De Majorque à Ibiza, mouillages avec les cousins

Damien, Anaïs, Philippe et Thomas, les deux cousins de Damien, à bord de Manwë.

NDLR : cet article à la qualité discutable a été écrit à quatre mains par P. Gadiou et T. Siloret-Privé. Le lecteur est donc prié (i) d’excuser les différences qui pourraient nuire à la cohérence stylistique des lignes ci-dessous d’un point de vue narratif et littéraire et (ii) de considérer que les vers les plus disgracieux sont l’œuvre dudit Thomas.

C’est par une belle journée d’août que commence notre périple espagnol sous le soleil écrasant de Palma de Majorque. L’idée de rejoindre Damien pour ces deux semaines était née quelques mois auparavant et c’est lors d’une discussion teintée d’alcool autour du dîner de mariage des Privé que la proposition fut étendue à Thomas. Une erreur de débutant que Philippe regretterait dès la première nuit, assailli par les ronflements et l’odeur fétide des pieds de Thomas dans la cabine. Mais nous nous égarons. Les Baléares nous semblaient être l’étape la plus pertinente dans la mesure où cela permettait aux deux tourtereaux de commencer leur périple sereinement bercés d’amour et d’eau fraîche et accessoirement correspondait à une période propice à la pose de congés.

Ainsi, nous voila arrivant le 11 août, date évidemment choisie car correspondant à l’anniversaire d’Hulk Hogan, sur la charmante île de Majorque. L’animation de la première journée consiste en un jeu de piste dans Palma pour amener Philippe au groupe incluant dans le désordre : des arrêts de bus n’existant pas, une absence totale d’efficacité dans la communication et un portable à la batterie défaillante. Une fois le groupe réuni, c’est tranquillement que nous rejoignons le bateau, habilement mouillé seul à mi-chemin entre le port et une flotte de bateaux au mouillage. Étonnamment, nous trouvons en montant un petit mot doux des autorités locales montrant les zones autorisés de mouillage et une grosse zone grisée au milieu de laquelle trônait fièrement Manwë. C’est sans demander notre reste que nous quittons ainsi Palma avant de pouvoir être verbalisés.

Les activités

Au-delà des kilomètres de natation engloutis, c’est bien évidemment le paddle qui a rencontré un grand succès. Certainement pas pour aller se balader par contre. Non non, le paddle servira successivement de ring pour des combats toujours plus idiots entre cousins et de plate-forme d’exercice lors de sessions d’entraînement aux abdominaux rythmées par les jérémiades de Damien (« je peux pas faire ça, ça fait trop maaaaaaaaaaaaal »), les grognements d’une Anaïs à la volonté de fer et le sourire niais de Thomas qui étalait fièrement sa facilité à porter ses 55 kilos au fil des exercices, tout ça sous le regard pointilleux et intransigeant de l’auto-proclamé coach sportif, M. Gadiou.

La bagarre connaît également un franc succès notamment entre Thomas et Philippe. Pour des raisons de respect envers la SNSM, nous tairons l’issue inéluctable de cette activité.

Le soleil de plomb décourageant nos protagonistes de quitter l’ombre rassurante du bimini, les jeux de sociétés occupent une grande place à bord. Si les multiples tentatives de conversion d’Anaïss à la coinche ont permis de réaliser quelques parties ayant permis de démontrer la capacité toujours plus impressionnante de Thomas à décevoir son partenaire, une succession de tirages malheureux auront finalement raison de la patience d’Anaïs à mi-parcours. Pourtant, c’est le classique Rummikub et le petit-nouveau 7Wonders Duel qui seront les best-sellers du séjour. Un séjour qui permettra notamment de vérifier jour après jour une propension du capitaine à interpréter les règles d’une manière que nous qualifierons d’un poil subjective.

Enfin, un quizz organisé par Philippe occasionnera certains moments cocasses comme celui qui verra Damien s’écrier sans hésiter 75 quand est demandé à lui et Thomas le poids d’Anaïs.

Last but not least, les tâches ménagères n’étant pas sans noblesse c’est avec un plaisir sans cesse renouvelé que la vaisselle qui ne manquait pas de s’accumuler dès lors qu’il s’agit de nourrir quatre bouches à chaque repas s’ajoutait aux activités de la journée.

