Maupiti : tour de l’île à pied, snorkeling et kitesurf

Sur la plage de Tereia à l'ouest de Maupiti.

Cette île sera-t-elle la dernière de notre périple en Polynésie française ? Notre dernière découverte au sein de ce vaste archipel du Pacifique ? Ou tentera-t-on un dernier aller-retour vers quelques inconnus (il nous reste un paquet!), comme Tetiaroa au nord de Tahiti ou Tikehau à l’ouest des Tuamotu ? Pour l’instant, tout cela reste flou. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on aspire à profiter au maximum de cette petite Maupiti ! Que ce soit à pied, en palmes ou en foil…

 

Randonnée dans un sens puis dans l’autre

 

Notre ascension jusqu’au sommet du mont Te Ura Faatiu, quelques jours auparavant, nous reste en mémoire. Il faut dire que la vue y était à couper le souffle ! Désormais, marcher sur le pourtour de l’île, même au niveau de la mer, ça nous tente tout autant.

L’unique route de l’île en fait le tour, aucun moyen de se tromper. Il y a juste un embranchement partant vers l’ouest, sur quelques centaines de mètres, jusqu’à l’extrémité de la pointe Tereia. Nous débarquons à terre : ce sera d’abord un tour de l’île dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Le soleil sera ainsi principalement dans notre dos, plus agréable pour admirer le lagon à 360° !

La route de ceinture autour de l'île de Maupiti.

Nous empruntons la route à pied, on peut marcher ici en plein milieu sans craindre la circulation ! On croise quelques rares picks-up et quelques vacanciers, le plus souvent à vélo. Le tourisme n’est pas développé à outrance sur cette petite île au charme fou. Heureusement d’ailleurs, rien à voir avec sa voisine Bora Bora. Ici, pas d’hôtels de luxe ni de bungalows sur pilotis. Seules quelques pensions accueillent des touristes, discrètes dans le paysage, le plus souvent installées sur les motu au large. Il n’y a des vols en avion que trois fois par semaine et encore, pour avoir une place, il faut réserver des mois à l’avance !

L’île garde donc toute son authenticité et sa tranquillité. C’est un digne mélange de tout ce qu’on a pu voir jusqu’ici en Polynésie française. Le relief impressionnant des îles hautes, avec son rocher, certes petit, mais trônant fièrement sur l’eau limpide. L’ambiance paisible et douce des Tuamotu, où les habitants vivent à leur rythme et prennent leur temps. Et la profusion des Marquises, avec les nombreux arbres fruitiers qui jalonnent la route et la végétation dense qui grimpe sur les pentes de la montagne.

Manguier plein de fruits sur la route de Maupiti.
C’est la saison des mangues ! Les immenses arbres sont gorgés de fruits, qui tombent même sur la route tant leur quantité est importante. Un festin pour les poules et les coqs des environs !
Fleur tropicale à Maupiti.
Les fleurs tropicales sont toujours aussi jolies, apportant leurs petites touches de couleur dans ce paysage verdoyant.
Jolie fleur polynésienne sur sa branche.
Les locaux les portent souvent à l’oreille, les femmes en fleur ouverte, les hommes en boutons. Un bijou éphémère, si représentatif de la Polynésie !

Nous faisons le tour de l’île en 3 h environ, avec un crochet vers la pointe ouest et la plage très réputée de Tereia. Sable blanc, vue imprenable sur le lagon, soleil qui brille haut et fort, c’est vrai que ça donne envie ! On peut même traverser à pied le lagon vers l’ouest, avec de l’eau jusqu’à la taille, pour atteindre l’immense motu Auira qui se situe juste en face. Bon, nous avons eu un peu la flemme, il faut l’avouer…On sait déjà ce que c’est un motu🙂

Sentier menant à la plage Tereia à l'ouest de Maupiti.
Vers la pointe Tereia et sa plage du même nom.
Le sable blanc de la plage Tereia à l'ouest de Maupiti.
Le décor se prête bien pour poser devant l’appareil. Ce qui est bien trompeur, car en vrai, je reste très peu de temps au soleil en maillot de bain ! Trop peur des effets néfastes des UV, c’est plutôt tee-shirt, crème solaire voire lycra à manches longues pour moi.

