Escale sur la petite île de La Graciosa, au nord des Canaries

Damien sur l'île de La Graciosa, au nord des îles Canaries, devant le petit village Caleta del Sebo.

Arrivée à La Graciosa depuis Gibraltar

 

C’était mon quart à bord de Manwë quand j’ai (enfin) aperçu une petite terre au loin. J’ai aussitôt pensé :  » ça y est, on est arrivé ! » Bon, en fait, il s’agissait d’une petite île inhabitée, la Isla de Alegranza, située tout au nord des Canaries. Ce n’était pas encore notre point de chute, mais on n’était pas loin. En tout cas, c’est vraiment rassurant et ça fait beaucoup de bien au moral de pouvoir apercevoir une terre après quelques jours en mer. On ne la quitte plus des yeux, attendant qu’elle grossisse petit à petit à l’horizon.

On mettra encore plusieurs heures à contourner les îlots et à passer entre Lanzarote et La Graciosa, où nous comptons mouiller. On vous parle des modalités pour ce mouillage dans notre article sur notre traversée depuis Gibraltar !

Une fois l’ancre enfoncée dans le sable, ouf, il est temps de souffler, on est bien arrivé. Pas de vent ni de houle pour l’instant dans notre mouillage, Playa Francesa, une petite plage où quelques personnes au loin se baignent en cette fin d’après-midi. On ne fera plus rien de notre fin de journée, prenant un repos bien mérité. Je ne me baignerais pas non plus d’ailleurs de notre court séjour sur cette île. L’eau est passée de 28° en moyenne aux Baléares (tellement agréable !) à environ 22° ici, brrr. Eh oui, on devient exigeant 🙂 En même temps, la température de l’eau est normale, on est en plein Atlantique, mais du coup, je ne ressens pas le besoin de ressortir le maillot tout de suite.

De toute manière, aux îles Canaries, tout semble se passer à terre. Nous avons entendu dire par nos proches, par d’autres voyageurs et d’après d’autres blogs que les mouillages ne sont pas nombreux et que ceux praticables peuvent être rouleurs ou venteux. Nous prévoyons donc d’aller principalement au port lors de notre tour de l’archipel entier, sur 5 semaines environ. On se détermine un planning solide avec un port par île, quelques jours sur place pour visiter le maximum et probablement, des locations de voitures (on verra localement comment ça se passe avec les bus). Dans l’ordre, nous ferons Lanzarote, Fuerteventura, Gran Canaria, Tenerife, La Gomera, La Palma et si nous avons le temps, peut-être une escale à El Hierro sur la route vers le Cap-Vert.

Nous resterons quand même à La Graciosa quelques jours, non seulement pour se reposer et crapahuter un peu sur cette petite île toute mignonne, mais aussi parce que là, nous sommes sûrs d’être au mouillage (donc c’est gratuit).

 

Et sinon, que faire à La Graciosa ?

 

Le premier jour après notre arrivée, nous n’avons rien fait du tout de la journée. On est resté bien flemmard au bateau, sans se soucier d’aller visiter quoi que ce soit, bien content de se reposer et de ne rien faire. Comme un vrai dimanche à la maison ! (sauf que c’était un mardi, mais les jours de la semaine n’ont plus vraiment d’importance à bord…) Séries (Games of Thrones saison 7 !!), repas, petits thés bien au chaud, et bien sûr un bon nettoyage du bateau après les maints aller-retours entre l’extérieur et l’intérieur qui ramenaient un peu de sel et d’humidité lors de la traversée. Et puis, de toute façon, il faisait gris dehors !

Nous sommes quand même allés à terre le lendemain (après avoir regonflé l’annexe, bien rangée dans son sac avant le départ par Damien), le soleil avait enfin repointé le bout de son nez. Il y a une demi-heure environ pour rejoindre le village de Caleta del Sebo à pied depuis Playa Francesa. Un bateau voisin nous a dit qu’il n’y avait pas de souci de laisser l’annexe sur le sable, ce qu’on a fait (attention aux marées, on n’est plus habitué, nous naviguant en Méditerranée).

Caleta del Sebo est un port minuscule mais plein de charme, les belles maisons blanches détonnent dans le paysage jaune et ocre des alentours, on en aurait presque mal aux yeux. Quelques palmiers et cactus agrémentent le décor et les rues ne sont pas goudronnées, seuls des jeeps et 4×4 peuvent passer sur le sable. On se croirait presque au Far West ! Il y a quelques restaurants le long du port, mais rien de bien intéressant à y déguster. Tout est petit, petite mairie, petit poste de police, petit supermarché… On peut louer des vélos par contre pour arpenter l’île, ça peut être sympa.

