Visite de Papeete, la capitale de la Polynésie française

Mairie de Papeete, au centre-ville.

Alors, qu’est-ce qu’il y a d’intéressant à faire dans Papeete ? Contre toute attente, la ville se révèle agréable. J’avais apprécié mais sans plus les capitales antillaises, Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, alors j’avais des à priori. On y trouve un peu tout ce qu’on veut, des boutiques, des parcs, des monuments, des cinémas, des cafés et restaurants. Cela change des autres villages polynésiens, calmes et où il n’y a pas grand-chose à faire. Une demi-journée suffit pour visiter Papeete mais c’est une étape qui n’est pas déplaisante.

Papeete se situe au nord-ouest de Tahiti Nui. C’est la capitale de l’ensemble des archipels et la plus grande ville, la plus urbanisée, le véritable cœur économique. Il y a environ 283 000 personnes qui vivent en Polynésie française, environ 192 000 d’entre elles sont à Tahiti, principalement entre Papeete et Punaauia !

Note : Tahiti, ce n’est en effet pas une seule île à proprement dite ! En fait, il y a une grande île ronde principale – Tahiti Nui – avec une presqu’île accrochée au sud-est, Tahiti Iti.

Papeete est considérée comme la liaison entre les deux appellations « côte est » et « côte ouest » de l’île, d’après les guides touristiques et d’après sa borne kilométrique. La ville est située au PK 0 (précisément défini devant la cathédrale dans le centre-ville).

Les P.K., ce sont les points kilométriques utilisés ici – et sur les autres îles principales de Polynésie française – pour indiquer un lieu. Il n’y a en effet pas d’adresse comme nous les connaissons en France, ou très peu. Les PK augmentent d’un côté ou de l’autre de la côte jusqu’à Taravao, à l’extrémité de la grande île de Tahiti Nui. Pour indiquer une adresse, il suffit donc de dire le numéro du PK, de préciser côte est ou côte ouest, et enfin côté mer ou côté montagne. Aucun moyen de se tromper puisqu’il n’y a qu’une seule route sur tout le pourtour de l’île.

Ainsi, il n’y a pas de facteurs qui délivrent le courrier. En effet, l’indication avec le PK reste tout de même trop vague pour trouver une maison particulière, à moins de préciser : « portail en bois, à droite du snack, après le troisième cocotier ». Donc pour recevoir leurs lettres ou colis, les Polynésiens utilisent des boîtes postales qui sont toutes réunies au même endroit de la commune, dans un bureau de poste (l’OPT).

Carte de l'île de Tahiti sous OpenCPN.
La ville de Taravao est située à l’endroit où c’est marqué baie de Phaeton.

Note : On peut se rendre à Papeete en bus depuis la marina Taina, ce que nous avons souvent fait. On vous en parle notamment dans notre article où on vous liste tous les avantages (et inconvénients) de venir mouiller devant la grande marina. Sinon, bien entendu, on peut aussi y aller en voiture, on arrive alors à trouver quelques parkings à l’entrée de la ville pour se garer.

 

Côté technique

 

Nous pensons d’abord à notre voilier. C’est souvent le cas, il passe en premier le chanceux. Au-delà du port de plaisance, si on suit le boulevard Pomare menant au port de commerce, on arrive dans le quartier de Fare Ute. Une véritable zone industrielle où se trouvent des magasins utiles, comme le shipchandler Nautisport, le magasin d’accessoires et pièces détachées pour moteur Sopom ou encore le magasin de bricolage ACE Sin Tung Hing. D’ailleurs, des enseignes ACE, on en voit partout, à croire qu’ils possèdent tout le quartier ! Difficile de savoir quel bâtiment vend tel ou tel objet et outil… Nous finissons par trouver dans le coin celui qui nous intéresse le plus, le shipchandler : ACE Sin Tung Hing Marine.