Aucune difficulté lors de cette belle balade. C’est tout plat ! La seule côte à gravir se situe à l’ouest de l’île et sincèrement, ce n’est ni long ni fatigant. On prendra plaisir à refaire le tour dans l’autre sens, plus rapidement d’ailleurs, en 2h15 seulement. Un excellent moyen d’utiliser nos gambettes qui ne travaillent jamais assez à bord de notre bateau.

Passage au sud de l'île de Maupiti sur la route.
On continue notre route vers le sud.
Vue sur le lagon depuis les hauteurs de Maupiti, sur les sédiments et les coraux.
On vous remet un aperçu depuis les hauteurs ! C’est magique, n’est-ce-pas, toutes ces couleurs ? Étranges aussi, ces sortes de piscines à ciel ouvert, créées par les coraux et les sédiments.

Quand on voit Maupiti de loin, on pense presque qu’un unique pic se dresse au milieu du lagon. Pourtant, quand on en fait le tour, la vision change. On finit par repérer deux extrémités proéminentes, moins hautes que le sommet principal mais plus singulières. Une falaise au sud et une autre au nord, telle deux parfaites jumelles qui se jettent dans la mer, droites et fières.

Falaise au sud de l'île de Maupiti.
Voici celle du sud, vue depuis l’est sur le lagon.

 

Ce qui nous fait mieux appréhender la signification de Maupiti – les deux montagnes – et son emblème : le penu. Au début, nous ne comprenions pas ce symbole, qu’on voit pourtant partout ici. Sur les bornes kilométriques, en objet souvenir, en dessin. Il représente en fait ces deux montagnes, ces deux falaises de part et d’autre du volcan !

A l’origine, ce penu, c’était un pilon en pierre de granit noir, un pilon à deux têtes, la spécialité artisanale de Maupiti. Il est désormais plutôt rare de pouvoir dénicher un pilon authentique mais on trouve plein d’autres objets de cette forme, en n’importe quel matériau, chez des petits artisans locaux.

Penu, symbole de Maupiti, sur une borne kilométrique.
Le penu, symbole de l’île, croisé au détour d’un virage.

 

Pause snorkeling au nord du lagon

 

Après toutes ces promenades à terre, on ressent l’envie d’aller découvrir le lagon. Notamment ce qu’il y a dessous, dans une eau limpide si possible. Devant le village, autour de notre voilier, il n’y a aucune visibilité sous l’eau. Et rien à y observer de toute manière.

Alors nous partons en annexe vers le nord, entre le petit motu Pae’ao et le long motu Tuanai. Attention sur le trajet à la profondeur ! Même en annexe, cela peut devenir hasardeux, car on distingue mal les coraux qui affleurent ci et là, parfois symbolisés par des piquets, parfois non.

Motu au nord de Maupiti sur la barrière de corail.

Quand nous approchons des motu, nous quittons brusquement le bleu-vert du lagon pour arriver sur un banc de sable à environ 1 à 2 m de profondeur. Aussitôt, l’eau devient turquoise et transparente. On semble être sur la bonne voie !

Motu Paeao au nord de l'île de Maupiti.
Là, on peut dire qu’on voit vraiment le fond !

Coraux aperçus depuis la surface au nord du lagon de Maupiti.

Il ne reste plus qu’à jeter l’ancre de l’annexe pour se laisser dériver dans le courant. Garder les yeux ouverts dans notre masque, profiter du paysage sous-marin qui défile. Rien de transcendant par ici, ce n’est pas un spot incroyable non plus. Mais c’est toujours plaisant de partir à la rencontre de la faune et de la flore sous-marines polynésiennes et de nager dans cette eau translucide !