Damien, lui, est obnubilé par les volcans environnants, il y en a quatre sur l’île, dont un au sud tout proche de notre plage. Il veut absolument monter au sommet ou en faire le tour. On décide donc de rentrer à pied en se dirigeant vers la Montaña Amarilla (c’est son nom). On suit d’abord un chemin pour 4×4 et vélos en revenant vers Playa del Salado, en amont du village, puis on coupe à travers l’île pour passer de l’autre côté vers Piedra de los Sargos. J’avoue, je ne sais pas si c’est autorisé de randonner en dehors des sentiers, mais celui à suivre était plus au nord et nous l’avons manqué. On marche sur du sable, parsemé de cailloux de lave séchée et d’une multitude de coquillages. Seuls quelques arbrisseaux bien secs témoignent qu’il y a quand même quelque chose de vivant dans ce paysage désertique.

Le vent souffle bien fort encore sur la côte de l’autre côté. Les vagues déferlent sur les rochers, on pourrait s’attendre à voir quelques surfeurs. On retrouve un chemin de 4×4 et on le suit vers le sud-ouest, pour faire le tour du volcan par la côte. Il n’a rien à voir avec ceux que nous verrons plus tard sur Lanzarote mais pour un début, c’est déjà pas mal ! Haut de 170 m environ, on voit bien la forme du cratère quand on passe au nord. Par contre, et on s’en doutait un peu d’après les rares cartes affichées au village, les falaises rouges et ocres du volcan de son versant sud se jettent dans la mer. Difficile de rejoindre à pied la plage en face, la marée monte en plus, mais on peut encore passer au ras des falaises en faisant attention de ne pas glisser.

On planifie alors de monter en haut du volcan le lendemain pour le coucher de soleil (il se fait tard aujourd’hui). Malheureusement, la météo ne sera pas avec nous… Il fait gris toute la journée, et le vent se lève de plus en plus dans notre mouillage. Le bateau tire des bords sur l’ancre et j’ai même eu un peu de mal à dormir. Rien de bien méchant mais entendre le vent qui souffle et siffle à travers la cabine n’est pas très rassurant, on a peur que le bateau dérape. Encore une journée passée à l’intérieur bien au chaud, donc. Inutile en effet de monter au sommet du volcan le soir venu, on n’y verrait rien.

 

 

 

 

Départ pour la prochaine étape : Lanzarote

 

On part le lendemain tôt pour Lanzarote, après une nuit encore agitée par le vent. On aura le droit à toutes les conditions de navigation pendant notre trajet vers le port d’Arrecife.

En parlant de port, on nous a dit qu’il était plus sage aux Canaries de les réserver quelques jours en avance, soit par email (mais pas certain qu’ils les lisent), soit par téléphone.

On part donc au moteur avec du vent de face qui s’engouffre entre La Graciosa et Lanzarote, après avoir pris nos précautions et installé deux ris sur la grand-voile ainsi que la trinquette à l’avant. Je suis à la barre, le bateau est stable, il n’y a pas de vagues pour le moment. Mais une fois la pointe nord-ouest de Lanzarote passée, le vent se casse la figure, il n’y a plus que 10 nœuds au compteur contre 30 à notre départ ! La houle est bien formée et frappe le bateau de côté, ce qui inévitablement dans ces conditions, me fait me sentir mal… C’est fou comme ça arrive d’un coup ce petit malaise de mal de mer !

On enlève les ris, on déroule le génois et Damien désinstalle la trinquette pendant que j’essaie de tenir le coup. Une fois la pointe nord-est passée, la houle est dans le bon sens, elle nous pousse dans la bonne direction. Le vent se relève, je me sens alors beaucoup mieux,  aussi vite que c’est arrivé. Le bateau file vite, avec une pointe à 8 nœuds ! Mais les conditions continueront de varier jusqu’à notre arrivée à Arrecife. Les nuages qui défilent au dessus de nous nous apportent vent et même pluie, mais par intermittence. On tire des bords pour avancer, car le vent est plein arrière. Et quand on passe la digue du port, pensant être à l’abri, le vent se met à forcir, atteignant les 37 nœuds dans le chenal ! On appelle le port à la VHF pour confirmer une place, ils nous rassurent aussi en disant qu’une personne va venir nous aider à amarrer le bateau.

Ce n’est en effet pas drôle du tout, surtout pour moi, les arrivées au port dans ces conditions ! Déjà qu’en temps normal, ce n’est pas ma tasse de thé mais là, quand le bateau est poussé tout seul par le vent, ce n’est pas évident. Je suis préposée aux amarres, à sauter sur le ponton flottant pour attacher le bateau dès que je peux (c’est-à-dire le plus vite possible), car Damien gère le moteur. Je ne suis pas encore très à l’aise avec la marche arrière entre deux rangées étroites de bateaux… Deux personnes nous aident à amarrer, ouf, ça y est, on y est. On ne bougera plus d’ici durant quelques jours, et là, le vent a beau souffler ce qu’il veut, je dors bien, certaine de ne pas déraper…

Les marineros (membres de la capitainerie) sont très sympathiques ici, la marina est toute belle, toute neuve. Toutes les commodités y sont présentes, il y a aussi des restaurants et magasins le long de la jetée. Par contre, il n’y a pas encore de station pour le gasoil, prévue dans des prochains travaux.

Il ne nous reste plus qu’à louer une voiture et à aller découvrir l’île de Lanzarote !!

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