Nous avons également été cherché le document qui nous accorde du diesel détaxé au bureau des douanes, sur le motu Uta, juste en face. On vous en parle plus dans notre post « Bora Bora : mouillages à l’est, tour à terre… et surtout, belle frayeur ! ». C’est également sur le motu Uta que se situe le quai de chargement du Taporo, ce cargo qui dessert les îles de la Société. On se rend directement au bureau sur place si on veut envoyer un colis dans les îles.

Sur l’avenue Prince Hinoï qui part de Papeete vers Arue, on trouve Polynésie Marine, une sorte de shipchandler qui vent notamment des pièces pour moteur et un grand Hyper Brico. Enfin, dans une rue adjacente, le magasin Plomberium propose des accessoires de plomberie en inox (vannes et autres).

 

Petites emplettes autour des perles de Tahiti

 

Je retrouve avec plaisir tout plein de boutiques, de quoi assouvir mes envies de shopping. Je n’ai pas besoin de grand-chose, nous avons déjà craqué pour quelques souvenirs çà et là dans les îles. Mais un tour au marché, si réputé avec ses nombreux étalages d’artisanat polynésien en tout genre (bijoux avec des perles des Tuamotu, paréos, monoï et savons, paniers des Australes, etc.) m’invite à racheter quelques perles nues de Tahiti. Je voudrais les monter moi-même en bijoux (c’est tout aussi sympathique de le faire par soi-même et ça revient beaucoup moins cher!) alors je demande aux différents vendeurs chez qui je peux les faire percer et trouver chaînes, fermoirs, etc.

Le marché coloré au centre-ville de Papeete.
Les stands de fruits et légumes colorés du marché.

Au début, personne ne veut trop me répondre (évidemment, chaque boutique et stand veut vendre ses propres produits déjà montés) mais je finis par obtenir une réponse très intéressante. Aussitôt, nous sortons du marché et nous dirigeons vers un magasin à la devanture plus que discrète, situé devant la mairie. A l’intérieur, c’est la caverne d’Ali Baba ! On trouve de tout, mais alors vraiment tout, pour fabriquer exactement les mêmes bijoux que ceux vendus au marché. Alors évidemment, les montures et accessoires proposés ici sont à des prix très raisonnables, on ne reproduira pas un collier à plusieurs milliers d’euros installé sur le présentoir d’une joaillerie de luxe. Mais on peut s’en sortir avec de jolies créations pour pas grand-chose en fin de compte.

C’est Damien qui m’aidera une fois de retour au bateau ! Il est beaucoup plus patient que moi et réussit à manipuler avec adresse les pinces, les minuscules anneaux et les perles pour les monter sans les abîmer:).

Pour rester dans le domaine des perles de Tahiti – on ne s’en lasse jamais! –, ne manquez pas non plus le Musée de la Perle de Robert Wan ! Situé à l’entrée de la ville, en face des jardins de Paofai, c’est une boutique-musée où on y apprend toute l’histoire de la découverte et de la culture de la perle noire. Instructif et amusant aussi, car on peut y admirer costumes et couronnes sacrément décorées…

 

Mais il n’y a pas que des perles à vendre à Papeete !

 

On trouve également plein d’autres boutiques de souvenirs en tout genre en ville. Et des galeries d’art aussi, qui présentent des sculptures magnifiques venant des quatre coins de Polynésie. Pour le coup, attention au porte-monnaie, ce ne sont plus du tout les mêmes tarifs qu’au marché.

Pour des achats plus classiques, Papeete comporte une bonne quantité de magasins, qui ravit la passionnée de vêtements que je suis. Et surtout de vêtements sportifs, quel plaisir alors de retrouver des enseignes telles que Quicksilver, Roxy, Billagong… Encore une fois, notre budget n’est pas fait pour dépenser dans la mode pendant le voyage et nous avons tout ce qu’il nous faut en terme d’articles de sports;) Et puis, face aux prix de ces magasins, des maillots de bain aux lycras en passant par les combinaisons, Décathlon nous manque cruellement tout de même !