 

Mouillage sous le motu Pitiahe, à la recherche des raies manta

 

Il est temps d’aller découvrir le second mouillage de l’île, plus proche de la passe, à l’ouest du motu Pitiahe. Pas de difficulté pour s’y rendre, on reprend le chenal et on le quitte au niveau de l’immense zone qui s’étale au sud du lagon. La distance entre les deux mouillages est si courte qu’on alternera même plusieurs fois entre l’un et l’autre.

Notre but est d’observer les raies manta. Car on a souvent entendu parler de leur présence ici ! Notamment par d’autres voiliers précédemment passés dans les environs. Elles seraient nombreuses à vivre et à nager dans une zone autour des perches rouges du chenal, près du tombant. Les recommandations sont simples : mieux vaut y aller le matin (ce serait plus propice pour les voir) et il est interdit de descendre en apnée pour ne pas les déranger. Juste du snorkeling en surface, sans mouvement brusque.

Nous tentons plusieurs fois notre chance, plusieurs matins de suite. Sans succès. Les conditions météorologiques clémentes de ces dernières semaines, peu de vent ni de houle – celles qui nous ont facilités l’entrée dans le lagon – ne nous aident plus ici. L’eau ne se renouvelle plus autant en l’absence des vagues qui, en temps normal, se déversent par dessus la barrière. Les échanges peu importants font que les sédiments s’accumulent. Voilà pourquoi l’eau semble trouble un peu partout ! Nous verrons ce phénomène s’accentuer au fur et à mesure de notre séjour, l’eau devenant quasi verdâtre. Il y aura les mêmes effets à Bora Bora lorsque nous y retournerons quelques jours plus tard !

La couleur ne change rien à la baignade, l’eau n’est pas devenue sale pour autant. Juste une question de plancton et de sédiments. Mais la visibilité est si mauvaise qu’on voit à peine le bout de nos propres palmes ! Impossible donc d’apercevoir des raies manta qui évoluent sur le fond.

Mouillage près du motu Pitiahe au coucher du soleil.
On profite donc de ce beau mouillage pour se détendre et ne rien faire, c’est pas mal non plus;)
L'île de Maupiti éclairée par les rayons du soleil couchant.
Tout en admirant le panorama sur Maupiti au coucher du soleil.
Coucher de soleil et nuages sur l'horizon.
Avec les teintes changeantes du ciel et les nuages qui virevoltent sur l’horizon.

Heureusement, le vent faible mais tout juste suffisant permet quand même à Damien de s’exercer avec son foil. Les sessions s’enchaînent pour lui d’un bout à l’autre du lagon, lui permettant de progresser à grande vitesse. Moi, je reste un peu frustrée. Déjà parce que le foil, je n’ai pas (encore) essayé, ça me semble vraiment dangereux comme accessoire ! Et puis, parce que le vent n’est pas assez puissant pour me faire naviguer avec ma twintip, je peine à sortir de l’eau. Je le laisse donc profiter, jouant la paparazzi à le mitrailler dès qu’il passe derrière notre bateau.

Bords de foil devant l'île de Maupiti.

Tentative de redécollage de l'aile de kitesurf dans l'eau.
Ce n’est pas toujours gagné mais il persévère, jamais lassé !
Effet de vitesse sur le foil, en kitesurf, à Maupiti.
Quel effet de vitesse, on ne l’arrête plus !

 

Ahi ma’a le samedi après-midi

 

Nous terminons notre séjour sur la petite île en participant à un ahi ma’a, c’est-à-dire à un four polynésien. Ahi signifie feu et ma’a nourriture en tahitien. En général, les familles organisent ce rassemblement autour d’un bon repas le week-end, cuit au four traditionnel (aux Marquises, c’était avec du cochon sauvage, chassé la veille – le plat de fête).

En tant que popa’a (non Polynésien), on peut également y participer car certaines pensions ou familles ouvrent cet événement aux étrangers, moyennant un tarif pour le repas. Une bonne occasion de (re)goûter aux spécialités locales dans la bonne humeur !

