on n’est pas dessus non plus, tout va bien.

On a le temps ensuite de vérifier les rumeurs entendues sur ce mouillage. Pour ce qui est du paysage, c’est joli certes, surtout vers Pigeon Point en amont où les cocotiers poussent quasiment dans l’eau ! Mais à Store Bay, il y a plus de bâtiments, la zone est plus touristique. Et on ne peut plus échapper au balai journalier des jet-ski et bateaux ferry, qui emmène les gens vers le lagon. La musique retentit aussi de loin sur la plage, ici, ils ne lésinent pas sur le son ! Du coup, il y a de l’ambiance certes, beaucoup de gens se baignent en journée, et on suppose que beaucoup également font la fête le soir. En effet, la ville est parsemée de restaurants à touristes (pas forcément très raffinés, plutôt des boui-boui qui sentent le gras et la friture) et bars de nuit. On ne sortira pas le soir, par flemme un peu. Mais on a fait quelques belles rencontres encore au mouillage, notamment un couple sur un catamaran, Toccata, qui nous a raconté plein de belles choses sur leur saison précédente passée au Brésil et en Guyane.

On aura croisé pas mal de bateaux à Tobago finalement, dont ce n’est pas leur première saison dans les Antilles. C’est super intéressant pour nous, ça nous permet de glaner de bons conseils sur les îles des Caraïbes ou sur les coins où se cacher pendant la saison cyclonique.

Dernier point à vérifier sur Store Bay qui nous a un peu déçu (mais il fallait s’y attendre), recevoir le Wifi sur le bateau est un peu une utopie. Effectivement, on peut se connecter rapidement au réseau gratuit « bzone », déjà aperçu à Charlotteville. Mais il saute tout le temps et n’est pas assez puissant. Pourtant, Noël approche et je ne veux absolument pas manquer ma famille le jour J ! Heureusement, on trouvera du Wifi dans le bar juste sur la plage, sur laquelle on dépose l’annexe. Il faut se faire entendre avec la musique ambiante mais c’est toujours ça.

Notre petite annexe sur la plage de Store Bay. Jus de fruits frais dans le bar sur la plage de Store Bay.

Jus de pastèque bien frais au bar sur la plage de Store Bay.

Nous restons donc quelques jours ici à Store Bay, pour y passer Noël. Avec un peu de recul, on préférait quand même Charlotteville et ses environs, plus authentiques, plus natures. Ici, c’est un peu plus touristique, pour ceux qui veulent faire la fête il y a plus de possibilité. Le mouillage par contre roule plus qu’à l’est, mais ce n’est pas encore catastrophique. Par contre, le point positif, c’est qu’un très bon spot de kitesurf se trouve juste à côté, à Pigeon Point, à côté du lagon. En annexe depuis Store Bay, c’est un peu loin mais ça se fait. Ravi, Damien se fera deux belles sessions deux jours de suite, cela faisait bien longtemps ! Son matériel commençait à vieillir dans le coffre arrière… Moi, je m’y remettrais aussi, enfin je continuerais d’apprendre mais je ne suis pas pressée. Je le laisse profiter !

Damien faisant du kitesurf à la pointe nord-ouest de Tobago.

 

Bilan de nos deux semaines et demi sur l’île de Tobago

Pour conclure, on aura passer un excellent séjour sur cette magnifique île de Tobago. On est très content de notre première escale aux Antilles, après notre transatlantique. Et puis, pour la découvrir, c’est plus facile de commencer par là, pour remonter ensuite l’arc antillais, car pour revenir ici, on n’est pas dans le bon sens du vent dominant.

La majorité des bateaux croisés ici nous l’ont aussi confirmé, c’est l’une des îles qu’ils préfèrent, la plus nature et sans doute l’une des plus tranquille par rapport au nombre de bateaux au mouillage en pleine saison. Comme elle est hors de la trajectoire des cyclones, beaucoup ont l’air de redescendre par ici pendant la saison à risque. On a quand même désormais hâte de voir la suite, on décide de partir le 27 décembre en fin d’après-midi pour Grenade. 80 milles annoncés, ce sera (on espère) une belle navigation de nuit par vent de travers.

4 commentaires

  1. Haaaa, c’est trop bien! On se croirait dans pirates des Caraïbes. Bon les monstres en moins heureusement.

    1. Et encore tu n’as pas tout vu, on en met encore plus dans notre prochain post à propos du film 🙂

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