La boutique Hinano est un passage obligé, avec tous ces goodies et vêtements à l’effigie de la célèbre marque de bière locale. Bizarre me direz-vous de s’afficher ainsi avec un logo d’alcool mais la vahine assise est tellement mignonne, et on la voit partout ! C’est un véritable emblème local.

Logo de la marque de bière Hinano.

 

Parcs & monuments

 

A Papeete, il y a également quelques lieux à ne pas manquer lors d’une balade. Premièrement, la mairie qui vaut le coup d’œil. Il s’agit de la réplique du palais de la reine Pomare IV (qui régna sur Tahiti au XIXème siècle), en trois fois plus grand paraît-il. (C’est la première photo de l’article). Le palais ne devait pas être bien vaste à l’époque alors.

On trouve aussi les jardins de Paofai à l’ouest, aménagés en bordure de lagon. Alors certes, la vue donne au loin sur les installations industrielles de la ville mais c’est toujours plaisant de se promener entourés de verdure. En revanche, le minuscule parc Bougainville, un peu plus loin sur le boulevard Pomare, présente peu d’intérêts. Hormis le buste du navigateur et deux canons disposés de part et d’autre, le reste du parc est peu avenant, souvent pris d’assaut par des groupes de jeunes qui laissent résonner leurs Boombox JBL à fond.

Enfin, il suffit tout simplement de se promener çà et là dans les rues et ruelles, même parfois celles un peu moins attrayantes au premier abord, derrière les rues commerçantes principales, pour admirer de belles fresques sur les murs. Des graffitis immenses et colorés, représentants des symboles locaux (vahine, fleurs, tiki, etc.) et réalisés par des artistes qui se sont chacun à leur manière réapproprié leur vision de la culture polynésienne.

Le lagon de Tahiti devant Papeete, près des jardins de Paofai.
Vue sur le lagon devant Papeete, depuis les jardins de Paofai.

 

Cafés, restaurants et cinémas

 

Il faut en profiter, on trouve rarement ce genre d’établissement ailleurs en Polynésie. Ici, dans la capitale, on sent vite l’ambiance occidentale qui veut s’imposer dans les rues commerçantes. On peut dénicher une ou deux jolies boulangeries-pâtisseries (même si je ne craque pas forcément, le lèche-vitrine s’impose tant cela faisait longtemps que je n’avais pas vu des gâteaux raffinés à la vente). Nous avons mangé plusieurs fois dans des restaurants, le midi, rien de bien local pour le coup. Il faut dire que nous sommes habitués aux repas typiques lors de nos précédentes escales dans les archipels, souvent délicieuses – je ne critique pas, bien au contraire ! Le poisson cru au lait de coco, le chao men, le pua’a (porc) sauce huître, tout est excellent et nous adorons déguster ces mets locaux de temps à autre.

Mais ici, il est vrai que ça fait du bien de temps en temps de revenir à des basiques, pizzas et hamburgers (attention, pas du fast food non plus, des vrais plats cuisinés) ou plats plus élaborés mais plus français, on va dire.

Pizza Pizza et hamburger mangés sur Papeete.

En ce qui concerne les cinémas, on ne change pas les bonnes habitudes ! Un nouveau Star Wars est sorti (on est des vrais fan!), ne manquons pas l’occasion d’aller le voir sur grand écran ! Les derniers épisodes de cette saga auront rythmé une partie de notre voyage. En Martinique, nous étions aller voir l’épisode VIII après un véritable périple en voiture depuis Le Marin pour atteindre le cinéma situé lui, près de Fort-de-France. Nous avons manqué l’épisode dérivé Solo (malheureusement nous n’étions pas dans un pays où il était diffusait) mais hors de question de louper l’épisode IX une fois à Tahiti.

Des films qui tombent à pic

 

Quand nous étions à Taina entre fin janvier et début février, les journées n’étaient pas toutes des plus intéressantes sous un ciel morne. Eh oui, même si la saison cyclonique s’est avérée clémente par rapport à d’autres années apparemment, il pleuvait souvent. Pas des pluies torrentielles comme au début du mois de décembre, qui avaient déverser des litres et des litres d’eau sur la Société (nous étions encore dans les Îles sous le Vent à ce moment-là), mais du temps maussade quand même.