Tous les samedis après-midi, c’est donc sur le motu Pitiahe qu’une famille organise un four polynésien. Il faut normalement s’inscrire à l’avance mais, ça, on ne l’avait pas anticipé… Ouf, quand on débarque sur la plage, un couple vient d’annuler, ce qui nous laisse une place.

 

Le four traditionnel, alors, c’est quoi ?

Tout simplement un trou dans le sol, préparé la veille. Tôt le lendemain matin, vers 6h30, le feu est allumé à des branches de bois, recouvertes de pierres chaudes volcaniques poreuses. Une fois le bois consumé et les pierres chauffées à vif, elles sont recouvertes de feuilles de bananiers. La nourriture est posée dessus dans des plats spéciaux, puis le tout recouvert de nouveau de feuilles de bananiers, de sacs humides, de terre, de sable et de feuilles de palmes. L’ensemble cuit doucement pendant plusieurs heures.

Nous arrivons un peu trop tard pour assister à l’ouverture du four, dommage. Les plats sont déjà disposés tel un buffet libre sur une grande table de bois. Poulet au lait de coco, poisson perroquet mariné, espadon aillé, bénitier cru, uru (fruit à pain), fei (bananes plantains), pua’a (cochon), poe (le dessert, miam, du potiron au lait de coco sucré). Il y en a pour un véritable régiment !

Ahi maa traditionnel sur un des motu de Maupiti.
On pourra même récupérer quelques doggy-bags à la fin tant la nourriture est abondante. Nous sommes bien en Polynésie, ici le repas, c’est sacré !

D’un côté, les Polynésiens se rassemblent en famille, jouant de la guitare, du ukulele et du tambour et chantant en tahitien. De l’autre, les pensionnaires et touristes, certains juste là pour le week-end. On ne sait pas trop vers qui se tourner, on sent tout de même une distance entre les locaux et les vacanciers. Tout en nous servant copieusement de ces plats alléchants, nous essayons de lier connaissance avec nos voisins.

Après le festin, c’est l’heure des activités ! Je ne suis d’ordinaire pas fan des divertissements de groupe, danses et compagnie. Mais on joue le jeu de bon cœur. Ça reste convivial, amusant et dans la plus pure tradition polynésienne ! Atelier débourrage et cassage de noix de coco à main nue (oui, tout à fait!), tressage de plats et paniers en palmes, danses traditionnelles, etc. Là, les garçons s’avèrent tout de suite moins motivés, allez savoir pourquoi😉 Pourtant, la danse ici est mixte, c’est une pratique sociale, artistique et culturelle qui concernent aussi bien les filles que les garçons. Ils n’ont tout simplement pas les mêmes pas de danses.

Atelier tressage de feuilles de palmiers.

Danses et chants au son des ukulele et des guitares.

Note : Nous avons payé 2000 francs par personne, boisson non comprise (hormis l’eau potable). Ce qui n’est pas très cher au vu de tout ce qu’on a pu déguster et des activités proposées.

Nous quittons Maupiti au bout de deux semaines passées sur place. Des charmes, cette île en a plein, outre son accès difficile la rendant déjà bien mystérieuse. Son éloignement lui fait conserver son côté authentique, hors des sentiers battus. Ses habitants sont gentils et accueillants, vivant paisiblement loin du tumulte de Tahiti. Son paysage reste varié malgré sa petite taille, entre mer et montagne.

Bref, en voilier, il ne faut surtout pas se priver d’y faire un petit détour ! Je pense qu’on peut sans hésiter hisser cette escale parmi nos coups de cœur polynésiens.

2 commentaires

  1. Comme vous nous avez habitué : un festival de belles photos nous permettant de plonger dans le paysage avec vous ; parfois on a l’impression d’être carrément avec vous !
    Et le récit très explicite sur la vie polynésienne .
    Merci 😅

  2. Bonjour, génial votre dernier article sur l’archipel de Maupiti: la vue à couper le souffle, les couleurs éblouissantes, les activités et le repas … (m’a ouvert l’appétit) , nous espérons un jour y faire un détour…
    Vous m’avez fais voyager dès mon réveil avec une bonne tasse de café, super merci.

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