Le manger

A bord, nous comprenons très rapidement que la cuisine du midi est l’apanage d’Anaïs dont la créativité rivalisait avec le talent pour nous inventer de nouvelles salades tous les jours.

Une tâche passablement compliquée par l’approvisionnement, les différentes denrées fraîches ayant une durée de vie comprise entre 10 minutes et 2 jours dans l’humidité du bateau. Heureusement les biens de première nécessité que sont le Nutella, les cacahuètes et la bière ne souffrant pas de cette affliction, le principal était sauf.

De son côté, le soir était le royaume des féculents, voyant se succéder pâtes, pâtes, risotto, pâtes, pâtes, restaurant, pâtes, pâtes, etc etc.

Certains jours de fêtes seront égayés par des petites gourmandises telles des fajitas, crêpes et autres pain maison préparé avec bonne humeur par les blanches mains de Damien qui n’aura eu besoin que de 13 rappels d’Anaïs pour se mettre aux fourneaux et nous régaler ainsi de sa production d’excellente facture.

Le parcours

Sitôt embarqués les ordres du capitaine fusent sur le pont, pas le temps de rêvasser sur Manwë. Et comme tout est une histoire de compétition entre cousins, le premier défi physique qui consiste à hisser la grande voile le plus rapidement a été le point de départ de la longue éloge de Philippe sur Dwayne « The Rock » Johnson. Éloge qui va durer environ 114 h sur 12 jours.

Cap au 270 plein ouest pour longer la côte sud de Majorque. De calanque en calanque, les paysages défilent tous différents les uns des autres, seule constante, les jérémiades de Philippe sur la qualité de ses nuits pendant les mouillages. Alors que la houle de certains mouillages malmenait son petit estomac fragile, sont venus s’ajouter les piqûres de moustiques, qui allaient l’emmener chaque jour un peu plus vers la démence, passant ses nuits à se donner des claques et à frapper le vide…

Cala de Portals Vells : Première nuit dans un fort joli mouillage, les quatre compères s’endormirent paisiblement au son des grillions mais vers 1 h une légère houle commença à bercer le bateau et ce jusqu’au lever du soleil. Roulant dans nos lits toute la nuit, le réveil très matinal se fera par une phrase éloquente de Damien «  Allez on se casse d’ici !! » direction Santa Ponsa une calanque renommée pour son style architectural que l’on pourrait qualifier de barres HLM des années 70 pour satisfaire la politique du tourisme de masse.

Après une nuit abritée de la houle mais lassés par l’apparence du béton, il était alors question d’aller faire une randonnée sur l’isla Dragonera, (ou l’île des dragons en traduction française, respectant ainsi la communication méditerranéenne du toujours plus, en effet la particularité de l’île était en fait d’être peuplée d’un grand nombre de lézards). Après avoir accepté sa défaite en natation face à Thomas l’homme-tétard, Philippe trouva en cette longue marche une occasion pour faire à nouveau la différence physiquement à terre. Damien gémissant d’un mal de pied imaginaire en profita pour traîner la patte derrière, Anaïs partant davantage dans une optique de reportage photo et Thomas considéré comme trop frêle, il était sûr de son coup. Au sommet de l’île trônait un fort médiéval surplombant un superbe décor à 330 m d’altitude au dessus du niveau de Manwë et c’est là, fièrement, que Philippe attendait le reste du groupe après une 1h30 d’ascension parmi les lézards, réalisant une série de pompe afin de revendiquer sa supériorité physique sans dire un mot. Le malheureux était en fait atteint de vertige et ne pouvait en réalité pas observer la vue, se contentant de regarder le bout de ces chaussures.

Afin de pouvoir tenir notre programme de visite, notre capitaine Damien planifia la traversée de nuit pour Ibiza le 15 août. Après avoir fait le plein d’eau à Puerto Andratx, les quarts de nuit ont été décidés. Pour le bien général, il a fallu séparer Thomas et Philippe afin d’éviter toute bagarre sur le pont la nuit et risquer un homme à la mer. Thomas-Damien et Anaïs-Philippe ont été les deux groupes pour les quarts de 2 h chacun. La nuit a été claire et calme, et après avoir engloutis quelques paquets de choco Prince, l’arrivée s’est faite sans encombre à 6h30 dans la baie de Portinatx.