Alors le FIFO tombait exactement au bon moment pour nous divertir, du 1er au 9 février ! Le FIFO, c’est quoi ? Le Festival International du Film Documentaire Océanien. Une petite dizaine de jours où sont projetés des courts et longs métrages filmés en Mélanésie (Fidji, Nouvelle-Calédonie, îles Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Guinée), en Micronésie, en Polynésie, (îles Cook, Nouvelle-Zélande, Kiribati, Niue, Samoa, Tonga, Tuvalu, Hawaii, Polynésie française, Wallis et Futuna, île de Pâques, île Chatham, Pitcairn) et même en Australie.

Certains sont des fictions, d’autres des documentaires, tous sont liés à l’histoire plus ou moins récente de ces lieux du Pacifique, à leur culture, à leur géographie, à la vie de leurs habitants, à la nature qui les entoure. Nous avons eu un faible pour les reportages mettant en scène la flore et la faune des différents pays, sous l’eau et sur terre.

Le festival a lieu dans les bâtiments proches de la Maison de la Culture. En plus des projections, chaque jour, on peut s’inscrire gratuitement à un atelier de formation lié au domaine cinématographique. Vraiment très intéressant, nous avons participé à celui sur le montage vidéo (pour parfaire nos propres vidéos Youtube;)). Mais on peut également s’inscrire pour en apprendre plus sur la prise de son, l’écriture de script, le doublage, etc.

Groupe de musique polynésienne au FIFO à Papeete.
Groupe de musique tahitienne dans les allées entre les salles de cinéma.

Alors, ça vous tente, une petite visite de Papeete ? Sincèrement, en court séjour, une demi-journée suffit pour apprécier la ville. Voire pas du tout si certains sont pressés par le temps, ce n’est pas non plus l’étape la plus indispensable. Mais nous en gardons tout de même un bon souvenir et notre ressenti sur la capitale est positif. Au début, je fus juste un peu déçue par le marché en lui-même. Connu et filmé dans beaucoup de reportages pour ses étals, ses odeurs, ses fruits et légumes, ses fleurs, finalement il n’est pas si impressionnant que cela. On s’y sent plus comme un vulgaire touriste en quête de babioles à ramener de son voyage. Mieux vaut alors privilégier les centres artisanaux sur les îles voisines, on en trouve dans beaucoup de villes et villages.

 

Mise à jour mai 2020

 

Nous sommes retournés au marché de Papeete depuis. Mais un dimanche matin car il paraît que le véritable marché de Papeete, l’essence même du lieu se révèle dans toute sa splendeur le dimanche matin de 4h00 à 7h00 du matin (après, il n’y aurait déjà plus rien). Des artisans d’autres îles dormiraient sur place depuis la veille au soir pour être là pour vendre leurs produits. Bref, il faut se lever tôt ! Nous nous motivons avec un couple d’amis. Il y a déjà un peu plus d’ambiance ! Plus de locaux et plus de stands, qui s’étalent autour du marché couvert dans les rues adjacentes. On y trouve fruits et légumes locaux, pua’a rôti (cochon), spécialités traditionnelles polynésiennes et chinoises.

Mais ce n’est pas la folie non plus. Et côté artisanat, bijoux, sculptures, vannerie, etc., c’est toujours vide et triste. Le confinement est passé par là, l’absence de touristes aussi. Au moment où j’écris ces lignes, la Polynésie française est encore fermée, elle ne rouvrira ses portes au tourisme qu’à partir de mi-juillet. Nous ne verrons pas le marché aussi bruyant et coloré qu’à son apogée avant le coronavirus sans doute… même si cela restera sympathique d’y avoir été un dimanche matin tôt le matin ! Et puis, cela nous permet de nous un ma’a tahitien (repas traditionnel et copieux du dimanche) le midi de retour au bateau, avec toutes les denrées que nous ramenons 😉

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