Encore loin de Eivissa et de ces boites de night, les paysages sont beaucoup plus sauvages sur Ibiza. Arrivée au nord-est de l’île, nous décidons de longer la côte par l’ouest et remonter vers Eivissa au sud-est de l’île pour le 24 août, date du retour en avion de Thomas et Philippe. Ayant les vents favorables sur la partie nord de l’île, nous avons réalisé de belles journées de navigation toujours très rythmées sur ordres du capitaine. Nous avons eu le droit au Spinnaker et au premier essai en mer de la trinquette.

L’escale à Formentera nous a permis de pouvoir observer la faune locale composée de hippies chics nudistes. Il y a donc la nudiste aux seins siliconés, au cuir épais et brûlé par le soleil accompagnée de son mari bedonnant dépensant sans compter pour son yacht, le petit péteux bourré frimant en bateaux de location qui est également accompagné de miss string ficelle qui a une passion aiguë pour le selfie sur la proue du bateau. Toujours est-il que l’enthousiasme de Philippe se renforçait au fur et à mesure que l’on se rapprochait des boites de nuit, mais il déchanta rapidement dès la première nuit après avoir subit une bonne soixantaine de piqûres de moustique. Dépensant l’équivalent d’un SMIC en spray et crème contre les moustiques, il finit par abandonner la bataille en se résignant à mettre du vinaigre de cidre sur ses boursouflures afin de limiter la démangeaison.

Les dernières journées permettent à notre petit groupe de découvrir, le plus souvent les yeux écarquillés, la faune et la flore locale d’Eivissa. Le portrait robot des différentes personnes croisées s’établit assez facilement par sexe : (i) d’un côté le mâle bronzé, tatoué, aux muscles saillants sous son t-shirt XS ou son débardeur dont le col s’arrête pudiquement au niveau du nombril tout droit sorti d’un épisode des Marseillais et (ii) de l’autre côté la femelle bronzée, tatouée, aux formes généreuses discrètement mises en valeur par des bandes de tissus aléatoirement réparties sur le corps mais permettant en cumulé de réaliser au maximum un mini-short et dont le visage se devine derrière une belle couche de maquillage. Mention spéciale au style qui va probablement faire fureur chez vous dans les mois qui viennent, la culotte en jean sertie d’une magnifique ceinture couverte de strass. La première nuit verra le petit groupe découvrir le quartier gay d’Ibiza, à l’ambiance déjantée particulièrement bon enfant au sein de laquelle Thomas trouvera son public, déambulant fièrement avec une belle marinière lui découvrant habilement le nombril. La nuit finira dans une grande boite de nuit locale où le groupe se déhanchera de longues heures sur des sons électro de qualité bien qu’assourdissant.

C’est donc tout logiquement que le lendemain fera place à une journée de repos où le groupe traînera sa peine sous l’impitoyable soleil d’Ibiza afin de se sustenter auprès d’une enseigne d’une célèbre marque de burger avant de visiter la vieille ville suant sang et larme pour réaliser une superbe ascension épique de… 150 m. Bref, le retour au bateau sera vécu comme un soulagement pour un dernier bain et une soirée cinéma en compagnie de The Rock.

C’est enfin avec une certaine émotion que nous quitterons Manwë la peau gorgée de soleil et criblée par les moustiques et les yeux plein d’eaux turquoises et de hippies tout nus. Merci aux deux marins pour cette belle parenthèse estivale, et bon vent à eux.

Merci à Philippe et Thomas de nous avoir rédigé ce superbe article, criant de vérité et donnant certainement envie à tous de venir passer quelques jours à bord ! La bonne ambiance ici est toujours au rendez-vous. Merci à tous les deux pour ces super vacances, on espère vous revoir très vite (Caraïbes, Pacifique ?), et accueillir aussi plein d’autres personnes à bord.

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